Grand Est

Assurance

Le groupe Roederer entre au capital du courtier Draber-Neff

Par Charlotte Stievenard, le 16 janvier 2020

Le groupe Roederer devient l’actionnaire principal de l’entreprise Draber-Neff. Les deux courtiers historiques de l’agglomération strasbourgeoise, implantés en Alsace depuis la fin du XIXe siècle, veulent renforcer leur présence au niveau régional, mais aussi national.

Thierry Neff (à gauche), vice-président du groupe Roederer, Geoffrey Roederer (au milieu), président et Laurent Neff (à droite), directeur général de Draber Neff travaillent au sein du groupe depuis le 1er janvier 2020.
De gauche à droite, Thierry Neff, Geoffroy Roederer et Laurent Neff travaillent ensemble depuis le 1er janvier 2020. — Photo : ©Franck Morin

Le courtier en assurance Roederer, spécialisé dans les risques d’entreprise, prend de l’envergure. Depuis le 1er janvier 2020, il est devenu l’actionnaire majoritaire d’un autre spécialiste alsacien des risques professionnels, Draber-Neff. Avec 290 collaborateurs, le groupe franchit un seuil symbolique et devient ainsi une Entreprise de Taille Intermédiaire (ETI). Son chiffre d’affaires consolidé atteint désormais 35 millions d’euros et le volume des primes négocié, c’est-à-dire les sommes que les preneurs d'assurance ont payé pour pouvoir bénéficier de la couverture d’assurance en cas de sinistre, 300 millions d’euros.

Pour Draber-Neff Assurances (6,1 M€ de chiffre d’affaires, 52 collaborateurs), cette opération est l’aboutissement d’une « réflexion sur la transmission de l’entreprise ». Draber-Neff, ancien agent général pour l’assureur allemand Allianz, dont il distribuait les produits, est devenu officiellement courtier indépendant en 2017. Il passe aujourd’hui à l’étape suivante : « Nous cherchions un partenaire qui respecte la culture familiale de l’entreprise fondée en 1878 », explique Laurent Neff. Il reste directeur général de cette nouvelle filiale du groupe Roederer, tandis que Thierry Neff, jusqu’ici président, rejoint le comité d’orientation stratégique de Roederer en tant que vice-président. Tous deux sont désormais actionnaires minoritaires.

Avec son nouvel actionnaire majoritaire Roederer, Draber-Neff accède ainsi à un marché beaucoup plus large. Alors que l’entreprise familiale est implantée à Schiltigheim et à Sélestat, le groupe Roederer (29,2 M€ de chiffre d’affaires, 230 collaborateurs) a des bureaux à Strasbourg depuis 1893, mais aussi à Nancy, Metz et Paris. Cette ouverture sur la capitale permet donc à Draber-Neff d’accéder au marché des assurances national, voire international. Selon le président Geoffroy Roederer, 75 % de l’activité est jusqu’ici réalisée dans le Grand Est et 5 % à l’international, notamment en Allemagne grâce à une co-entreprise, le Cabinet d’Assurance Transfrontalière (CAT) qui a rejoint le groupe en 2014.

Développer les assurances des biens et responsabilités

Pour Roederer, cette acquisition entre pleinement dans la stratégie déjà décrite par Geoffroy Roederer dans nos colonnes en 2015 : porter ses contrats biens et responsabilités au même volume que l’assurance de personnes d’ici cinq ans. Jusqu’ici, les deux tiers des contrats du groupe concernaient les Assurances de Personnes (ADP), c’est-à-dire l’invalidité, la maladie ou le décès, tandis qu’un tiers seulement portait sur les Biens et Responsabilités (ABR), c’est-à-dire les risques pour les bâtiments, les automobiles, la construction, etc. Draber-Neff apporte un portefeuille de clients conséquent dans ce dernier domaine puisqu’elle y réalise 90 % de ses contrats, avec une forte spécialisation dans les syndics immobiliers. Son arrivée dans le groupe permettra à Roederer de « doubler son effectif en charge des ABR », explique Geoffroy Roederer.

Les deux courtiers évoquent des « complémentarités de leurs métiers », mais aussi des « synergies de leurs portefeuilles de clients », sur un marché où ils affirment travailler avec « 25 % des 100 plus grosses entreprises alsaciennes ».

La nouvelle envergure du groupe doit leur permettre notamment de mieux répondre aux « pressions réglementaires croissantes » avec l’arrivée, par exemple, des directives sur la distribution d’assurance, sur la protection des données (RGPD), ou encore avec le développement de la lutte anti-blanchiment. Le groupe cite également un autre défi : la mise en œuvre de l’offre 100 % santé du gouvernement Macron qui renforce la prise en charge par les mutuelles du remboursement des soins dentaires ou encore optiques. « Nous allons devoir investir plusieurs centaines de milliers d’euros dans l’adaptation de nos systèmes d’information », indique Geoffroy Roederer.

Investir dans le capital de start-up locales

Cette synergie doit également leur permettre de faire émerger des équipes de spécialistes, mais aussi d’investir de façon plus conséquente dans le développement du groupe. Alors qu’il va définir un nouveau projet d’entreprise pour la période 2020-2023, son président, Geoffroy Roederer évoque déjà quelques pistes comme le développement de ses capacités d’innovation.

Il y a quinze mois, Roederer a déjà lancé un laboratoire d’innovation en interne. Pendant une période de trois ans, le courtier compte investir jusqu’à 50 000 euros par an dans des projets ou dans le capital de start-up qui souhaitent travailler, par exemple, sur l’intelligence artificielle ou les datas. Il s’agit d’effectuer des démonstrations de faisabilité, c’est-à-dire des expériences menées par des entreprises technologiques de la région dans différents domaines.

Enfin, le groupe précise que les effectifs seront maintenus, voire étendus. Après dix recrutements en 2019 pour Draber-Neff et 45 pour Roederer, d’autres embauches doivent suivre. « Nous avons constamment près de dix postes ouverts au recrutement », souligne le président.

Thierry Neff (à gauche), vice-président du groupe Roederer, Geoffrey Roederer (au milieu), président et Laurent Neff (à droite), directeur général de Draber Neff travaillent au sein du groupe depuis le 1er janvier 2020.
De gauche à droite, Thierry Neff, Geoffroy Roederer et Laurent Neff travaillent ensemble depuis le 1er janvier 2020. — Photo : ©Franck Morin

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