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Artisanat

Les salons de coiffure Kraemer se font un nom en Chine

Par Adelise Foucault, le 31 janvier 2019

L'enseigne Kraemer Paris vient d’ouvrir son 62e salon de coiffure en Chine. Un succès sur lequel le Strasbourgeois Yannick Kraemer, fondateur et président de l’enseigne, n’aurait pas parié il y a vingt ans.

Yannick Kraemer, entouré de ses associés chinois, lors de l'inauguration d'un salon Kraemer Paris, à Chengdu, en novembre 2017.
Yannick Kraemer, entouré de ses associés chinois, lors de l'inauguration d'un salon Kraemer Paris, à Chengdu, en novembre 2017. — Photo : © Kraemer Paris

Tout a débuté dans un restaurant japonais, tenu par un chinois, à Strasbourg. Le restaurateur évoque son envie de développer une affaire en Chine, Yannick Kraemer, lui, envisage de développer son enseigne de coiffure à l’étranger. Formé chez Jacques Dessange, il lance sa propre franchise en 2000. Une opportunité au Québec en 2002 lui fait comprendre que pour s’imposer face à une concurrence française bien installée, sa fenêtre de tir réside dans la création d’une marque internationale pour avoir l’opportunité de se faire un jour un nom en France.

L’histoire démarre à Guangzhou

La communauté chinoise se mobilise : une dizaine de restaurateurs de Strasbourg et du 13e arrondissement à Paris décident d’investir en commun dans la création d’une master franchise, dont Yannick Kraemer prend 10 % du capital. « Le marché chinois n’était pas celui qu’il est aujourd’hui. J’avais l’image du pays pauvre, peu développé, explique-t-il. J’ai décidé de partir à la découverte de ce pays, avant de m’engager. Je suis partie dans la région de Guangzhou (Canton). Un voyage exceptionnel. J’y ai vu une énergie incroyable, un esprit de conquête, un pays en pleine révolution industrielle. À mon retour, j’ai donné mon go ».

La société créée fait l’acquisition en 2004 de trois salons, tenus par cinq associés à Guangzhou : « Des quarantenaires, artistiquement très forts. Il me fallait des gens du métier pour crédibiliser et développer l’enseigne. À l’époque, je n’ai souhaité prendre que 10 % du capital pour minimiser le risque. Je regrette un peu aujourd’hui », sourit Yannick Kraemer.

« Un potentiel faramineux »

Car l’enseigne vient d’ouvrir son 62e salon chinois à Huizhou. Cela porte à 162, dont 55 en France, le nombre de salons de l’enseigne qui emploie 1 500 salariés et qui a réalisé en 2017 un chiffre d’affaires non consolidé de 40 M€.

En Chine, les perspectives de croissance sont gigantesques, à l’image de ce territoire 17 fois plus grand que la France et en plein essor économique. Une Académie Kraemer, centre de formation à la coiffure, a d’ailleurs été créée dans le pays en 2008 pour accompagner le développement des salons Kraemer « Le potentiel est faramineux, il y a beaucoup à faire et à construire », estime Yannick Kraemer. « Nous sommes aujourd’hui la première marque de coiffure française en Chine, alors qu’en France, on fait figure de petit groupe », glisse l’entrepreneur strasbourgeois.

L’enseigne séduit aussi le Japon

Conformément à son plan de route, l’enseigne Yannick Kraemer a poursuivi son développement international. Il est aujourd’hui présent dans neuf pays : Maroc, Turquie, Espagne, Suisse, Canada, mais aussi Corée, Japon et Thaïlande. L’Asie représente un de ses leviers majeurs.

À l’instar du potentiel chinois, les perspectives sont également prometteuses au Japon. « J’avais été sollicité par un groupe japonais. J’ai profité d’une mission de prospection de la CCI sur place pour les rencontrer, ainsi que d’autres prospects. Ce voyage a facilité la signature et l’ouverture d’un premier salon au Japon en décembre 2017 », témoigne Yannick Kraemer. Ce master franchisé japonais, qui compte déjà 400 salariés ayant été formés à l’académie Kraemer en France, vise l’ouverture de cinquante salons Kraemer dans les dix prochaines années.

Yannick Kraemer, entouré de ses associés chinois, lors de l'inauguration d'un salon Kraemer Paris, à Chengdu, en novembre 2017.
Yannick Kraemer, entouré de ses associés chinois, lors de l'inauguration d'un salon Kraemer Paris, à Chengdu, en novembre 2017. — Photo : © Kraemer Paris