Haut-Rhin

Energie

L’après-Fessenheim sera franco-allemand

Par Lucie Dupin, le 16 avril 2018

« La fermeture de Fessenheim est irréversible », c'est le message qu'a défendu Sébastien Lecornu en visite en Alsace les 12 et 13 avril derniers. Le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique est chargé de préparer l'avenir économique du territoire de la centrale nucléaire, qui se veut transfrontalier et franco-allemand. 

Sébastien Lecornu, Secrétaire d'Etat auprès du Ministre de la transition écologique, préside le comité de pilotage de l'après Fessenheim. — Photo : Jean-Luc Stadler / Région Grand Est

Pour la deuxième fois depuis le début de l’année, Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique, a rencontré en Alsace les élus et le monde économique mobilisés autour du devenir du territoire de Fessenheim, suspendu à la fermeture de la centrale nucléaire.

Par le jeu du hasard de l’actualité, cette deuxième visite ministérielle des 12 et 13 avril derniers, prévue depuis janvier, est venue s’intercaler avec une annonce de l’Autorité de sûreté nucléaire. Le gendarme du nucléaire a en effet constaté « des difficultés » sur des soudures du réacteur du futur EPR de Flamanville (Manche).

L’ouverture de Flamanville, initialement prévue en début d’année 2019, doit ainsi être reprécisée dans un nouveau calendrier publié en mai prochain.

Une fermeture irréversible

Ce nouvel épisode normand ne perturbe pas pour autant la ligne du président du comité de pilotage de l’après-Fessenheim. Sébastien Lecornu le martèle : « La fermeture de Fessenheim est irréversible. Ne regardons pas du côté de Flamanville pour gagner du temps sur le calendrier et repousser la fermeture de Fessenheim, la réponse est non ».

Le secrétaire d’Etat estime par ailleurs que « suffisamment de temps a été perdu dans le quinquennat précédent pour qu’au moment où le gouvernement se mobilise, nous perdions encore du temps dans ce projet économique de l’après-Fessenheim ».

Un avenir transfrontalier

Les lendemains économiques du territoire de la centrale sont désormais tournés vers une solution transfrontalière. Présent aux côtés de Sébastien Lecornu, Winfried Kretschmann, ministre-président du Land du Bade-Wurtemberg, rappelle quant à lui que son Land « souhaite un arrêt rapide de la centrale nucléaire de Fessenheim. Nous sommes prêts à nous engager dans une coopération commune qui prendrait la forme d’un parc industriel transfrontalier ».

Dans cette perspective, une des priorités est de faciliter la mobilité transfrontalière et multimodale. Nathalie Loiseau, ministre des Affaires européennes, également présente à la table des discussions, annonce « le lancement d’une étude de faisabilité franco-allemande pour la reconstruction d’une liaison ferroviaire Colmar-Freiburg ».

Volets social et économique

Le travail de reclassement des 330 salariés des entreprises sous-traitantes est ouvert et suivi par le cabinet Altedia mandaté par le GIM’EST. Le gouvernement précise également le lancement, d’ici la fin de l’année, d’un appel d’offres photovoltaïque spécifique au département du Haut-Rhin pour 300 mégawatts (100 MW sur des bâtiments et 200 MW de panneaux photovoltaïques au sol).

Enfin, une société d’économie mixte intégrant la Caisse des dépôts, les collectivités et les autorités allemandes sera créée pour répondre à la gestion du foncier économique du port de Colmar et l’implantation de futures entreprises. Le prochain comité de pilotage est prévu en septembre prochain.

Sébastien Lecornu, Secrétaire d'Etat auprès du Ministre de la transition écologique, préside le comité de pilotage de l'après Fessenheim. — Photo : Jean-Luc Stadler / Région Grand Est