Bas-Rhin

Agroalimentaire

Les pains d’épices Fortwenger investissent dans un nouveau site de production

Par Lucie Dupin, le 27 novembre 2019

Pour soutenir son taux de croissance à deux chiffres, le fabricant de pains d’épices Fortwenger investit 2,5 millions d’euros dans un nouveau site de production à Gertwiller dans le Bas-Rhin, un an après la mise en service de l'extension de son site d'Ensisheim.

Steve Risch a repris la présidence de l'entreprise familiale Fortwenger il y a trois ans.
Steve Risch a repris la présidence de l'entreprise familiale Fortwenger il y a trois ans. — Photo : © Lucie Dupin

« Du miel, des épices et de la farine ». En énumérant les produits « simples et sains » qui composent ses pains d’épices, Steve Risch, PDG de Fortwenger (CA : 20 M€ ; 90 personnes), serait-il en train de nous dévoiler la recette de son succès ? En tout cas, le jeune dirigeant de l’entreprise familiale, reprise par son grand-père à Gertwiller dans les années soixante, a vu son chiffre d’affaires tripler en dix ans et s’apprête à investir 2,5 M€ dans un nouveau site de production.

Afin d’expliquer cette évolution, Steve Risch dresse un parallèle avec le lancement du Palais du pain d’épices en 2009. Ouvert sur le site de Gertwiller aux côtés de la boutique et de l’atelier de fabrication, cet espace muséal retrace l’histoire du produit venu de Chine, tout comme celle de la société, aux mains de la famille Risch depuis trois générations et fondée en 1768. « Pour créer le Palais du pain d’épices, nous sommes partis de l’histoire et nous avons dérivé sur les souvenirs d’enfance et la féerie qu’évoque le pain d’épices. Avec cet outil, nous voulions rajeunir la clientèle qui était davantage senior », se souvient Steve Risch. Pari gagnant, puisque la première année d’ouverture, Fortwenger misait sur 25 000 visiteurs et en a finalement accueilli le double. « Aujourd’hui, nous comptons 70 000 visiteurs par an. Je dirais qu’entre 60 et 80 % de l’évolution de notre chiffre d’affaires sur dix ans provient du fruit des visites du Palais du pain d’épices qui se terminent dans la boutique qui a doublé son CA la première année d’ouverture du palais », pointe Steve Risch, qui avec ce musée au 1,5 million d’euros d’investissement, est l’un des précurseurs des visites d’entreprises en Alsace.

Nouvelle unité de production

Pour soutenir l’activité de l’entreprise, Fortwenger annonce la construction d’une nouvelle unité de production pour 2,5 M€. Le fabricant de pains d’épices et de petits biscuits appelés bredele a acquis un ancien corps de ferme à Gertwiller en face de son siège actuel. Après démolition, le terrain attenant à l’entrepôt logistique de Fortwenger, accueillera un nouveau site de production de 1 600 m². Les travaux seront lancés début 2020 pour une mise en service espérée dans un an avec l’embauche de six à dix personnes. « La nouvelle ligne produira ainsi des pains d’épices et des bredele, mais aussi des cakes sucrés », esquisse déjà Steve Risch. Si le patron reste discret au sujet des nouvelles recettes, il précise tout de même que ces cakes constitueront « une nouveauté sur le segment premium ». La marque régionale est vendue à 40 % dans son réseau de sept boutiques en propre en Alsace, et partout en France à travers son réseau de distribution en grande surface, en épiceries fines et en ligne. « En Alsace, nous ne progressons plus, admet le dirigeant, mais nous nous développons particulièrement bien en région lyonnaise avec 60 % de croissance du chiffre d’affaires d’une année sur l’autre, tout comme dans le sud de la France avec 30 à 40 % de croissance ». S’il existe de nombreux producteurs de pains d’épices, Fortwenger, avec ses 12 tonnes de pains d’épices produits par jour, fait figure de poids lourd dans ce segment de l’agroalimentaire. Steve Risch justifie ce succès par l’image attachée au produit : « le pain d’épices est alsacien tout comme le nougat est identifié à Montélimar, par exemple. Nous irions difficilement acheter des produits aussi typiques ailleurs que dans leur bassin d’origine ».

Innovation

En fin d’année dernière, Fortwenger finalisait un investissement de 3,5 M€ en inaugurant l’extension de son site de production d’Ensisheim suite au rachat de l’outil de production de Biscuiterie de France, une société située dans le Loiret. « Je n’avais pas prévu de réinvestir un an après mais une entreprise, c’est un patrimoine à préserver et à développer pour la génération suivante », projette Steve Risch. Cette année, Fortwenger, enregistre une progression de son chiffre d’affaires de 15 %. Le fabricant, qui réalise 70 % de son chiffre d’affaires sur les quatre derniers mois de l’année, innove et lance de nouvelles recettes tous les ans. À l’image de ses mini stollen à la mirabelle mis en vente en 2018, « l’un des succès de la marque », affirme le dirigeant, présent dans 100 marchés de Noël à travers la France et 15 exploités en propre en Alsace et à Paris. En 2019, Fortwenger a commercialisé sa première gamme bio de bredele, qui représente 5 % de l’ensemble des sachets de bredele vendus. 2020 devrait, quant à elle, être l’année des premiers pains d’épices bio.

Steve Risch a repris la présidence de l'entreprise familiale Fortwenger il y a trois ans.
Steve Risch a repris la présidence de l'entreprise familiale Fortwenger il y a trois ans. — Photo : © Lucie Dupin

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