International

Un hôtel d'entreprises unique en Europe pour accueillir les sociétés japonaises

Par Lucie Dupin, le 16 juin 2017

Depuis le XIXe siècle, l'Alsace et le Japon entretiennent des liens économiques privilégiés, d'abord noués autour de l'industrie textile. Aujourd'hui, une vingtaine d'entreprises japonaises sont implantées en Alsace et disposent d'une agence dédiée, l'AJA.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

De Nagoya à Kientzheim, l'entreprise Asahi Seiki vient de franchir le cap et a ouvert début avril son bureau de liaison pour la France en plein coeur du vignoble haut-rhinois. L'entreprise japonaise qui fabrique des munitions, des machines-outils et des petites pièces métalliques, a réalisé sur l'exercice 2016-2017 un chiffre d'affaires de 16 milliards de yens (environ 130 millions d'euros) et emploie 500 personnes au Japon. « Depuis l'arrivée d'un nouveau dirigeant à la tête de l'entreprise, la volonté de se développer à l'international est plus présente qu'avant. En mars 2016, notre dirigeant, Hiroshi Yamaguchi, a participé à un voyage avec une vingtaine d'entreprises japonaises de Nagoya pour visiter les entreprises japonaises installées en France. Une fois sur le site de Mitsubishi près de Mulhouse, notre entreprise a eu connaissance des activités du Centre européen d'études japonaises d'Alsace à Kientzheim. Notre projet d'implantation a trouvé écho auprès du Ceeja qui nous a très bien accompagnés », explique Manabu Sakai, responsable du bureau de liaison en France de l'entreprise Asahi Seiki. Cette entreprise dispose certes d'un client historique en Allemagne depuis 40 ans. Mais le bureau de liaison installé dans l'Hôtel d'entreprises, lancé il y a deux ans par le Ceeja et l'Agence Alsace-Japon/AJA, a pour mission de réaliser des études de marché préalables au lancement de ses activités sur les marchés allemand, français et italien.

Liens économiques Alsace-Japon

Asahi Seiki rejoint ainsi la vingtaine d'entreprises japonaises installées en Alsace dès les années 1980 pour les plus anciennes et génératrices d'environ 3.000 emplois. « Au début des années 1980, on ne parlait pas du Japon en Europe, on ignorait que c'était un géant industriel. Dans le cadre de ma fonction de directeur du Cahr, en 1982, j'ai proposé au département du Haut-Rhin de créer un bureau de l'Alsace au Japon représentant la région Alsace et les deux départements », se souvient André Klein, président du Ceeja, centre culturel et de recherche sur le Japon, installé dans des locaux mis à disposition par le département du Haut-Rhin, à côté de l'ancien lycée Seijo. Le centre dispose aussi d'un « bras armé » économique, une agence de développement spécialisée : « L'agence Alsace Japon offre ses services d'accompagnement juridiques et administratifs en japonais aux entreprises nippones souhaitant s'implanter ou s'agrandir en Alsace. Quand des dossiers japonais arrivent en Alsace, nous travaillons en bonne intelligence avec les agences économiques telles l'Adira et l'AAA », explique Virginie Fermaud, directrice du Ceeja. Employant six personnes, le Ceeja dispose d'un budget annuel de l'ordre de 650.000 euros, financé à parts égales entre le département du Haut-Rhin et la Région Grand Est. Une subvention est également versée par le Pôle métropolitain.

Hôtel d'entreprises

Olivier Becht, vice-président du Ceeja, reconnaît quant à lui que « l'ère de l'implantation des très grandes entreprises japonaises est derrière nous, la mission est donc de consolider les entreprises déjà implantées comme THK, Ricoh, Sharp, Mitsubishi et permettre l'extension quand c'est possible, comme cela a été le cas pour Mitsubishi à Mulhouse. L'entreprise vient de finaliser une extension et a lancé la production d'une nouvelle gamme de groupes électrogènes. Mais nous restons persuadés qu'il existe aujourd'hui des perspectives pour les PME et les start-up. Beaucoup d'entre elles croient que le succès dépend de leur croissance à l'international en Europe, aux USA et en Afrique. L'Alsace est donc dans la situation d'absorber le marché européen mais aussi africain en lien avec les pays francophones ».

La création, par le Ceeja/AJA, il y a deux ans, d'un hôtel d'entreprises répond à cette démarche d'accompagnement. D'une capacité d'accueil de huit entreprises, celui-ci compte aujourd'hui trois occupants et s'apprête à recevoir la visite d'un nouveau client potentiel dans le domaine des biotechnologies pour intégrer le marché européen et la biovalley trinationale. Par ailleurs, Olivier Becht présentera ce mois-ci auprès de la Commission européenne le dossier « Step in Europe ». Ce programme vise à s'appuyer sur son pendant « Step in Japan ». « Les entreprises européennes disposent d'un service d'accompagnement lors de leur installation au Japon, l'inverse n'est pas vrai. C'est ce que s'attache à faire l'hôtel d'entreprises implanté à Kientzheim. C'est un lieu unique en Europe et nous souhaitons nous appuyer sur son savoir-faire pour porter ce dossier à l'échelle européenne », présente Olivier Becht.

Infos : www.ceeja-japon.com

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