Haut-Rhin

Textile

Le fabricant de masques sanitaires Barral élargit ses gammes 

Par Lucie Dupin, le 10 décembre 2021

Le fabricant alsacien de masques Barral favorise les circuits courts pour sa production et espère davantage de commandes publiques. L’élargissement de ses gammes pourrait y contribuer.

L’entreprise Barral produit une gamme complète de masques en tissu, chirurgicaux et FFP2.
L’entreprise Barral produit une gamme complète de masques en tissu, chirurgicaux et FFP2. — Photo : Lucie Dupin

Née de la crise sanitaire, l’entreprise haut-rhinoise de fabrication de masques, Barral (12 salariés ; CA prévisionnel 2021 : 4 M€), a ancré sa production dans le territoire local et mise sur les circuits courts et l’économie circulaire. Aujourd’hui, Barral élargit stratégiquement ses gammes. L’entreprise a acquis à l’automne 2021 le fonds de commerce de la PME lorraine France Cardio (CA 2020 : 3 M€) qui fabriquait notamment des masques pour enfants. Barral a ajouté à son parc machines celui de France Cardio et peut ainsi produire des masques FFP2 en plus des masques chirurgicaux et des masques grand public en tissu. "La stratégie est de fournir une gamme complète pour entrer chez les clients avec une offre large", détaille Benoît Basier, président de Barral.

Un besoin en commandes publiques

L’entreprise se dit en capacité de produire 120 à 150 millions de masques par an, "soit 5 % des besoins nationaux hors période d’épidémie" selon Benoît Basier. Elle plaide pour des commandes publiques. Malgré une commande de l’agglomération de Mulhouse passée à l’automne 2021, ces commandes des collectivités font défaut à Barral depuis le printemps 2021. La société projette un chiffre d’affaires d’environ 4 millions d’euros en 2021, divisé par près de trois par rapport à 2020.

Un exemple de relocalisation

Pour autant, l’entreprise est citée en exemple quand il s’agit pour ces collectivités d’évoquer le "produire local". La municipalité de Colmar souhaite ainsi s’en inspirer pour "relocaliser une production de la peluche alsacienne vendue sur les marchés", esquisse Nadia Hoog, adjointe au maire de Colmar déléguée à l’attractivité, au tourisme, au marketing territorial et à l’innovation.

Circuits courts

Lors de la création de Barral au printemps 2020 en pleine pandémie de Covid-19, c’est en effet tout un rouage local qui a été activé. "Pour trouver des locaux, l’Agence de développement de l’Alsace nous a mis en relation avec le dirigeant de l’équipementier automobile Mahle, au sein duquel nous occupons maintenant un des halls à Rouffach. Nous avons aussi trouvé une machine auprès du fabricant alsacien N.Schlumberger (CA 2019 : 41,1 M€). Enfin, les premières commandes publiques des départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin pour des masques en tissu ont enclenché le système", résume Benoît Basier.

Celui qui dirige la corderie Meyer Sansboeuf à Guebwiller (CA : 4,95 M€ ; 48 collaborateurs) insiste sur le caractère "local, écoconçu et recyclable" des masques Barral, avec des élastiques produits à Guebwiller, des imprimés à Gérardmer (Vosges), la coupe à Cernay ou encore l’emballage à Oberhergheim. Le chef d’entreprise l’affirme, "produire un masque en France émet 11 fois moins de gaz à effet de serre qu’un masque importé de Chine et même sept fois moins qu’en Allemagne en raison de l’électricité française décarbonée".
L’entreprise, qui a investi 3,6 millions d’euros pour développer son activité, pousse sa démarche d’économie circulaire puisqu’elle met en place un partenariat avec Réseau Cocci (CA : 10 M€ ; 35 collaborateurs). Ce distributeur de produits d’hygiène et d’entretien basé à Volgelsheim (Haut-Rhin), met à disposition des boîtes de recyclage de masques chez ses clients où sont distribués les masques Barral. Ces masques collectés sont ensuite traités par Alsatex (CA pour sa première année d’exploitation : 150 000 euros ; trois collaborateurs), une jeune société haut-rhinoise qui se charge de recycler des rebuts de productions textiles.

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