Bas-Rhin

Industrie

La Fonderie de la Bruche convoite le marché des vélos électriques

Par Charlotte Stiévenard, le 24 février 2022

Spécialisée dans la fabrication de pièces en aluminium, la Fonderie de la Bruche veut s’attaquer au marché de la transition énergétique, notamment les vélos à assistance électrique. Pour cela, la société coopérative de Schirmeck, dans le Bas-Rhin, modernise ses équipements avec quatre millions d’euros d’investissement jusqu’en 2023.

Michel Straumann est à la tête de la Fonderie de la Bruche, à Schirmeck, dans le Bas-Rhin, une société coopérative depuis 1981.
Michel Straumann est à la tête de la Fonderie de la Bruche, à Schirmeck, dans le Bas-Rhin, une société coopérative depuis 1981. — Photo : Hoby & Graziella

La Fonderie de la Bruche, installée à Schirmeck, dans le Bas-Rhin, investit quatre millions d’euros dans la modernisation de ses équipements. Deux presses à injection robotisées, deux centres d’usinage à commande numérique robotisée et un système de contrôle des pièces par rayon X (tomographie) doivent être installés d’ici à 2023 dans les locaux de cette fonderie spécialisée dans la fabrication de pièces en aluminium en petites et en grandes séries.

Intelligence artificielle

"Ce programme va nous permettre de produire plus et de manière plus performante. Il va nous aider à aller chercher des développements vers de nouveaux marchés comme la transition énergique", détaille Michel Straumann, le PDG de cette société fondée en 1961 et transformée en Scop (coopérative) en 1981. Alors qu’elle a réalisé 22 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 160 salariés, dont 95 % ont des parts en tant que sociétaires, elle vise les 25 millions d’euros en 2023.

À l’heure actuelle, la Fonderie de la Bruche réalise 40 % de son chiffre d’affaires grâce à la transformation des alliages d’aluminium par injection sous pression, 40 % grâce à l’usinage et 20 % grâce à son travail d’assemblier. Ses principaux clients se trouvent dans le domaine de l’électroménager professionnel et l’automobile et poids lourds, mais elle travaille également pour des clients dans le BTP, l’électricité ou le domaine agricole.

En matière de nouveaux marchés liés à la transition énergétique, la Fonderie de la Bruche vise désormais aussi la filière du vélo et des cycles à assistance électrique. "Ce secteur faisait jusqu’ici surtout de l’assemblage, fourni par les acteurs majeurs qui produisaient les pièces en Asie. Ils ont désormais du mal à fournir ce marché en pleine croissance. La filière se relocalise. Des sociétés créent de nouveaux produits et cela crée de la demande", dévoile Michel Straumann.

La modernisation des équipements va aussi lui permettre de s’adresser au marché de l’intelligence artificielle. Le dirigeant explique que "les entreprises ont besoin de composants pour l’électronique comme des enveloppes, de la cartérisation ou des supports. L’aluminium, de par ses caractéristiques mécaniques, de conductivité et de diffusion de chaleur, est une solution".

De l’aluminium recyclé depuis toujours

Pour attirer l’attention de ces secteurs où les innovations sont nombreuses, la Fonderie de Bruche entend mettre en avant sa présence sur le sol français, un atout de plus en plus apprécié depuis la crise sanitaire : "On voit aujourd’hui des comportements d’achats où les notions de service et de proximité ont une valeur capitale. De plus, certaines évolutions nécessitent une certaine confidentialité", estime le dirigeant. Par ailleurs, la société estime avoir des qualités qui peuvent attirer ces clients adeptes du made in France et de l’économie circulaire : "Nous travaillons depuis toujours avec de l’aluminium de deuxième fusion, c’est-à-dire de l’aluminium recyclé", rappelle Michel Straumann, qui veut ainsi faire la différence avec la concurrence située en Europe de l’Est ou en Asie.

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