Mulhouse

Numérique

KM0, la maison du numérique est sur les rails

Par Lucie Dupin, le 13 février 2017

C’est l’ambassade de l’écosystème du numérique à Mulhouse et ses fondements viennent d’être signés. Le KM0 prend forme et ouvrira ses portes au printemps 2018 sur les friches industrielles de la SACM pour un investissement de 5,2 millions d'euros.

Photo : Christopher Gower - Unsplash

Mulhouse se dote d'une nouvelle "maison du numérique". Le projet du KM0, qui ouvrira ses portes au printemps 2018, est porté par cinq entrepreneurs : Gérald Cohen, Guillaume Delemazure, Michel Levy, Patrick Rein et Olivier Zeller. Ceux-ci viennent de signer les statuts de la SAS KM0 et investissent pour leur part 660 000 euros. Leurs partenaires, la Caisse des dépôts et le Crédit Agricole Alsace-Vosges notamment, contribuent à hauteur de 320 000 euros chacun. De plus, une subvention de l'Union européenne à travers le fonds Feder de l’ordre d’un million d’euros et des emprunts bancaires ont contribué à boucler le tour de table de cet investissement chiffré à 5,2 millions d’euros. La cité du numérique en devenir s’étendra sur 10 000 m² dans les locaux laissés vacants par la société Wärtsilä sur le site de l’ancienne SACM.

Passé industriel et digitalisation

Le projet est également soutenu par les collectivités locales. Ainsi, Michèle Lutz, adjointe au maire de Mulhouse et première vice-présidente de Mulhouse Alsace Agglomération (M2A) en charge du numérique, souligne que le KM0 « représente un projet phare en matière d’économie et accompagne la M2A dans l’industrie du futur, il ne s’agit pas que d’un bâtiment mais d’un lieu ouvert à la créativité et aux compétences ». Jean Rottner, maire de Mulhouse, ajoute quant à lui que « cette dynamique préfigure une ville et une agglomération qui se transforment. Ces cinq entrepreneurs venant du privé prennent des risques et le partagent. Ce projet est bien porté à l’échelle alsacienne et nous avons su dépasser la concurrence entre Colmar, Strasbourg et Mulhouse. Le KM0 s’inscrit dans un écosystème régional et illustre un des bâtiments Totem de la French Tech Alsace ». Thiébaut Zeller, représentant de la CCI, rappelle qu’à Mulhouse, « nombreux sont ceux qui parlent (de ce projet) depuis quatre ans. La première pierre vient d’être posée mais l’écosystème existe déjà. Le bâtiment est une chose, l’activité en est une autre. N’attendez-pas que les travaux du KM0 soient livrés pour faire grandir ce sillon alsacien du numérique. Le KM0 contribue à la transition numérique et à la digitalisation de nos entreprises».

10 000 m² dédiés à l’économie de demain

D’ici le printemps 2018, 10 000 m² de locaux seront réhabilités par le cabinet mulhousien d'architectes, DeA Architectes, pour accueillir l’écosystème du numérique de la région mulhousienne. Le KM0 sera composé d’un espace de formation avec la présence du CNAM Grand Est, de l’école Epitech et d’écoles du numérique. De plus, deux plateaux d’espaces de bureaux seront loués à des entreprises et des espaces modulaires d’une base de 15 m² seront dédiés aux start-up pour s’adapter à leurs besoins. Le modèle économique du KM0 reposera sur la location des espaces. « Pour le moment, nous comptons une douzaine d’entreprises pour lesquelles les cellules sont pré-attribuées un an avant la mise en service, nous réfléchissons donc déjà à un deuxième espace à réhabiliter sur le site », détaille Olivier Zeller, président de la SAS KM0. Le KM0 est à la fois un bâtiment mais aussi tout l’écosystème du numérique animé notamment par l’association E-Nov Campus qui développe un programme d’incubation spécialisé dans le digital. De plus, le bâtiment sera pourvu d’un Techlab, ou atelier mutualisé pour permettre à des start-up, des étudiants ou encore des PMI d’accéder à des outils mis en commun.

Enfin, un club des "Locomotives" constitué d'une douzaine d'ETI régionales engagées dans la digitalisation de leurs entreprises, gravite autour de l'écosystème fédéré par le KM0. « Ce club dédié à l'industrie n'a pas vocation à entrer au conseil d'administration du KM0 mais nous travaillons avec ses représentants pour connaître leurs besoins et leurs attentes en termes de transformation numérique », explique Elisabeth Lecq, chargée de développement du KM0. Socomec, groupe industriel basé à Benfled, spécialisé dans l'efficacité énergétique et la sécurité des biens et des personnes dans les infrastructures électriques, est l'un des membres de ce Club des Locomotives.Tristan Colas, directeur développement RH chez Socomec, considère que le groupe industriel « fait face à deux enjeux : celui de la transformation digitale tant dans les process internes qu'externes, il faut savoir répondre à la question « Comment produire demain ? » De plus, nous sommes un petit parmi les plus gros, notre principal concurrent est 60 fois plus gros que nous. Si nous ne sommes pas experts, nous sommes morts. Pour cela, nous devons attirer des talents et les développer en interne. Le KM0 constitue un creuset, une mise en relation entre les talents et des formations au même endroit ».

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