Strasbourg

Numérique

La start-up strasbourgeoise Schooltopia dépoussière les cours de soutien scolaire

Par Florent Godard, le 16 septembre 2022

Pour motiver les collégiens à réviser leurs leçons de maths, Schooltopia mise sur la BD numérique. La plateforme de soutien scolaire en ligne utilise également des exercices interactifs et de l’intelligence artificielle. En plein essor, la start-up prépare une nouvelle levée de fonds.

Leila Ancelin prépare sa deuxième levée de fonds pour sa start-up Schooltopia.
Leila Ancelin prépare sa deuxième levée de fonds pour sa start-up Schooltopia. — Photo : Benjamin Hincker

Comment rendre les maths sexy auprès des collégiens ? C’est le défi que la start-up strasbourgeoise Schooltopia a voulu relever, grâce à sa plateforme de soutien scolaire en ligne. Ici, les ados plongent au cœur d’une BD numérique. Plantée dans un décor de science-fiction, l’histoire met en scène un petit robot nommé Toshi, dont on suit les aventures.

Chaque épisode couvre un chapitre du programme de l’Éducation nationale. Chaque saison une année de collège. Dans le chapitre sur les fractions par exemple, Toshi doit aider une étrange pieuvre qui cuisine des pâtisseries virtuelles. L’élève devra ici s’impliquer, calculer la proportion des ingrédients d’une recette et la répartition des parts de gâteaux… Des épreuves à passer s’il veut découvrir la suite de l’histoire. En consultant les leçons si besoin. Schooltopia joue ainsi sur le plaisir d’apprendre.

"Ce côté ludique vise à booster la motivation et l’engagement des adolescents dans l’apprentissage, explique la créatrice de la start-up, Leila Ancelin. C’est important car sans ces deux leviers, vous pouvez être la meilleure prof du monde, vous ne servez pas à grand-chose". L’entrepreneure strasbourgeoise sait de quoi elle parle. Pendant dix ans, elle a exercé comme prof de sciences en donnant des cours de soutien scolaire niveau collège et lycée, ou encore des cours de maths dans une "prépa médecine".

Des ambitions en France et à l’étranger

Une vingtaine d’épisodes est déjà disponible sur la plateforme. À noter aussi l’existence d’une version adaptée aux élèves dyslexiques, affichant une police de caractères espacée et plus lisible.

Après les mathématiques, Schooltopia compte décliner progressivement son concept à la physique-chimie, à la SVT, puis à toutes les matières. Et réfléchit à un nouvel univers, de type Heroic fantasy, pour enseigner les disciplines littéraires.

Revendiquant aujourd’hui "des clients dans toute la France", Schooltopia envisage aussi de s’étendre à l’international à moyen terme. De quoi nourrir de belles ambitions. Aujourd’hui seule à bord, entourée d’une quinzaine de prestataires (profs de maths, graphistes, experts en marketing, etc.), Leila Ancelin aimerait bâtir une équipe de 50 salariés d’ici trois ans.
Son modèle économique repose sur un abonnement mensuel, trimestriel ou annuel à sa plateforme, via ordinateur ou mobile. "Mais l’offre pourrait bientôt s’adresser aussi aux écoles, en B2B, via la vente de licences en fonction du nombre d’élèves, de niveaux. Et les enseignants pourraient s’en inspirer pour construire leurs cours", ajoute Leila Ancelin.

Levée de fonds prévue fin 2022

Suivie par l’incubateur Semia, la jeune pousse prépare une nouvelle levée de fonds d’ici fin 2022, afin de financer ses projets. Sa deuxième, après un tour de table de 220 000 euros réalisé auprès de business angels de Paris et du Grand Est, en mars dernier.

Dernier chantier : l’intelligence artificielle. "Au lancement, beaucoup d’ados ont voulu discuter avec Toshi. Un chatbot a donc été créé pour qu’il réponde aux questions, un peu comme un prof particulier", raconte sa créatrice. Schooltopia s’apprête à faire de la R & D pour étoffer l’outil. En ajoutant par exemple un mode collaboratif. Objectif : résoudre les épreuves à plusieurs, en échangeant avec Toshi. Afin d’encourager notamment le travail en équipe.

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition