Strasbourg

Innovation

Microsoft et le monde économique alsacien s'interrogent sur l'intelligence artificielle

Par Lucie Dupin, le 17 janvier 2019

Invité d'honneur des vœux au monde économique à Strasbourg, Illan Spillinger, vice-président de Microsoft, a rencontré les acteurs économiques du territoire. Occasion de s'interroger sur le potentiel de l'intelligence artificielle appliquée à l'industrie et la nécessité d'y être formé. 

Lors de sa visite en Alsace, Illan Spillinger, vice-président de Microsoft, a rencontré les start-up de la French Tech Alsace.
Lors de sa visite en Alsace, Illan Spillinger, vice-président de Microsoft, a rencontré les start-up de la French Tech Alsace. — Photo : © Lucie Dupin

L’Eurométropole de Strasbourg, l’Université de Strasbourg et la CCI Alsace Eurométropole ont fait carton plein au PMC à Strasbourg en invitant Illan Spillinger, le vice-président de Microsoft, à prendre la parole lors de leur soirée de rentrée. Près de 2000 acteurs du monde économique alsacien ont pu réaliser une plongée dans le futur et s’interroger sur les potentiels de l’intelligence artificielle (IA) appliquée au monde industriel et économique.

Illan Spillinger ne s’est pas contenté d’un discours pour présenter la technologie dite « réalité mixte » conçue par la firme américaine et visant à faire converger hologramme et champ de vision de l’utilisateur. Celui-ci rappelle que « Microsoft n’est plus uniquement une industrie du loisirs et du divertissement destinée au particulier mais se tourne vers le business to business en proposant sa technologie aux entreprises de la santé, de l’éducation, de l’industrie, de l’architecture de la science etc ».

"Nous avons besoin des étudiants les plus brillants"

A l’occasion de sa venue à Strasbourg, le n°2 de Microsoft en a profité pour rencontrer les start-up de la French Tech Alsace et les universités de Strasbourg et de Haute-Alsace. Le vice-président du géant américain glisse « avoir besoin des étudiants les plus brillants ». Interrogé sur une éventuelle prospection de Microsoft sur le territoire alsacien, Illan Spillinger constate « qu’en Europe, la technologie de l’IA est plus adoptée qu’une autre technologie. Les entreprises doivent s’en saisir. Nous sommes ici pour vendre l’histoire de l’IA et nous espérons que les entreprises seront intéressées pour développer un business, à l’image de ce que nous faisons déjà avec l’Ircad (NDLR : Institut de recherche contre les cancers de l’appareil digestif) ».  

Se former à l'intelligence artificielle

 « L’intelligence artificielle n’est pas un danger mais un atout pour l’Homme et l’Entreprise », rassure Jean-Luc Heimburger, président de la CCI Alsace Eurométropole. Celui-ci est convaincu que « la France a la capacité de former des talents dans le domaine des sciences des données et de l’IA. Mais l’ensemble des entreprises doit s’engager pour les retenir ici et leur permettre de déployer leurs compétences en France ».

L’Université de Strasbourg l’a bien compris puisque son offre de formation compte depuis septembre un diplôme de « data scientist », ou de spécialiste des données. Michel de Mathelin, vice-président de l’Université de Strasbourg, rappelle que « l’Université est très sollicitée par les entreprises de la région. Il n’y a pas que Microsoft qui cherche des talents. Nous avons besoin de jeunes qui s’investissent dans ces métiers et il était nécessaire que l’Université déploie une formation dans ce domaine. Nous lançons également une chaire industrielle dédiée à l’intelligence artificielle ».

Appliquer l'intelligence artificielle à l'industrie

Invitée à présenter sa navette autonome à Microsoft, l’entreprise Lohr (CA 2017 : 500 M€ ; 2 000 personnes dans le monde, dont 1 200 dans le Bas-Rhin à Hangenbieten) confirme son besoin. Marie-José Navarre, directrice générale adjointe estime « qu’avec l’intelligence artificielle, il existe un changement de paradigme. L’innovation mène à une rupture dans l’usage et non pas à une rupture technologique ». Etienne Dock, directeur de la transformation numérique chez Hager (CA : 1,9 Md € ; 11 500 personnes), voit quant à lui dans l’intelligence artificielle « une opportunité pour accroître l’offre, faciliter la vie des collaborateurs et optimiser le processus interne de production en récupérant les data des machines pour par exemple faciliter des maintenances prédictives ».

Lors de sa visite en Alsace, Illan Spillinger, vice-président de Microsoft, a rencontré les start-up de la French Tech Alsace.
Lors de sa visite en Alsace, Illan Spillinger, vice-président de Microsoft, a rencontré les start-up de la French Tech Alsace. — Photo : © Lucie Dupin