Gebo Cermex : Transferts de production.. : vers la France

Par Adelise Foucault, le 01 mai 2015

Gebo Cermex, fabricant de lignes de conditionnement basé à Reichstett, a décidé de transférer la production de ses sites brésilien, indien et philipppin au profit de ses usines européennes.
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Le nouveau groupe né il y a deux ans de la fusion de Gebo, spécialiste du convoyage de contenants liquides et Cermex, expert des systèmes d'encaissage et de palettisation, est aujourd'hui selon son P-dg, Marc Aury, en ordre de marche. « Tous les ingrédients sont réunis pour nous permettre de devenir le numéro un mondial de l'ingénierie des lignes de conditionnement », assure-t-il. Un objectif servi par une stratégie industrielle audacieuse, orchestrée depuis le siège du groupe - 1.800 personnes pour un chiffre d'affaires de 400 M€ - à Reichstett. Celui-ci a en effet décidé de saturer ses outils de production en Europe avant d'en ouvrir d'autres plus proches de ses nouveaux marchés. Le groupe compte 10 sites de production dans le monde, dont la moitié en France.




Transferts de production

Conséquence : la production de trois de ses sites, situés au Brésil, en Inde (ouvert en mai 2013) et aux Philippines a été arrêtée, au profit de ses usines européennes. Ils restent évidemment des bases commerciales stratégiques dans le développement à l'international du groupe, filiale de Sidel (une des trois entités avec Tetra Pak et DeLaval du suédois Tetra Laval). D'autres représentations commerciales (une quinzaine aujourd'hui) ont récemment été ouvertes, à Dubaï ou Sydney notamment. « Les marchés, les cultures et les défis locaux ne peuvent être satisfaits que par une infrastructure locale », estime Marc Aury. Pour se déployer sur de nouveaux marchés tels que l'Inde ou la Chine, le dirigeant pense en revanche qu'il est erroné de croire qu'il vaut mieux produire sur place : « Sur le papier, cela semble plus rentable. Mais si l'on a en France la capacité de concevoir et fabriquer ces équipements, cela n'a aucun sens de monter de A à Z une nouvelle supply chain là-bas. Même avec un coût de main-d'oeuvre moins élevé, le coût de la matière première restant généralement le même, cela ne fonctionne pas. Cela n'a pas de sens d'aller produire ailleurs tant que nos usines existantes, dédiées chacune à une famille de produits (ingénierie intégration et convoyage, encaissage, fardelage, pasteurisation et palettisation/dépalettisation) ne tournent pas à 100 % de leurs capacités », estime le P-dg de la société.




Performance améliorée

Depuis la fusion, un important travail a été mené en ce sens, grâce à la mise en pratique du lean manufacturing, adapté aux spécificités de Gebo Cermex, qui livre des solutions personnalisées et pas des machines standardisées. Marc Aury cite l'exemple de son usine de Lisieux (14), dédiée à la fabrication de fardeleuses, machines qui permettent d'emballer des produits sous film rétractable. « Un travail a été fait pour concevoir les équipements de façon modulaire, pour faciliter leur personnalisation et même leur transport - ils sont aujourd'hui conteneurisables afin de réduire les frais de transport - et en revoyant l'organisation des postes de travail, nous avons réduit le temps de fabrication de 20 semaines à huit semaines et diminué leur coût de fabrication, offrant à notre site normand de nouvelles perspectives », souligne-t-il. Le site de Reichstett, plus gros site de production du groupe en nombre de salariés (320 personnes dont 170 personnes pour l'usine, le reste au siège), a lui aussi fait l'objet d'une réorganisation de sa production de lignes de convoyage de packs et bouteilles (200 par an) et de cap feeders (machines alimentant la ligne de convoyage en bouchons). En travaillant là aussi sur la modularité des produits, « pour limiter les étapes de personnalisation, augmenter la cadence et gagner de la place pour développer de nouveaux produits », souligne Nicolas Cantisani, directeur industriel du site. L'augmentation des capacités du site alsacien a permis de créer depuis la fusion 50 emplois supplémentaires.




« People centrics »

La clé du succès repose avant tout pour Marc Aury sur l'Humain : « Nous déployons un management particulier dit "people centrics", incluant nos fournisseurs, pour apporter toujours plus de performances à nos clients - le groupe travaille pour les plus gros industriels mondiaux, NDLR. - et permettre à nos salariés de s'épanouir dans l'entreprise ». Le groupe a notamment effectué un travail de fond sur ses valeurs afin de réunir les salariés des deux anciennes entités autour de dénominateurs communs. Forte d'une organisation qu'elle estime aujourd'hui optimale, l'entreprise place l'année 2015 sous le signe de l'innovation. « Plusieurs produits et services nouveaux vont être lancés dans les mois à venir », annonce Pascal Louis Caillaut, vice président en charge de la communication, sans lever le voile pour le moment sur leur contenu.

Gebo Cermex



(Reichstett) P-dg : Marc Aury 1.800 salariés CA 2014 : 400 M€ 03 88 18 38 50

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