Strasbourg

BTP

Un consortium dédié à la rénovation énergétique du bâtiment voit le jour à Strasbourg

Par Isabelle Maradan, le 16 novembre 2022

Ensemble, écorénovons Strasbourg & Eurométropole réunit des acteurs publics, des entreprises et des structures de l’économie sociale et solidaire autour d’un enjeu majeur : la rénovation énergétique des bâtiments. Ce consortium doit relever le défi de la formation dans un secteur miné par une pénurie de main-d’œuvre.

Jean Cagnina, président de la Fédération française du bâtiment du Bas-Rhin, s’est réjoui de la signature du consortium "Ensemble écorénovons Strasbourg et Eurométropole" par une quinzaine de membres, le 15 novembre 2022, à Strasbourg.
Jean Cagnina, président de la Fédération française du bâtiment du Bas-Rhin, s’est réjoui de la signature du consortium "Ensemble écorénovons Strasbourg et Eurométropole" par une quinzaine de membres, le 15 novembre 2022, à Strasbourg. — Photo : Isabelle Maradan

Le premier Pôle territorial de coopération économique (PTCE) dédié à la rénovation énergétique du bâtiment est né à Strasbourg, le 15 novembre 2022. Son nom : Ensemble, écorénovons Strasbourg & Eurométropole. Il s’agit d’un accord de consortium signé par une quinzaine de membres : acteurs publics, entreprises privées, organismes de formation et structures de l’économie sociale et solidaire (ESS). Issus de la loi relative à l’ESS du 31 juillet 2014, les PTCE sont des regroupements d’acteurs économiques dont la vocation est de développer des projets coopératifs innovants et solidaires sur un territoire donné.

Le PTCE est financé par l’État uniquement

"Pour l’instant le PTCE est financé par l’État uniquement, à hauteur de 100 000 euros répartis à parts égales sur les années 2022 et 2023. Un salarié à temps plein a été recruté pour s’y consacrer. Mais si l’on veut poursuivre, il faudra que les partenaires, la Région, l’Eurométropole et les fédérations professionnelles, s’investissent également financièrement", prévient Gilles Grosclaude, directeur du strasbourgeois Relais 2D. Sa société coopérative, qui accompagne les maîtres d’ouvrage et les entreprises pour l’intégration de critères d’environnement et de développement dans les marchés publics ou privés, fait partie du comité de pilotage du PTCE, avec l’Eurométropole et le Pôle Fibre Energivie.

"Amorcer un changement d’échelle"

Pia Imbs, présidente de l’Eurométropole de Strasbourg, a rappelé l’urgence de s’emparer de la question de la rénovation énergétique des bâtiments, qui représentent 46 % des émissions de gaz à effet de serre. Ce regroupement d’acteurs au sein d’un nouvel écosystème devrait contribuer à "amorcer un changement d’échelle", selon la présidente de la collectivité territoriale.

Un objectif de rénovation de logements très ambitieux

Il faut dire que les objectifs de rénovation fixés par l’Eurométropole dans le cadre de son plan Climat-Air-Energie sont de 8 000 logements par an en BBC "compatible", jusqu’en 2030. Un but très ambitieux puisqu’il s’agirait de multiplier les rénovations par presque trois, alors que la filière fait face à une pénurie de main-d’œuvre. Une problématique que connaît très bien Jean Cagnina, président de la Fédération française des bâtiments (FFB) du Bas-Rhin, qui a insisté sur son intention d’engager ses adhérents dans la dynamique initiée par le PTCE.

Luc de Gardelle, président du Groupe Altaïr, entreprise d’insertion, pilote le chantier-école du PTCE à la maison éclusière de Strasbourg.
Luc de Gardelle, président du Groupe Altaïr, entreprise d’insertion, pilote le chantier-école du PTCE à la maison éclusière de Strasbourg. - Photo : Isabelle Maradan

La voie de l’insertion étant l’une des solutions pour faire face aux difficultés de recrutement dans le secteur du BTP, c’est le Groupe Altaïr, entreprise d’insertion bas-rhinoise, qui pilote le premier chantier de rénovation mené dans le cadre de cette PTCE : la maison de l’éclusière du Wacken à Strasbourg. Au niveau local, Bouygues s’investit dans ce chantier en proposant du mécénat de compétences pour coordonner les travaux. Il s’agit également d’un chantier-école, où les bénéficiaires, en insertion, sont formés. "Sur ce chantier, nous allons former huit à dix personnes, aux métiers du plâtre, de la cloison, du revêtement des sols ou de l’électricité, de l’isolation et du bardage. Ces personnes pourront ensuite être embauchées par des entreprises du BTP", précise Luc de Gardelle, président du Groupe Altaïr. "La difficulté, c’est que seuls 35 000 des 70 000 euros sont pris en charge par l’État et l’OPCO", souligne-t-il, lors de la visite de la maison en cours de rénovation, après la signature de l’accord. Le prochain chantier-école se déroulera dans 40 bâtiments que l’Afpa s’apprête à rénover à Strasbourg.

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition