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Après une année record, le spécialiste du confort du pied Sidas mise sur la décarbonation pour poursuivre sa croissance

Par Marie Paturel, le 06 juillet 2022

Touchée de plein fouet par la fermeture des stations de ski pendant la crise sanitaire, Sidas a malgré tout signé un exercice record en 2021-2022 cumulant 51 millions d’euros de chiffre d’affaires. En juillet, l’entreprise iséroise lancera sa propre fondation pour agir en faveur de la décarbonation.

François Duvillard, PDG de Sidas.
François Duvillard, PDG de Sidas. — Photo : Sidas

Une atmosphère festive régnait sur la Sidas World Week du 28 au 30 juin 2022. Sur le site de l’entreprise iséroise, à Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs, plusieurs centaines de participants ont découvert les différentes activités de cette société créée en 1975 autour du pied (semelles et chaussons pour chaussures de sports d’hiver) par trois moniteurs de ski : Loïc David, Jacques Martin et Gabriel Pellicot. À cette occasion, le PDG François Duvillard a annoncé le 30 juin, le lancement imminent de la Sidas World Foundation, une fondation entièrement dédiée à la décarbonation. 700 000 euros seront injectés sur 7 ans afin de financer des projets de captation de CO2, notamment grâce à une collaboration avec l’Office National des Forêts. Le spécialiste isérois du confort du pied a d’ores et déjà investi 100 000 euros dans le dispositif Time For The Planet et y abondera encore à hauteur de 200 000 euros. "Au total, nous consacrerons donc 1 million d’euros sur 7 ans pour le climat. En termes de développement durable, 100 % de nos équipes sont formées à l’écoconception. Nous sommes particulièrement attentifs au cycle de vie des batteries et déployons des solutions de deuxième main et de recyclage", précise François Duvillard.

Après la crise, une année record

Le développement durable et le climat sont clairement des lignes directrices pour asseoir la croissance de Sidas, qui a connu une année record. "Malgré une baisse de 30 % du chiffre d’affaires durant les années Covid, nous avons gardé la totalité de notre personnel et le marché américain s’est très bien porté", poursuit François Duvillard. "La reprise a été remarquable puisque nous venons de terminer notre plus bel exercice avec 51 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé, contre 49 millions avant la crise."

L’ensemble des marques Sidas bénéficie de cette embellie avec, notamment, une forte croissance de Qenoa (soins naturels de bien-être) et un avenir florissant pour les produits de trail running, les chaussettes, ainsi que la marque Therm-ic (équipement chauffant pour les activités outdoor). "Therm-ic pèse aujourd’hui 10 millions d’euros dans notre chiffre d’affaires, mais elle connaîtra un essor rapide au cours des prochaines années", prédit François Duvillard. Sur le marché français, Sidas devrait continuer à croître de 7 à 10 % par an et le chiffre d’affaires visé en 2025 s’élève à 70 millions d’euros.

Dynamisé par le regain d’intérêt des consommateurs pour les activités outdoor et les produits de bien-être, Sidas récolte aujourd’hui les fruits d’une stratégie de long terme. Repris en 2003 par Jean-Pierre Delangle, Thierry Ravillion et François Duvillard, Sidas a progressivement racheté des marques (Therm-ic en 2013, Qenoa en 2019) et s’appuie aujourd’hui sur deux piliers. "D’une part, un pôle consommateur, qui représente 70 % de notre activité, et d’autre part, un pôle médical, qui correspond à 30 % de notre activité", indique François Duvillard. Plus de 55 % de la production est destinée à l’export, l’entreprise ayant déployé un réseau de 12 filiales dans le monde et diffusant 3,5 millions d’articles dans une cinquantaine de pays. "L’Amérique du Nord est notre plus gros marché étranger. Nous avons réalisé 8 millions de dollars de chiffre d’affaires sur place cette année et nous devrions rapidement doubler ce montant", ajoute François Duvillard avec enthousiasme.

La responsabilité, fil rouge de la croissance

La croissance s’appuiera sur une forte conscience environnementale et sociétale avec, entre autres, une volonté affichée de produire au plus près du consommateur. "Nous ne prévoyons pas de relocaliser notre production en France pour deux raisons : d’abord, parce que nous n’avons jamais délocalisé, notre usine en Isère assumant 25 % de la production ; ensuite, parce que nous sous-traitons beaucoup en Europe et au Maghreb pour approvisionner le marché européen et que nos partenariats avec certains pays d’Asie ont du sens pour vendre au Japon ou aux États-Unis. Nous cherchons à faire du local pour réduire le bilan carbone de nos produits", conclut François Duvillard. Une stratégie qui répond à l’objectif affiché par Sidas pour les prochaines années : concilier la performance d’entreprise, la satisfaction de tous les acteurs de la chaîne, du producteur au consommateur, et une responsabilité multiple (climatique, écologique, sociétale…).

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