Grand Est

Innovation

Les start-up à suivre dans le Grand-Est en 2021

Par Philippe Bohlinger, le 22 janvier 2021

La pandémie n’entame pas leur croissance, voire l’accélère. Les start-up du Grand Est mettent leurs technologies au service de la santé, de l’industrie 4.0 ou encore de la distribution alimentaire en circuits courts. Sans complexe, elles entendent se ménager une place à l’ombre des géants de la tech, de l’énergie, du jeu vidéo... 

La biotech Spartha Medical développe un spray anti Covid-19.
La biotech Spartha Medical développe un spray anti Covid-19. — Photo : © DR

De situations de crise naissent les innovations. Même si le contexte a pu les faire accélérer, les start-up du Grand Est n’ont pas attendu le déclenchement de la pandémie de Covid-19 pour développer de nouveaux produits ou services. Tour d’horizon des jeunes pousses à observer de près en 2021…

Gamestream lève 3,5 millions d’euros

Ivan Lebeau, cofondateur de Gamestream
Ivan Lebeau, cofondateur de Gamestream - Photo : © Gamestream

Fondée en 2015 à Ludres (Meurthe-et-Moselle), Gamestream affiche de solides ambitions sur le segment du jeu vidéo en ligne. Ses solutions multi-supports (TV, smartphone, tablette, PC) permettent à ses clients dans les télécoms, l’hôtellerie ou l’hospitalier de proposer des packs de grands éditeurs mondiaux pour moins de 20 dollars par mois. La période de confinement, propice aux jeux en streaming, a été bénéfique à la start-up qui emploie 30 salariés à Paris, Nancy et Dubaï. Au printemps 2020, elle a bouclé une levée de fonds de 3,5 millions d’euros qui doit lui permettre de doubler ses effectifs d’ici deux ans et d’ouvrir une succursale à Taïwan. L’opération a été soutenue par ses actionnaires historiques dont le spécialiste strasbourgeois des serveurs 2CRSi.

Trouver mon architecte accélère à l’international

À Strasbourg, Trouver mon architecte (30 personnes) affiche de solides fondations. Depuis le lancement de sa plateforme de mise en relation entre architectes et particuliers/professionnels, la start-up ne cesse de pousser les murs. Une quinzaine de recrutements sont en cours pour accompagner la croissance du chiffre d’affaires qui pourrait atteindre cette année le million d’euros et le déploiement international. Déjà présent en Espagne, Grande-Bretagne, Irlande, Benelux Suisse, mais aussi Inde et Brésil, Trouver mon architecte se déploie en Italie, Allemagne et Autriche. Si la crise sanitaire a ralenti les abonnements d’architectes, le nombre de mises en relation a en revanche explosé. Surfant sur son concept, Antoine Jouault, son fondateur en 2018, a lancé en 2020 Trouver mon photographe.

45-8 Energy labellise Greentech Innovation

La start-up messine 45-8 Energy, cofondée en 2017 par Nicolas Pélissier et Benoît Hauville, se sent pousser des ailes, tant son projet de captage de l’hélium dans les sous-sols enregistre d’échos positifs. Leur technologie d’extraction écoresponsable a été labellisée Greentech Innovation en octobre 2020 par le ministère de la Transition écologique. La jeune pousse (7 personnes) attend pour la fin de l’année la validation de sa première demande de permis exclusif de recherche. La levée de fonds de 1,3 million d’euros bouclée avant l’été lui donne les moyens de ses ambitions sur cette zone de 251 Km² dans la Nièvre, mais aussi en R & D tout en accélérant le développement de trois autres projets en France et en Europe.

Baguette-Box ouvre sa solution à la franchise

Baguette-Box multiplie les pains et viennoiseries déposées dans de petites huches adossées aux maisons de ses clients. Créée début 2019 à Wasselonne (Bas-Rhin), la start-up veut redonner le goût de la baguette fraîche aux Français tout en apportant une innovation et un chiffre d’affaires supplémentaire aux artisans boulangers. Des véhicules hybrides pilotés par des livreurs indépendants assurent les tournées. L’entreprise (15 personnes) se rémunère auprès des boulangers et des consommateurs (6,90 € par mois). Sollicitée pour dupliquer le concept, Baguette-Box, compte ouvrir plusieurs franchises dans l’Hexagone cette année. Accompagnée par Scal’E-nov, l’accélérateur de start-up de la Région Grand Est, la société a atteint le million d’euros de chiffre d’affaires en 2020.

Ewattch déploie ses capteurs sur les lignes de production

Superviser les temps de cycle d’unités de production et identifier, dans le même temps, des gisements d’économie d’énergie. Telle est la double promesse d’Ewattch à Saint-Dié-des-Vosges (Vosges). La start-up de 15 personnes (1 million d’euros de chiffre d’affaires en 2019) a mis au point des capteurs connectés capables de s’interfacer avec tous les équipements industriels ; y compris les plus vétustes. La valeur ajoutée de la jeune pousse fondée en 2012 par Nicolas Babel réside dans sa maîtrise des logiciels de traitement de la data, mais aussi des capteurs sans fils, qu’elle conçoit en interne et fait fabriquer en Alsace. Afin de monter en puissance sur le plan commercial, Ewattch boucle actuellement une levée de fonds de 3 millions d’euros.

