Bas-Rhin

Industrie

Sew Usocome duplique son usine du futur

Par Lucie Dupin, le 22 novembre 2021

L’industriel Sew Usocome, spécialisé dans la fabrication de composants et leur assemblage pour les moteurs et motoréducteurs, prépare le lancement des travaux d'un nouveau site à Brumath pour satisfaire ses ambitions de développement. 70 millions d'euros sont investis.

Patrick Kolb dirige l’usine Sew Usocome à Brumath.
Patrick Kolb dirige l’usine Sew Usocome à Brumath. — Photo : Lucie Dupin

C’est l’un des emblèmes de l’usine de demain en Alsace. Sew Usocome (2 000 collaborateurs ; CA : 415 millions d’euros), filiale du groupe allemand Sew Eurodrive, a été l’une des premières entreprises labellisée Vitrine Industrie du futur pour son site de Brumath dans le Bas-Rhin, sorti de terre en 2015. Sur 33 000 m², celui-ci a nécessité un investissement de 70 millions d’euros et est dédié à l’assemblage de moteurs et motoréducteurs (équipant les convoyeurs, transstockeurs, chaînes de montage automobiles, etc.) pour ses clients de l’industrie automobile notamment.

70 millions d’euros d’investissement

Mais les ambitions de la firme allemande sur le territoire français ne se sont pas arrêtées à cette ambassadrice de l’usine 4.0. L’entreprise compte déjà deux autres sites de production de composants, à Haguenau (Bas-Rhin) où est également adossé son siège depuis 1961 et à Forbach (Moselle). Pour accompagner son développement, Sew Usocome lance les premiers coups de pioche d’un deuxième site de 25 000 m² dont 15 000 m² d'emprise au sol. Les travaux de terrassement sont prévus d’ici mars 2022. Avec un montant d’investissement similaire à celui de sa grande sœur - soit une enveloppe de 70 millions d’euros - la deuxième usine située à Brumath doit être mise en service en 2024. "Cette extension sera dédiée à du stockage et à de la logistique pour libérer ces fonctions dans les sites de Haguenau et de Forbach dont les surfaces seront réallouées à de la production", projette Patrick Kolb, directeur de l’usine de Brumath. Un centre de tri et de recyclage sera également installé dans ce nouveau site.

Compter sur du stock

En raison d’une forte variabilité des options et des produits, Sew Usocome compte 5 500 références en stock à Brumath sur un total de plus de 40 000 références actives. "Nous produisons à la demande, il faut donc être réactif et autonome dans la disponibilité des composants. C’est la raison pour laquelle nous internalisons le stock pour des délais les plus courts possibles", décrit le dirigeant. Jean-Claude Reverdell, directeur général de Sew Usocome, complète : "nous sommes fortement intégrés avec peu de sous-traitance. Nos usines doivent répondre à la demande et nous disposons notamment d’une fonderie sur notre site de Forbach, qui boucle lui aussi un plan investissement de l’ordre de 30 millions d’euros".

Penser aux prochaines extensions

Ce projet à Brumath s’inscrit dans un plan plus global de l’entreprise qui, non contente d’y avoir acquis 120 000 mètres carrés de foncier pour l’implantation de sa première usine au milieu des années 2010, a ajouté 90 000 mètres carrés à cette réserve foncière en 2019. "L’ambition est de gagner 4 % de croissance par an et la stratégie du groupe est d’acquérir du foncier pour ses futures extensions", esquisse Patrick Kolb. "Avec cet investissement porté par Sew Usocome, le groupe allemand montre sa confiance envers sa filiale française", souligne quant à lui Jean-Claude Reverdell. Sew Usocome pense ainsi sereinement à sa prochaine extension à Brumath d’ici quatre à cinq ans, pour ancrer encore plus ses sites dans l’industrie 4.0.

Une usine du futur

L’entreprise a commencé à faire du lean management en 2000 et Patrick Kolb s’y est confronté en 2003 à l’occasion d’un voyage d’études au Japon pour l’adapter aux cultures française et germanique dans l’entreprise. Les germes d’une organisation orientée vers une démarche de progrès ainsi posés, le groupe s’est petit à petit tourné vers les éléments propices à l’optimisation des tâches.

Dans les années 2010, l’entreprise a progressivement travaillé à "des installations spécifiques à nos processus pour être à la pointe de la performance. Nous avons fait de la veille sur des briques technologiques identifiées comme l’intelligence artificielle, les big data, la cybersécurité, etc." se souvient Olivier Jotz, responsable des process et de l’innovation chez Sew Usocome. L’objectif de l’usine du futur est ainsi "de répondre aux besoins très spécifiques du client en un temps moindre", selon Olivier Jotz, dont l’entreprise "est allée très loin dans la numérisation, la fourniture d’informations paramétrées en arrière-plan pour le collaborateur, avec l’aide de chariots manipulés ou encore de robots AGV".

Sew Usocome exporte à 85 % et sert le marché français à hauteur de 15 % de sa production. "En 2020, en raison de la pandémie de Covid-19, l’entreprise a accusé une chute de 8 % de son chiffre d’affaires, le marché s’est écroulé. Cependant, il est revenu en 2021", explique Patrick Kolb. Il mise sur un chiffre d’affaires 2021 équivalent à 2019, soit aux alentours de 440 millions d’euros.

Patrick Kolb dirige l’usine Sew Usocome à Brumath.
Patrick Kolb dirige l’usine Sew Usocome à Brumath. — Photo : Lucie Dupin

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