Grenoble

Énergie

Avec sa pile à hydrogène Inocel veut décarboner la mobilité lourde

Par Marie-Amélie Mine, le 23 novembre 2022

La start-up basée à Saint-Égrève et co-fondée par l’explorateur Mike Horn développe une pile à combustible à haute puissance destinée à décarboner le transport lourd maritime et terrestre. Elle vient de boucler un tour de table de 10 millions d’euros pour financer sa première usine.

Mike Horn et Jules Billiet
Mike Horn et Jules Billiet — Photo : Nicolas Rodet

Tout est parti du rêve un peu fou de l’explorateur Mike Horn, de décarboner le Paris Dakar, en développant une technologie capable d’alimenter en énergie verte les voitures de course du rallye. Mike Horn toque alors à la porte du CEA de Grenoble pour lui demander de se pencher sur le sujet, le laboratoire disposant d’une expertise de plus de 20 ans dans l’hydrogène et l’électrique. Après 18 mois de collaboration et de recherche, Mike Horn décide de recentrer son projet sur la technologie mise au point au sein du laboratoire, la pile à combustible à membrane échangeuse de protons (PEMFC) et de créer une entreprise dédiée. C’est la naissance d’Inocel en mai 2022 puis la constitution d’une équipe avec l’arrivée de Mauro Ricci, fondateur et ancien patron du groupe toulousain Akka Technologies (20 000 salariés, CA 2020 : 1,5 Md€). Les deux hommes, qui souhaitent que le projet se développe le plus rapidement possible, viennent d’annoncer avoir conjointement apporté 10 millions d’euros, afin de financer le nouveau siège social, la première ligne de présérie et le site de R & D de l’entreprise, à Saint-Égrève, en périphérie de Grenoble. "Nous disposons de 2000 m2 de locaux, qui seront extensibles de 2 000 m2 en fonction de notre développement", explique Jules Billiet, directeur général adjoint d’Inocel.

Une commercialisation prévue pour 2024

L’agenda est ambitieux : la start-up compte présenter son produit commercial dès la fin du mois de novembre lors du salon nautique, fabriquer des préséries en 2023 et commercialiser la pile en 2024. Inocel entend aussi tripler ses effectifs d’ici la fin de l’an prochain et atteindre 100 personnes en 2023. "Nous souhaitons aller vite car les planètes sont bien alignées pour le développement de la filière hydrogène, dans un contexte où le gouvernement entend accélérer les investissements dans le secteur, notamment pour répondre à la crise énergétique actuelle", explique Jules Billiet. Certes, la concurrence existe : début octobre, la coentreprise entre Michelin et Faurecia Symbio, a annoncé un investissement d’un milliard d’euros pour son projet hydrogène HyMotive. Son usine de Saint-Fons, spécialisée dans les piles à combustible, doit entrer en production en 2023. Mais selon Jules Billet, le positionnement d’Inocel est différent, puisque l’entreprise vise principalement le marché de la mobilité lourde, où les piles électriques ne fournissent pas la puissance suffisante. "La caractéristique de notre technologie est de proposer une pile à forte puissance et très performante en termes d’efficience et de robustesse. Notre pile est également très compacte, avec un rapport poids puissance volume trois fois plus important que le standard du marché", explique le directeur général.

Un advisory board composé pour apporter son savoir-faire

La start-up pourra également s’appuyer sur l’expertise des membres de son advisory Board parmi lequel figurent notamment des spécialistes de l’industrie automobile, tels que Frank Lindenberg, ancien directeur financier de Mercedes-Benz AG, Luc Marbach, président de la Société des Ingénieurs de l’Automobile (SIA) ou Stéphane Rabatel, passé par Airbus et Safran, et la présidence de la start-up Vedecom Tech. "Inocel dispose d’une gouvernance à deux têtes, avec une direction générale jeune et dynamique et un conseil qui nous apporte son savoir-faire et son expérience", termine Jules Billiet.

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