Direct-Market simplifie les circuits courts

Sébastien Pelka est le co-fondateur de Direct Market.
Sébastien Pelka est le co-fondateur de Direct Market. - Photo : © Christian Deschler

Le strasbourgeois Direct-Market simplifie la vie des producteurs locaux et des enseignes de la grande distribution avec lesquelles il collabore. La start-up (7 personnes) se charge de la préparation des commandes, de l’acheminement, de la facturation, etc. Pendant le 1er confinement, elle a trouvé un débouché commercial à un exploitant laitier bio de Seine-et-Marne dans l’impossibilité d’écouler les 10 000 yaourts qu’il distribuait quotidiennement dans des écoles. Portée par l’engouement pour le made in France, la société fondée en 2018 par Sébastien Pelka évolue. Jusqu’à présent centrée sur la distribution de 200 produits alimentaires produits par une cinquantaine de fermes franciliennes, elle élargit son périmètre au Grand Est et aux Hauts-de-France, ainsi qu’à plusieurs villes de l’Ouest.

Vivoka retenu par Aéroports de Paris

La start-up messine qui propose un assistant vocal a remporté en juin dernier l’appel d’offres lancé par le gestionnaire de plateformes aéroportuaires. Face à la pandémie, groupe ADP cherche en effet à recourir davantage à la reconnaissance vocale dans ses services et ce afin de limiter au maximum les contacts. Pour séduire des clients de cette envergure, la jeune pousse fondée en 2015 (30 salariés) mise sur une technologie orientée vers des usages spécialisés (hôtellerie, distribution, banques, etc.) se différenciant en cela des intelligences artificielles très puissantes, mais très génériques des géants du net. A l'automne 2020, Vivoka a franchi un nouveau cap et a lancé un kit permettant à chaque entreprise de créer son propre assistant vocal.

Ar24 ouvre son capital au groupe La Poste

Docaposte, le bras armé du groupe La Poste dans le numérique, a pris une participation majoritaire au capital d’AR24, société pionnière dans le recommandé électronique, basée à Strasbourg et Paris. La start-up de 23 salariés (3,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019) a été la première entreprise à proposer un service de lettre recommandée électronique reconnu par le règlement européen eIDAS. L’arrivée de Docaposte va permettre à la jeune pousse d’élargir sa clientèle, jusqu’à présent essentiellement professionnelle. Son innovation n’était en effet pas adaptée au grand public, faute de solution d’identité numérique suffisamment forte. Pour Guillaume de Malzac cofondateur en 2016 d’AR24 « en faisant le choix de rejoindre Docaposte, nous allons accélérer notre développement sur le marché français et attaquer le marché européen. »

Aprex Solutions améliore le contrôle visuel dans l’industrie

Le nancéien Aprex Solutions aime démontrer le potentiel de ses algorithmes d’analyse d’images en caractérisant les bulles dans une coupe de champagne. Pour Romain Baude et Mikaël Désécures, les cofondateurs de la start-up en 2017, l’heure est au déploiement commercial de leur technologie de contrôle visuel pour l’industrie. Ils s’appuient à ces fins sur une levée de fonds de 1,2 million d’euros bouclée en janvier dernier. La solution de la jeune pousse associe des caméras industrielles à des algorithmes issus de travaux à l’Institut Jean Lamour à Nancy (CNRS et Université de Lorraine). Aprex Solutions est ainsi parvenu à perfectionner la préhension d’un robot de manutention. La start-up (10 personnes) est également en mesure de détecter des défauts sur une ligne de production de fibres optiques.

Spartha Medical développe un spray anti-Covid-19

La pandémie modifie les plans de Spartha Medical, une biotech fondée en 2019 Strasbourg. Ce spin-off d’un laboratoire de l’Inserm a mis au point un revêtement anti-microbien pour la désinfection des dispositifs médicaux et des implants orthopédiques. L’épidémie le conduit à adapter sa formule, actuellement en phase préclinique. La start-up accompagnée par Semia, l’incubateur de la région Grand Est, teste actuellement un spray antibactérien susceptible de résister également au virus du Covid-19. L’innovation a été retenue par l’Agence nationale de la recherche dans le cadre de l’appel à projets Flash Covid-19. Le spray doit être homologué pour un usage hospitalier puis par la suite, pour être utilisé par les particuliers en aspersion nasale, en prévention du Covid-19.

La biotech Spartha Medical développe un spray anti Covid-19.
La biotech Spartha Medical développe un spray anti Covid-19. — Photo : © DR

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