Lyon

Politique économique

Ce que change la nouvelle politique d'achats de la Ville de Lyon pour les entreprises

Par Pierre Lelièvre, le 05 octobre 2021

En ajoutant des exigences environnementales, sociales et économiques à sa politique d’achats publics, la Ville de Lyon compte jouer un rôle moteur pour engager les entreprises du territoire dans la transition écologique et sociale.

Une centaine de chefs d’entreprise de la région lyonnaise se sont réunis mardi 5 octobre à l’Hôtel de Ville pour découvrir les nouvelles exigences de la politique d’achats publics de la Ville de Lyon.
Une centaine de chefs d’entreprise de la région lyonnaise se sont réunis mardi 5 octobre à l’Hôtel de Ville pour découvrir les nouvelles exigences de la politique d’achats publics de la Ville de Lyon. — Photo : Pierre Lelièvre

Une centaine de chefs d’entreprise avaient pris date ce mardi 5 octobre à l’Hôtel de Ville de Lyon pour tenter d’appréhender la nouvelle tonalité de la politique d’achats que la Ville de Lyon entend mettre en place pour la période 2021-2026.

Un peu plus d’un an après son élection à la tête de la mairie, Grégory Doucet est venu présenter, entouré de quelques-uns de ses adjoints, le Plan pluriannuel des investissements (PPI) pour la période 2021-2026 doté de 1,25 milliard d'euros, voté en mars. Et surtout les exigences que l’exécutif comptait y associer sur les plans de l’environnement, de la santé, mais aussi de l’inclusion sociale. Des exigences inscrites noir sur blanc depuis le 1er octobre dans le Schéma de promotion des achats socialement et écologiquement responsables (Spaser).

150 000 heures d’insertion par an

Plusieurs critères ont été mis en avant pour illustrer les nouvelles exigences de la mairie de Lyon sur les appels d’offres. L’exécutif souhaite valoriser les entreprises régionales en se fixant l’objectif d’attribuer 50 % des marchés annuels aux TPE et PME du territoire. Dans le BTP, par exemple, les prestations proposées seront passées au crible : "Nous serons attentif à faire entrer davantage de matériaux biosourcés ou à intégrer progressivement des clauses énergétiques. Nous nous montrerons aussi plus vigilants sur les déchets du bâtiment et la manière dont on peut les valoriser et les limiter", avance Sylvain Godinot, deuxième adjoint en charge de la Transition écologique et du patrimoine.

Sur le plan de l’insertion, la Ville compte se servir de la commande publique pour inciter les entreprises à faire plus. "Nous souhaitons atteindre les 150 000 heures d’insertion par an, avec un seuil minimal de 80 000 heures. Jusqu’ici, la Ville atteignait 70 000 heures par an", pointe la première adjointe aux finances et à la commande publique, Audrey Henocque, rappelant que d’autres secteurs devraient s’en saisir.

Le réemploi des matériaux de construction, la limitation des produits chimiques dans les prestations de nettoyage, le verdissement des flottes automobiles qui serviront à la réalisation des missions ou encore une meilleure valorisation des déchets figurent aussi sur la liste des priorités. Sans compter que la Ville souhaite que 50 % des marchés soient attribués aux entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) lorsqu’elles sont éligibles.
"Nous sommes en train de construire une nouvelle politique de l’achat public. L’idée n’est pas de compliquer la vie des entreprises mais d’être plus exigeants. On anticipe et on construit ensemble ces futurs marchés de la commande publique", a précisé Audrey Henocque. La Ville de Lyon compte ainsi obtenir le label "Relations fournisseurs & achats responsables" de la part du Médiateur des entreprises.

Privilégier des achats durables et inclusifs

Avec 1,25 milliard d’euros d’investissement sur la période 2021-2026, la Ville compte investir 800 millions d'euros dans la rénovation et la construction de bâtiments publics, 160 millions d'euros dans les espaces publics et 109 millions d'euros dans les achats d’équipements. "La Ville de Lyon est un des acteurs les plus importants du territoire avec 200 millions d’euros d’achats publics en moyenne par an", a tenu à rappeler le maire Grégory Doucet.

Avec le Spaser, les achats publics doivent désormais prendre en compte trois enjeux majeurs : l’environnement, l’inclusion sociale et l’efficience économique. "Nous voulons donner un cap sur lequel vous allez pouvoir construire une partie de votre activité", a-t-il précisé aux chefs d’entreprises présents.

Et sa première adjointe de rappeler que la Ville souhaite "privilégier des achats plus durables et plus inclusifs."

Une centaine de chefs d’entreprise de la région lyonnaise se sont réunis mardi 5 octobre à l’Hôtel de Ville pour découvrir les nouvelles exigences de la politique d’achats publics de la Ville de Lyon.
Une centaine de chefs d’entreprise de la région lyonnaise se sont réunis mardi 5 octobre à l’Hôtel de Ville pour découvrir les nouvelles exigences de la politique d’achats publics de la Ville de Lyon. — Photo : Pierre Lelièvre

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