Bas-Rhin

Électronique

Pénurie de semi-conducteurs : Altrics contraint d'augmenter ses prix

Par Charlotte Stiévenard, le 27 mai 2021

La crise sanitaire bouscule les approvisionnements en matières premières pour de nombreux industriels français. L’électronique n’échappe pas à cette tendance et les fabricants en font le constat, à l’image du bas-rhinois Altrics, qui pourrait souffrir d’une pénurie de semi-conducteurs.

Damien Rossignon est le PDG d’Altrics et de Proto-Electronics à Rosheim.
Damien Rossignon est le PDG d’Altrics et de Proto-Electronics à Rosheim. — Photo : Altrics

Après la crise sanitaire, Altrics doit désormais affronter une seconde épreuve : la pénurie de semi-conducteurs (microprocesseurs) utilisés dans la fabrication des cartes électroniques câblées produites par le groupe (CA 2020 : 40 M€, 650 collaborateurs), dont le siège est à Rosheim, dans le Bas-Rhin.

"Le premier trimestre 2021 a été difficile, le second va l’être encore plus et pareil pour le troisième", estime son PDG, Damien Rossignon. Après une baisse du chiffre d’affaires de 15 % en 2020 suite à l’arrêt temporaire de ses usines en Tunisie et au Portugal, Altrics espérait en 2021 retrouver son chiffre d’affaires de 2019, mais cette pénurie ne devrait lui permettre d’atteindre que 7 % de croissance par rapport à 2020.

Des équipes dédiées à la recherche de composants

Si les fournisseurs d’Altrics sont majoritairement en Europe, la fabrication se fait en Asie. Face à la pénurie, neuf personnes du département achats et approvisionnements "cherchent à acheter les composants sur des marchés parallèles, en passant par des brokers (courtiers), explique Damien Rossignon. Nous avons vu certains prix être multipliés par 100."

Résultat, comme d’autres industriels touchés par des pénuries, Altrics va être contraint d’augmenter ses prix en moyenne de 10 % en 2021. Malgré cela, Damien Rossignon reste positif : "Nous avons les reins solides. Le monde de l’électronique est habitué aux crises. Il y a trois ou quatre ans, nous avions eu la crise du céramique (condensateurs)", explique-t-il.

Proto-Electronics se porte bien

Par ailleurs, Proto-Electronics, spin-off d’Altrics dont le siège est également à Rosheim, se porte bien. En 2020, son chiffre d’affaires a augmenté de 15 % pour atteindre 5 millions d’euros pour 35 collaborateurs. Spécialisé dans la fabrication de prototypes de cartes électroniques, il est moins touché par la pénurie de semi-conducteurs.

"Nous avons des machines qui cherchent automatiquement les composants disponibles sur le marché. Grâce à notre site internet, les clients qui font appel à Proto-Electronics peuvent voir si le stock est disponible ou pas", explique Damien Rossignon. En 2020, la société a été lauréate de l’appel à projets France Relance, en soutien aux entreprises des secteurs dits "stratégiques".

Damien Rossignon est le PDG d’Altrics et de Proto-Electronics à Rosheim.
Damien Rossignon est le PDG d’Altrics et de Proto-Electronics à Rosheim. — Photo : Altrics

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