Strasbourg

Agroalimentaire

Feyel & Artzner, les ambitions d’une reprise

Par Lucie Dupin, le 06 décembre 2017

Le foie gras Feyel & Artzner sera bien présent sur les tables de fin d’année. L’entreprise de transformation de foie gras à Schiltigheim a été reprise par Claudine Roposte en juillet 2017. Sur les 100 salariés que comptait le groupe familial, 69 ont continué l’aventure sous le nom de Feyel & Artzner. Sa présidente mise sur un chiffre d’affaires de 14 millions d'euros à l’issue de la première année d’exploitation, contre une moyenne de 20 millions auparavant.

Sous différentes marques internes, les produits Feyel & Artzner sont distribués à 35 %  à l’export, à 35 % dans les circuits spécialisés et à 30 % en GMS.
Sous différentes marques internes, les produits Feyel & Artzner sont distribués à 35 % à l’export, à 35 % dans les circuits spécialisés et à 30 % en GMS. — Photo : Lucie Dupin

« A la reprise de l’entreprise en juillet dernier, l’objectif a été de redémarrer l’activité car l’usine était à l’arrêt depuis six mois. Pour réussir cette saison, dont 60 % du CA est réalisé en novembre et décembre, nous avons réduit les gammes. Nous sommes parvenus à rétablir notre portefeuille clients à 70 %. Ceux-ci nous ont fait confiance malgré notre arrivée tardive sur le marché en septembre. Le premier pari est réussi, celui d’aborder 2018 sereinement avec un outil de production en ordre de marche », explique Claudine Roposte. Pour autant, la présidente reconnaît que « celui-ci devient obsolète et nécessite un investissement (n.c). L’usine de 7.500 m², construite sur plusieurs étages, est imbriquée dans un quartier d’habitations. Sa pérennité n’est plus assurée dans cet environnement. D’ici 2020-21, nous déménagerons dans le quartier de la Vogelau à Schiltigheim sur un terrain de deux hectares dans une ancienne usine Roposte de 12 000 m² à reconditionner ».

Dynamiser l’offre

Si le foie gras reste la tête de pont des produits du groupe, Feyel & Artzner réfléchit à des gammes élargies pour dynamiser l’offre. Dès lé début d'année 2018, l’entreprise proposera des produits en conserve. « Il y a des choses à faire dans le métier de la conserve. Je souhaite m’inspirer de la conserverie de sardines la Belle-Iloise et attirer une cible étendue de consommateurs avec de nouveaux produits comme des tartinables, des snackings et des packagings repensés », détaille Claudine Roposte.

Un produit premium

Pour assurer les demandes de fin d’année, l’entreprise s’est concentrée sur les 20 % de produits qui représentent 80 % du CA, « les produits qui correspondent à une plus forte marge », souligne Patricia Houdebert, directrice marketing et communication chez Feyel & Artzner. Cette reprise d’activité s’insère dans un contexte où la filière foie gras est elle-même frappée par deux années de grippe aviaire.

« En raison d’une épidémie qui a touché la France et l’Europe, notre matière première manque de 20 à 30 % par rapport à 2016 et son prix a augmenté de 10 à 15 %. Cet épisode malheureux a un mérite, celui d’assainir le marché et de garantir une matière première de qualité en revalorisant le produit. Le foie gras va retrouver son statut d’exception », anticipe la dirigeante.

L'entreprise transformait 10 000 tonnes de produits par an, dont 350 à 400 tonnes de foie gras ; sa production va diminuer de 30 %. « Nous faisons un effort sur nos marges, tout comme les distributeurs, dont le but est d’avoir du foie gras disponible en rayons », assure Patricia Houdebert.

Sous différentes marques internes, les produits Feyel & Artzner sont distribués à 35 %  à l’export, à 35 % dans les circuits spécialisés et à 30 % en GMS.
Sous différentes marques internes, les produits Feyel & Artzner sont distribués à 35 % à l’export, à 35 % dans les circuits spécialisés et à 30 % en GMS. — Photo : Lucie Dupin

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