Mulhouse

Attractivité

Interview Vincent Froehlicher : « L'Adira fera rayonner la marque Alsace »

Entretien avec Vincent Froehlicher, directeur général de l'Adira

Propos recueillis par Lucie Dupin - 10 janvier 2019

Les perspectives s’éclaircissent pour l’Adira, l’Agence de développement économique de l’Alsace. Longtemps en suspens, la question de son financement a été tranchée début décembre. Rencontre avec Vincent Froehlicher, directeur général de l'Adira, qui revient sur les missions de son organisme, ses enjeux et ses perspectives.

Vincent Froehlicher dirige l'Agende développement économique d'Alsace.
Vincent Froehlicher dirige l'Agende développement économique d'Alsace. — Photo : © Jonathan SARAGO

Le Journal des Entreprises : A la suite de la reconnaissance par le Premier ministre Édouard Philippe d’une collectivité européenne d’Alsace aux compétences particulières, le conseil d’administration de l’Agence de développement économique de l’Alsace (Adira) a voté ses orientations budgétaires pour les trois ans à venir. De quelle manière va s’articuler ce budget jusqu’en 2021 ?

Vincent Froehlicher : L’Adira disposera d’un budget qui passe de 4 millions à 4,8 millions d’euros par an sur les trois années à venir. Ce budget, augmenté en termes d’attractivité et de marketing territorial, dont la majeure partie partira à la marque Alsace, est financé à 40 % par la Région Grand Est, à 40 % par les Départements (22 % par le Bas-Rhin et 18 % par le Haut-Rhin) et à 20 % par l’ensemble des structures intercommunales alsaciennes, avec lesquelles l’agence signe des conventions de partenariat.

Les modalités de financement de l’agence étaient incertaines. Cette issue nous soulage et nous oblige à servir encore plus que jamais les entreprises. L’agence emploie 31 personnes et devrait accueillir des agents de l’Agence d’attractivité de l’Alsace dévolus à la marque Alsace. En effet, Jean Rottner, président de la Région Grand Est, a annoncé que l’animation de la marque Alsace revient à l’Adira à partir de 2019.

Quel bilan tirez-vous de l’activité de l’Adira en 2018 ?

V.F : Les actions de l’Adira se positionnent sur le suivi des moyens et grands comptes de l’industrie et du tertiaire supérieur, au moment où les entreprises s’implantent, ont des projets de développement ou rencontrent des difficultés. À fin novembre 2018, 381 projets nouveaux de moyens et grands comptes ont été enregistrés par l’Adira. Parmi eux, 233 se sont concrétisés, ont été décidés ou réalisés et concernent 3 449 emplois directs. Le total des investissements s’élève à 887 millions d’euros. Nous atteindrons le milliard pour l’année 2018, tout comme en 2017.

« Les années 2017 et 2018 auront été dans des phases hautes, avec des efforts d’investissement de la part des entreprises. »

Cette année, on peut citer des dossiers comme l’annonce de l’implantation d’un centre logistique du groupe Hager dans l’écoparc rhénan de Reichstett, l’inauguration du système de stockage automatisé de Triumph International à Obernai, les nouvelles lignes de production de l’usine Carambar à Strasbourg, l’extension du site de production de Fortwenger à Ensisheim, le projet de construction d’une usine à Hésingue pour SES Sterling, etc.

Quel regard portez-vous sur la santé économique en Alsace ?

V.F : Les moyens et grands comptes de l’industrie et du tertiaire supérieur sont aidés par une conjoncture favorable. S’il existe des signes de fin de cycle dans l’industrie et des turbulences qui s’annoncent au regard de mesures protectionnistes, du Brexit ou encore de la hausse des taux d’intérêt, les années 2017 et 2018 auront été dans des phases hautes avec des efforts d’investissement de la part des entreprises.

Pour les grands dossiers de reprise comme Feyel Artzner, Sotralentz, Manurhin, Les Grands Moulins de Strasbourg, des repreneurs se sont présentés. Nous constatons ainsi une conjoncture favorable à notre activité. Par ailleurs, les besoins en financement sont remplis. Le taux de couverture des demandes de crédits pour l’investissement est historiquement haut et il existe aussi de belles levées de fonds.

Quels sont les enjeux et les défis à relever pour les entreprises et de quelle manière l’Adira peut-elle agir ?

V.F : Les entreprises ont besoin d’être accompagnées dans le diagnostic "Industrie du futur". Des efforts sont faits de la part de l’écosystème de l’innovation et du numérique, comme les services de la Région, de la CCI, le KM0 à Mulhouse, les associations telles Rhenatic, Alsace Digitale ou encore des projets privés. La transition énergétique et la manière dont les entreprises consomment et produisent des ressources sont également un défi que l’Adira peut contribuer à accompagner.

Par ailleurs, les entreprises doivent être ancrées dans leur territoire et interagir efficacement avec celui-ci. L’Adira est ainsi facilitateur et assure le lien avec les collectivités locales quand nécessaire, notamment en termes de foncier ou d’aménagement du territoire. L’agence travaille en collaboration avec l’écosystème et est solidaire avec les services de la CCI notamment. Par ailleurs, le transfrontalier est un axe à développer pour ses opportunités économiques et une des stratégies retenues dans la reconversion industrielle de l’après-Fessenheim, dossier pour lequel l’Adira est membre des comités de pilotage.

De plus, une réflexion est à mener pour répondre aux problématiques de ressources humaines. Les entreprises sont confrontées à des problèmes de recrutement. L’un des axes pour y remédier est de travailler sur l’attractivité. Ainsi, dans le cadre de l’animation de la marque Alsace, une marque employeur va être étudiée. En conclusion, l’ADN de l’Adira est de s’impliquer pour le développement économique et le progrès social en Alsace.

Vincent Froehlicher dirige l'Agende développement économique d'Alsace.
Vincent Froehlicher dirige l'Agende développement économique d'Alsace. — Photo : © Jonathan SARAGO