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Soprema : Le groupe s'attaque à la Chine et aux matériaux éco-sourcés

Par Lucie Dupin, le 07 octobre 2016

Soprema a investi près de 130 millions d'euros dans des opérations de croissance interne et externe ces deux dernières années. Ce mois-ci, le groupe inaugure sa première usine en Chine.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Le groupe familial Soprema, dont le siège est situé à Strasbourg, conçoit et fabrique des isolants et des composants étanches pour le bâtiment. En 2015, la société, qui compte 6.260 collaborateurs, a enregistré un chiffre d'affaires de 2,13 milliards d'euros et prévoit d'atteindre 2,35 milliards d'euros en 2016.

Première usine en Chine

Ces deux dernières années, Soprema a investi près de 63M€ dans des opérations de croissance interne avec la construction de trois usines, à Savigny-sur-Clairis dans l'Yonne (15 M€), à Hof en Allemagne (33 M€) et en Chine (15 M$). Cette dernière, qui doit ouvrir ce mois-ci, fabriquera des rouleaux d'étanchéité à destination du marché chinois, un marché que le groupe espère développer. « Jusqu'à présent, nous étions présents en Chine à travers une cellule commerciale, nous y réalisons 10 M$ de CA. Mais il s'agit de notre première implantation industrielle dans le pays, rappelle Pierre-Étienne Bindschedler, le P-dg du groupe Soprema. Nos produits ne sont pas des productions délocalisables, nous produirons en Chine pour le marché chinois. Après avoir intégré un marché de niche ici, nous souhaitons nous développer à plus grande échelle ». Soprema réalise 45 % de son activité en France, 35 % en Amérique du Nord et 20 % dans le reste de l'Europe. Une des stratégies du groupe consiste, selon son P-dg, « à avoir une implantation industrielle sur les marchés visés ». Pierre-Étienne Bindschedler souffle ainsi que pour s'introduire pour la première fois sur le marché latino-américain, « Soprema envisage une acquisition davantage qu'une création de zéro. Nous avons des cibles mais pas de discussion concrète. Si cela devait se faire, nous y entrerions par notre métier historique, l'étanchéité ».

Acquisitions tout azimut

En 2015, les implantations et acquisitions du groupe dans le monde ont été réalisés à 52 % par de la croissance externe et à 48 % par de la croissance interne. La tendance se poursuit en 2016 avec le rachat de trois sociétés et l'intégration des concurrents. Pour ces acquisitions, Soprema a déboursé près de 65 M€. Ainsi, l'Américain Chemlink (CA de 44 M$ ; 90 personnes), fabricant de colles mastiques pour le bâtiment, est entré dans le giron du groupe familial au printemps dernier, tout comme l'Italien Novaglass (CA 2015 : 30 M€), spécialisé dans les membranes bitume et dont « le développement sur le marché italien est important » précise Pierre-Étienne Bindschedler. Enfin, en s'offrant la société suisse Pavatex (CA : 85 millions d'euros ; 220 personnes), le P-dg de Soprema s'est emparé du premier fabricant helvétique d'isolants à base de fibre de bois. Il s'agit d'une alternative à la laine minérale à base de verre ou de roche. Ce matériau, dont le principal concurrent de Soprema sur le marché français est aux mains de Saint-Gobain à travers sa filiale Isover, est donc porteur au regard des exigences environnementales. Et c'est un filon que compte bien exploiter le géant strasbourgeois.

Matériaux éco-sourcés

Chez Soprema, 55 personnes travaillent dans les sept centres de R & D, dont les deux plus grands sont situés au siège à Strasbourg ainsi qu'au Canada à Drummondville, le siège pour l'Amérique du Nord. Chaque année, 15 % du CA sont réalisés par les nouveaux produits issus des services R & D, l'objectif étant d'atteindre les 25 % à moyen terme. Depuis 2010, 21 millions d'euros ont par ailleurs été investis dans un programme de recherche mené par un consortium de quatre industriels, dont Soprema et l'Université de Strasbourg, consistant à réduire l'utilisation des produits fossiles. « Le projet visait à substituer 65 % des matières premières issues du pétrole utilisées par l'entreprise par des matières premières éco-sourcées ou provenant du recyclage. Au terme du programme de cinq ans, les produits qui en sont issus sont plus performants mais également quatre fois plus chers que les produits à base de pétrole. Soprema a la volonté de s'engager dans le développement durable et le respect de l'environnement. Nous sommes finalement parvenus à une diminution de 50 % des ressources fossiles par m² de toitures étanchées. Pourtant, l'acceptation sur le marché de ces produits répond à un critère de prix et donc de compétitivité. Cela pourra également passer par une volonté législative » analyse Pierre-Étienne Bindschedler.

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