Strasbourg

Écologie industrielle : Un programme fédérateur pour les entreprises du port

Par Adelise Foucault, le 05 février 2016

Développement Durable Le projet d'écologie industrielle sur le Port Autonome de Strasbourg vient d'entrer dans sa troisième phase. L'enjeu : que les entreprises s'approprient la démarche et créent d'ici à la fin de l'année une structure de gouvernance pérenne.
Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

« L'enjeu de ces prochains mois ? Faire émerger une structure de gouvernance pérenne pour que les entreprises de la zone s'emparent du sujet et soient désormais moteur dans l'identification de synergies potentielles entre elles ». Bénédicte Sénèque, chargée de développement au Port Autonome de Strasbourg, résume ainsi les objectifs 2016 du programme d'écologie industrielle jusqu'alors mené par le Port Autonome et l'association Idée Alsace, avec l'appui technique du Pôle de compétitivité Énergivie et de Sofies, bureau d'études spécialisé dans les thématiques énergétiques et de matières. Celui-ci est entré dans sa troisième et dernière phase en septembre dernier. Et si une vingtaine d'entreprises ont pu bénéficier des programmes déjà mis en place, impliquer - notamment financièrement - un noyau dur sous forme de GIE pour le pérenniser n'est pourtant pas gagné d'avance...




Pérenniser la zone

Ce programme est né en 2013 de la volonté de la communauté urbaine de Strasbourg et de son Port autonome de renforcer la compétitivité de la zone portuaire strasbourgeoise. Une zone regroupant 320 entreprises et 10.000 salariés, située sur un axe urbanistique en plein développement du fait de l'extension programmée de Strasbourg jusqu'au Rhin et la ville de Kehl en Allemagne. « L'idée était d'en assurer la pérennité tout en limitant ses émissions pour faciliter la cohabitation avec ses futurs riverains, souligne Bénédicte Sénèque. Mais aussi de garantir à ses entreprises des approvisionnements plus locaux, plus sûrs et plus économiques », poursuit la jeune femme. 305.000? ont déjà été investis dans les différents projets déjà menés à bien. Un investissement partagé jusqu'ici par l'Eurométropole, le Port autonome de Strasbourg, l'Ademe, la région Alsace, le Groupement des usagers des ports de Strasbourg et quelques entreprises privées.




Diagnostic des flux « La première phase de la démarche a consisté à étudier les flux de matière et d'énergie et voir les interactions potentielles qui pourraient être générées », indique Simon Pingeon, responsable de ce programme au sein de l'association Idée Alsace, qui fédère les entreprises alsaciennes engagées dans une démarche de développement durable. Les 15 plus gros consommateurs de ressources de la zone ont été approchés et tous ont adhéré à la démarche, qui a débuté par un inventaire de leur flux pour faire émerger des synergies potentielles entre elles. Un diagnostic qui a mené à la concrétisation de deux premiers projets. « La valorisation des déchets propres (carton) et les achats mutualisés de l'énergie, sujet porteur dans le contexte de l'ouverture du marché du gaz et de l'électricité à la concurrence », détaille Simon Pingeon. Le premier sujet a permis l'écriture d'une charte signée par six entreprises, qui permet aujourd'hui de valoriser 1.000 tonnes de déchets papier par an, livrés au fabricant de cartons Blue Paper également sur la zone. Concernant le deuxième sujet, quatre entreprises ont mutualisé la mise en concurrence de leurs contrats d'électricité et gaz. « Les nouveaux contrats signés leur ont permis de générer une économie cumulée de 120.000? », indique le responsable Idée Alsace.

Plusieurs actions encore prévues cette année

D'autres actions ont été ou vont être lancées cette année. Parmi elles, un groupe de travail planche sur la mutualisation des achats de consommables et de prestation de services, un autre sur la mutualisation d'équipements de lavage et de maintenance de véhicules. « Une action proposée par Rhenus Logistics, qui vient d'investir dans de tels équipements sur son site », indique Simon Pingeon, qui évoque également un projet de valorisation énergétique des déchets bois : Soprema doit se doter cette année d'un procédé de gazification à partir de déchets bois qu'il pourra mettre à disposition d'autres entreprises du port.

Adelise Foucault

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