Isère

Énergie

Automatique et Industrie carbure aux énergies vertes

Par Delphine Sauzay, le 17 juin 2022

L’entreprise iséroise Automatique et Industrie conquiert des parts de marché dans le secteur des énergies renouvelables grâce à son expertise en matière d’intelligence artificielle. Affichant 30 % de croissance l’an passé, elle compte doubler son chiffre d’affaires d’ici à 2026.

Présidée par Pascal Mioche (à gauche), Automatique et Industrie prévoit 65 embauches.
Présidée par Pascal Mioche (à gauche), Automatique et Industrie prévoit 65 embauches. — Photo : DR

En 2021, Automatique et Industrie a enregistré une hausse de 30 % de son chiffre d’affaires, soit 12 millions d’euros avec un résultat net de 1 million d’euros. Et ce n’est pas fini puisque cette PME iséroise compte le doubler d’ici 2026 et recruter 65 nouveaux salariés. Son métier ? Obtenir un meilleur rendement de l’énergie, de la production à sa gestion pour des clients engagés dans la transition énergétique, comme EDF Renouvelables, Engie ou GreenYellow. Ses 115 salariés sont des ingénieurs et techniciens spécialistes de la conception d’algorithmes intelligents destinés à gérer des automatismes industriels.

Faciliter la transition énergétique

"Nous travaillons aujourd’hui sur trois marchés : celui de la production énergétique pour des exploitants de centrales photovoltaïques par exemple, celui des infrastructures tels les hôpitaux et les aéroports et pour l’industrie", déroule Pascal Mioche, son président. Comment la PME située à proximité de Voiron a-t-elle réussi à se hisser au niveau des meilleurs prestataires, au point de faire l’objet de demandes récurrentes de rachat par des grands groupes du secteur de l’énergie ?

Forte de son expertise dans le balisage des pistes des aéroports qui lui confère une dimension internationale, la société a élargi son expertise en matière d’algorithmes aux énergies renouvelables (plus de 60 % de son CA). Présente au Brésil, au Japon ou à Madagascar, elle a notamment modernisé l’éclairage lumineux des pistes de l’aéroport de Nouakchott, en Mauritanie, qui a remplacé ses groupes électrogènes par une centrale photovoltaïque assortie de batteries de stockage de l’énergie pour l’éclairage de nuit.

"Nos algorithmes optimisent le recours à différentes sources d’énergie avec l’objectif de privilégier l’énergie verte tout en réduisant le coût global du budget énergétique", poursuit Pascal Mioche. Chez Automatique et Industrie, l’effort R&D consacré aux problématiques d’hybridation représente 10 % du chiffre d’affaires.

Favoriser la maintenance prédictive

En effet, les énergies renouvelables, qui dépendent de l’ensoleillement, du vent ou de la force hydraulique, doivent pouvoir être stockées. Aussi faut-il prévoir en cas de besoin de pouvoir se raccorder au réseau de production d’électricité national. "Grâce à nos algorithmes prédictifs qui intègrent notamment les prévisions météo, nos clients peuvent s’engager quotidiennement sur une production auprès de leur opérateur. Il ne faut pas se tromper car si la centrale photovoltaïque produit moins que prévu, cela revient très cher", explique-t-il.

La bonne gestion de l’énergie suppose également d’éviter des pannes toujours coûteuses. "Nous sommes résolument orientés vers la maintenance prédictive, une approche fondée par exemple sur la détection des baisses de rendement des panneaux", poursuit-il. Dans ce but, les données stockées - baisse de production ou vibrations des énormes roulements à billes des éoliennes - sont remontées en temps réel pour analyse. Enrichi en permanence par ces informations, l’algorithme apprend en permanence et autorise une maintenance extrêmement fine qui peut se faire à distance via le service de hotline maison, capable d’opérer à distance des réparations.

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