Auvergne Rhône-Alpes

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CES 2018 : Ces start-up d'Auvergne Rhône-Alpes à suivre

Par Audrey Henrion, Pierrre Tiessen et Gilles Cayuela, le 04 janvier 2018

Originaires d’Auvergne Rhône-Alpes, elles seront présentes au CES de Las Vegas. Profitant de ce showroom mondial dédié à l’innovation électronique grand public, elles veulent à présent conquérir le monde. Portraits des pionnières à suivre.  

Alexandre Labesse, fondateur d'Hexadrone.
Alexandre Labesse, le fondateur d'Hexadrone, a de grandes ambitions pour son prototype Tundra — Photo : Le Journal des Entreprises

Des mois de préparation, un budget souvent conséquent, -15 à 20 000 euros en moyenne, jusqu’à 200 000 pour l’une d’elles - à côté duquel les 3500 euros de subventions régionales font pâle figure… Les résultats seront-ils à la hauteur des attentes de ces jeunes pousses qui veulent « se révéler au monde » ? Certaines vont, c’est certain, revenir déçues avance, à quelques jours du départ, Philippe Wieczorek directeur « logiciels » chez Minalogic chargé de « driver » les dirigeants de start-up volontaires pour tenter l’aventure. Les 42 start-up régionales de retour du « show » de Las Vegas (23 exposaient pour la première fois) sont parties avec l’espoir de révolutionner un usage.

« Mon boulot, dès lors qu’elles ont validé l’opportunité de participer à ce salon, consiste à leur dire « ne vous emballez pas ! », détaille Philippe Wieczorek. Pour qui la première année, « on y va pour se révéler au monde », la deuxième fois, pour dire qu’on existe toujours. « Et peut-être que la troisième, on y signe des contrats » précise-t-il.

Mais une chose est sûre : ce rendez-vous américain est un incontournable ; « une formidable vitrine », appuie Hyun-Jai Lee, du projet Oria Ring (voir ci-après). L’occasion pour ces jeunes pousses régionales – souvent pionnières sur leur marché – de valoriser leurs innovations et de croiser sur place de possibles investisseurs. A quelques jours de leur départ pour Las Vegas, huit d’entre-elles nous confiaient leurs attentes et leurs espoirs.

Smart Me up

Photo : Start Me Up

Pour Smart Me up, jeune pousse fondée par Loïc Lecerf et dirigée par Hervé Marchet, ce CES est leur quatrième. Cette discrète société de 20 salariés, dont 90% sont des chercheurs, s’est fait connaître pour ces outils de reconnaissance faciale. Elle propose désormais de la détection multi-objets avec des caméras embarquées -sur un véhicule autonome par exemple- pouvant faire la différence entre un sac plastique et un homme. « Nous avons en réserve trois proof of concept pouvant entrer en phase d’industrialisation » avance Hervé Marchet, lesquelles sont destinées au secteur des smart cities, smart building et l’industrie automobile. La start-up a exposé deux fois dans le pavillon « Euveka » (le site le moins cher destiné au petites start-up) de French Tech, l’année dernière dans le secteur des OIT. Cette année, elle exposera dans le secteur de l’automobile. Des investissements forcément très supérieurs mais en contrepartie, un équipementier pourrait faire une démonstration de sa technologie. Deux ans après une augmentation de capital de 2 millions d’euros, levés auprès de Jacques-Antoine Granjon (Ventes privées), Jean-David Blanc (Allo Ciné) et Kima Ventures (de Xavier Niel), la start-up s’apprête à en lancer une seconde en mars.

Lexip

Photo : Lexip

Cette souris-là s’appelle Lexip. Lexip Pro et Lexip Gaming (deux versions mais une seule technologie) augmentent de 30% les capacités d’un logiciel de graphisme, de conception industrielle et de jeu. Après avoir déjà séduit Dassault et Airbus, la sourie développée par ArkInnovation veut conquérir les blogueurs et autres influenceurs du CES. Une pression sur la souris permet de changer d’arme ou de position en exerçant une pression sur ses 6 axes. « Quelques joueurs professionnels qui l’ont testé ont même pensé qu’elle pouvait être considéré comme un élément de « triche ». Le dirigeant Lionel Chataignier part à Las Vegas avec un agenda rempli, et 10 .000 exemplaires. Cet ingénieur qui détient une holding de trois sociétés (conception, production, distribution) se tient prêt à produire plus de 100.000 pièces et vise un chiffre d’affaires compris entre 5 et 10 millions d’euros. Une levée de fonds de 2 millions est en cours.

Oria Ring

Photo : Oria Ring

Une « petite » bague… et des ambitions XXL ! Lauréat du dernier concours Lyon Start Up, le projet Oria Ring – porté par quatre jeunes diplômés de Grenoble INP – entend bien conquérir l’Amérique. « Nous espérons susciter l’envie et convaincre de potentiels investisseurs », confiait Hyun-Jai Lee, l’un des co-fondateurs avant son départ pour Las Vegas.

