Bas-Rhin

Marketing

La société de marketing ITL veut doubler son activité d'asile colis

Par Charlotte Stiévenard, le 28 octobre 2020

Pour faire face à la diminution de l’activité de location de fichiers d’adresses postales, la société alsacienne de marketing direct ITL mise sur l’asile colis, qui consiste à insérer des publicités dans des colis. ITL veut ainsi se raccrocher au développement des achats par internet, notamment depuis le coronavirus.

Paul Adam, président d'ITL (Informatique Traitement de fichiers Locations)
Paul Adam, président d'ITL (Informatique Traitement de fichiers Locations) a racheté la société en 2004. — Photo : ©Charlotte Stiévenard

Pour le dirigeant d’ITL (Informatique - Traitement de fichiers Location d'adresses), Paul Adam, « l’asile colis est un cheval de Troie ». Cette entreprise d’Oberschaeffolsheim, dans le Bas-Rhin, compte neuf collaborateurs et réalise 5,6 millions d’euros de chiffre d’affaires. Elle est spécialisée dans la location de fichiers de prospection commerciale. Les entreprises achètent ces fichiers d’adresses postales triées selon leur clientèle cible afin de leur envoyer catalogues et publicités. Ce marché étant en déclin, ITL mise désormais également sur l’asile colis. Avec cette méthode, le client reçoit une publicité dans son colis commandé sur internet pour l'inciter à acheter des produits d'une autre société, cliente d'ITL.

Poussé par le boom du e-commerce

L’idée de renforcer le développement de l’asile colis, service lancé par ITL en 2015, est venue peu de temps avant la crise du coronavirus. « Ces dernières années le volume des colis a été boosté par l’e-commerce, se réjouit Paul Adam. Le confinement a également poussé les gens à se tourner vers les achats en ligne ». Dans chaque nouvelle livraison, le dirigeant voit la possibilité d’insérer une publicité. Aujourd’hui, sa société réalise 80 % de son chiffre d’affaires grâce à la location de fichiers clients et 10 % grâce aux techniques d’optimisation, de prospection et de géomarketing. De 10 % aujourd'hui, la part de l'asile colis doit passer à 20 % en 2021 pour atteindre le million d’euros de chiffre d'affaires, anticipe Paul Adam.

Il vise particulièrement les entreprises spécialisées dans les produits « made in France »pour leur complémentarité, comme une publicité pour du vin dans un colis contenant du foie gras. Le dirigeant compte ainsi développer un système d’échantillonnage : « nous pourrions insérer, par exemple, des biscuits bretons dans le colis de quelqu’un qui a commandé des chaussettes de la marque alsacienne Labonal, qui fait donc un acte citoyen en achetant français. »

Un service pour suivre l’efficacité d’une campagne

Pour Paul Adam, « l’asile colis permet de franchir tous les barrages qu’un e-mail ne peut pas franchir. » Le président d’ITL cite notamment les systèmes antispam, mais aussi les difficultés légales renforcées depuis l’arrivée du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) en 2016 : « envoyer une publicité par e-mail nécessite un accord du propriétaire de l’adresse e-mail qui est difficile à obtenir. Concernant l’adresse postale, si la personne visée ne fait pas la démarche de signaler qu’elle ne veut pas recevoir de publicité, elle donne son accord implicite ».

L’asile colis est donc un service de « drive-to-web », c’est-à-dire une action publicitaire hors-ligne qui provoque des visites sur un site internet. Pour être certain que l’impact d’une campagne soit bien calculé, ITL propose un service de « match back » qui permet de comparer les noms de ceux qui ont reçu la publicité dans leur colis avec les noms de ceux qui commandent sur le site internet. Cela permet d'être sûr qu'ils ne sont pas arrivés sur le site simplement en surfant sur un moteur de recherche. « L’asile colis est donc le lien qui permet de se raccrocher à l’évolution de l’e-commerce, sans passer par les publicités par e-mail », résume Paul Adam.

Paul Adam, président d'ITL (Informatique Traitement de fichiers Locations)
Paul Adam, président d'ITL (Informatique Traitement de fichiers Locations) a racheté la société en 2004. — Photo : ©Charlotte Stiévenard

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