Bas-Rhin

Industrie

Le groupe Merck investit en Alsace et recrute 130 personnes

Par Charlotte Stievenard, le 03 décembre 2019

Le groupe allemand Merck investit 20 millions d’euros à Molsheim (Bas-Rhin), dans une nouvelle unité de contrôle microbiologique. 130 emplois vont être créés, mais pour le recrutement des opérateurs en salle blanche, collectivités locales, institutions et entreprise ont dû s’associer étroitement pour créer une formation spécifique.

Jean-Philippe Maurer fait visiter le site de Merck à Molsheim lors de l'inauguration du nouveau centre de microbiologie.
Jean-Philippe Maurer, directeur du site du groupe allemand Merck à Molsheim inaugure un centre d'excellence en microbiologie. — Photo : ©J. L. Stadler

Le géant allemand de la chimie et de la pharmacie Merck Millipore continue d’investir sur son site de Molsheim, en Alsace. Spécialisé en purification de l’eau et analyse en environnements cliniques, il y réalise 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel. Un investissement de 20 M€ lui a permis d’inaugurer l’extension de l’un de ses bâtiments et la création de cinq lignes de production. Elles serviront à commercialiser, dans les prochains mois, 360 produits destinés à l’analyse microbiologique des environnements stériles, dans un secteur qui, selon l’entreprise, croît de 5 à 6 % par an. Une augmentation conséquente, alors que, jusqu’ici, l’entreprise produisait sept références de la même gamme, exportée à 90 % vers l’Europe, l’Asie et l’Amérique du nord.

Une méthode de recrutement originale

Le bassin d’emploi local va également bénéficier de cet investissement d’envergure, avec la création de 130 nouveaux postes. L’entreprise, fondée en 1972 par l’américain Millipore, puis rachetée par le groupe allemand Merck en 2010 a obtenu une aide de 1,6 M€ de la région Grand Est pour l’investissement. Une cinquantaine de personnes a déjà rejoint les 1 500 employés du groupe en Alsace.

« En réalité, il a été compliqué de repérer les bons candidats », explique Jean-Philippe Maurer, le directeur du site. Dans un domaine aussi pointu que le travail en milieu stérile, « le recrutement traditionnel en passant par des plateformes, comme LinkedIn ou d’autres sites de ce type, ne fonctionne pas. » Selon lui, « il y a très peu de personnes formées au niveau scolaire pour travailler dans des salles blanches. »

Il a donc fallu créer une méthode de recrutement et de formation sur-mesure pour le groupe Merck. Pôle Emploi s’est associé à la Région Grand Est, à l’Association de développement des formations des industries de la métallurgie d’Alsace (ADEFIM) ou encore à la faculté de chimie de Strasbourg, mais aussi à l’usine école Ease. Cet établissement, nouvellement créé dans la capitale alsacienne, a pour objectif de former aux métiers de la production pharmaceutique.

« Quelqu’un qui vient de la couture ne penserait pas à postuler dans l’industrie, alors qu'il développe des compétences qui y sont transposables. »

Sous l’œil de l’Agence de développement d’Alsace (Adira), les partenaires se sont intéressés au recrutement dit « par simulation ». Selon Monique Jung Gengenwin, la directrice adjointe de l’Adira, ils ont dû prendre en compte d’autres critères que le parcours professionnel des candidats. Il a fallu les observer en situation de travail : « Il y a des postes pour lesquels il faut être attentif, minutieux et précis. Nous avions remarqué que, dans certains métiers comme la couture, on développe ce type de compétences. Mais quelqu’un qui vient de ce domaine ne penserait pas à postuler dans l’industrie... »

• Le parcours balisé des nouvelles recrues

Le géant pharmaceutique a pu compter sur des profils inattendus pour rejoindre les rangs de ses nouvelles recrues, à l’image de Lahcen Belktati, un Strasbourgeois qui souhaitait se réorienter, après des années à travailler comme agent de sécurité incendie.

Avec ses collègues, ils ont pu suivre une formation qui leur a permis d’accéder à un contrat à durée indéterminée comme opérateur chez Merck. Ils ont passé plusieurs semaines au lycée professionnel Louis-Marchal à Molsheim, puis dans l'usine-école Ease pour ensuite être intégrés en contrat professionnel pendant six mois chez Merck, en alternance avec le lycée. Selon Jean Rottner, le président de la Région Grand Est, ce programme « est une réelle opportunité pour les demandeurs d’emploi, qui peuvent ainsi accéder à l’embauche pour ce qu’ils sont et non pour les diplômes qu’ils ont ».

Un transfert de site de l'Allemagne vers l'Alsace

Ces embauches en Alsace sont le résultat d’une fermeture outre-Rhin : d’ici à début 2021, le site d’Eppelheim, dans le sud-ouest de l’Allemagne, devrait être entièrement transféré vers Molsheim. Jean-Philippe Maurer précise que « certains collaborateurs seront repositionnés sur le site de Darmstadt (en Allemagne) et d’autres sur celui de Molsheim ». Fin août 2018, le directeur des opérations expliquait déjà que ce transfert était lié « au manque de capacité d’extension » du site d’Eppelheim.

En Alsace, en revanche, le groupe Merck ne cesse de prendre de l’ampleur. L'usine de Molsheim est aujourd’hui son troisième plus grand site en terme d’employés. En début d’année 2019, Jean-Philippe Maurer a également inauguré un investissement de 10 M€ : le MLAB. Ce centre de collaboration de 4 000 m² accueille aujourd’hui ses clients d’Europe, du Moyen Orient ou d’Afrique, afin que ceux-ci y développent leurs processus industriels, sous l’œil des équipes de Merck.

Jean-Philippe Maurer fait visiter le site de Merck à Molsheim lors de l'inauguration du nouveau centre de microbiologie.
Jean-Philippe Maurer, directeur du site du groupe allemand Merck à Molsheim inaugure un centre d'excellence en microbiologie. — Photo : ©J. L. Stadler

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