Lyon

Distribution

Clap de fin pour Place du Marché (ex-Toupargel) et ses 1 900 salariés

Par Gilles Cayuela, le 13 janvier 2023

Sans surprise, le tribunal de commerce de Lyon a placé le 13 janvier la société Toupargel et ses sociétés sœur Eismann et Touparlog en liquidation judiciaire. Une décision qui entraîne la suppression de 1 900 emplois. Le plus gros plan social depuis Camaïeu et Scopelec.

Place du marché couvrait les 35 000 communes de France grâce à ses 650 camions.
Place du marché couvrait les 35 000 communes de France grâce à ses 650 camions. — Photo : Place du Marché

Clap de fin pour Place du Marché (ex-Toupargel). Le vendredi 13 janvier, le tribunal de commerce de Lyon a placé la société de livraison à domicile de produits alimentaires en liquidation judiciaire. Une décision attendue, qui entraîne tout de même en bout de chaîne la suppression de 1 900 emplois. Après Camaïeu (2 100 emplois) et Scopelec (1 200 emplois), il s’agit là d’un des plus importants plans sociaux de ces derniers mois.

Le 11 janvier, le tribunal de commerce de Lyon avait pourtant mis en délibéré sa décision pour 48 heures compte tenu de l’importance du dossier et le nombre de salariés concernés. Malheureusement, il n’y aura pas eu de surprise de dernière minute. Le juge s’est prononcé en faveur de la liquidation de Place du Marché (1 600 emplois) et de ses deux sociétés sœurs, Eismann et Touparlog, qui emploient 300 personnes.

Une diversification ratée

Repris en janvier 2020 par la famille Bahadourian, cofondateurs de l’enseigne Grand Frais, Place du Marché n’a pas réussi à diversifier suffisamment son modèle économique. Ce dernier, qui reposait à l’origine sur la commande de surgelés par téléphone, avait pris, sous l’impulsion de ses repreneurs, une orientation web avec une offre élargie au frais et à l’épicerie. En vain. L’image vieillissante de l’entreprise, malgré son changement de nom, et la concurrence plus haut de gamme qui, elle, s’appuie sur un réseau fourni de points de vente, n’auront pas permis à Place du Marché de redresser la barre.

La société implantée à Civrieux-d’Azergues, dans le Rhône, avait demandé au mois de novembre son placement en procédure de sauvegarde en raison de difficultés économiques et financières liées "à des éléments imprévisibles et incontrôlables". Durant la crise sanitaire, le distributeur avait notamment cumulé les difficultés d’approvisionnement et de logistique face à l’afflux de clients. Placé en redressement judiciaire fin 2022, le groupe n’a fait l’objet d’aucune offre de reprise.

Reste désormais à régler la question de la prime supralégale de licenciement. Les délégués du personnel réclament "100 000 euros par salarié", a fait savoir une élue CGT.

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