De quoi s’agit-il ? « D’une petite révolution dans le monde la musique », lance-t-il. Concrètement, cet anneau connecté interprète les mouvements naturels de la main pour permettre aux musiciens d'enrichir le contrôle d'un instrument numérique en lui ajoutant des effets. Oria Ring fonctionne aujourd’hui pour les claviers et devrait prochainement offrir une version adaptée à la guitare. Après le CES, l’équipe de Oria Ring poursuivra son « USA trip » à San Francisco, à l’occasion de la Silicon Valley Immersion Week puis fin janvier au NAMM Show (dédié à l’industrie musicale) de Los Angeles. A leur retour, ils lanceront une campagne de préachat sur la plateforme Kickstarter, avec un objectif de 200.000 euros avant une levée de fonds prévue avant juin.

Diabeloop

Photo : Diabeloop

De la visibilité. Ce crochet par Las Vegas va permettre à Diabeloop, née en 2015 d’un projet porté par le CERITD en partenariat avec le CEA-Leti, de sortir de ses frontières rhônalpines. A moins d’un an d’une future levée de fonds, « c’est utile de montrer ce que l’on sait faire », appuie Marc Julien, son co-CEO. « Tout le monde est au CES ». Un passage obligé donc pour cette start-up qui a récemment réuni 13,5 millions d’euros pour assurer cette année le marquage CE et le lancement européen de son pancréas artificiel. Lequel dispositif électronique délivre automatiquement l’insuline au patient atteint de diabète, en fonction de la glycémie mesurée en temps réel par un capteur. « Révolutionnaire ! », jure Marc Julien.

Funky Sound Studio

Photo : Funky Sound

Cette start-up grenobloise entend profiter de l’ampleur médiatique du CES pour présenter en exclusivité son innovation. En l’espèce, un casque audio – à l’état de prototype toujours – entièrement autonome et intelligent. « Ce casque, décliné sous 4 modèles différents, n’est lié à aucun téléphone ni autre terminal », précise, sans en dévoiler davantage, Arnaud Perret, directeur général de cette toute jeune start-up iséroise, créée en 2017. Laquelle levait 3 millions d’euros en juillet dernier, dont 2 millions auprès de Bpifrance et de banques. Revendiquant un savoir-faire (et une production) « 100 % Auvergne-Rhône-Alpes », Funky Sound Studio a créé un premier bureau à San Francisco. Et prévoit une commercialisation de son casque fin 2018 et une levée de fonds de « l’ordre de 15 à 25 millions », escompte son fondateur.

Aryballe Technologies

Fondée en mars 2014, Aryballe Technologies (17 salariés, 350 K€ de CA) va profiter du CES pour lancer son nez connecté NeOse. Ce capteur d’odeurs qui imite les récepteurs olfactifs humains est capable de détecter et d’identifier une odeur en 30 secondes. « Ce n’est pas un produit consumer car on s’adresse aux professionnels de la cosmétique, de l’agroalimentaire, de l’automobile et plus généralement de tous les secteurs où l’odeur est au cœur de l’expérience client. On pourrait donc se dire que l’on n’a pas notre place là-bas, mais tous les grands groupes étrangers et français y seront. En termes de visibilité, c’est un rendez-vous à ne pas manquer », argumente Fanny Turlure, business developer chez Aryball Technologies. La start-up grenobloise, qui a bouclé une levée de fonds record de 3,1 millions d’euros en 2016 n’ira donc pas à Las Vegas pour chercher des investisseurs mais bien pour déclencher du business. « Eventuellement pour trouver des distributeurs potentiels mais surtout dans l’optique de trouver des clients et d’avoir des retombées médias », précise Fanny Turlure.

Hexadrone

Basée à Saint-Just-Malmont (Haute-Loire), Hexadrone (4 salariés, 750 K€) devrait être l’une des attractions du CES. Spécialisée dans la formation, la conception sur-mesure et la vente en ligne de drones, la société créée en 2014 par Alexandre Labesse travaille depuis deux ans sur un projet de drone industriel, baptisé Tundra. « Jusqu’à présent, les drones étaient fabriqués de manière artisanale. Tundra, lui, va pouvoir être fabriqué en série. Et puis, il s’adapte à tous les usages et tous les corps de métiers. C’est une machine modulable sur laquelle on peut interfacer des accessoires (batterie, panneau de led, spectromètre, caméra thermique…) en dessous, en frontal et au-dessus. Les bras sont démontables en quelques secondes et peuvent être remplacés. Nous avons cinq références de bras différents », explique Alexandre Labesse.

Présenté en avant-première au salon Milipol, l’événement mondial de la sécurité intérieur des Etats, Tundra a déjà reçu un accueil chaleureux. « On attend du CES qu’il nous apporte la confirmation de cet engouement et on y va surtout pour y trouver des partenaires qui développent des briques techno que l’on pourrait interfacer. Et puis, la moitié du salon est dédié à des fournisseurs de service. C’est une bonne opportunité de faire du sourcing à moindre coût », développe Alexandre Labesse. En effet, pour réduire le montant de son déplacement, le dirigeant d’Hexadrone a exposé avec CRP, une société italienne de prototypage par impression 3D.

 

Alexandre Labesse, fondateur d'Hexadrone.
Alexandre Labesse, le fondateur d'Hexadrone, a de grandes ambitions pour son prototype Tundra — Photo : Le Journal des Entreprises

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