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Santé

Coronavirus : Biosynex relocalise une partie de sa production de tests sérologiques en France

Par Lucie Dupin, le 13 mai 2020

La medtech strasbourgeoise Biosynex annonce la relocalisation en France d'une partie de la fabrication des tests sérologiques de détection du Covid-19. D'ici septembre, 10 millions de tests doivent être produits par mois et une centaine d'embauche est programmée. 

Larry Abensur, président de la medtech Biosynex à Strasbourg.
Larry Abensur, président de la medtech Biosynex à Strasbourg. — Photo : Biosynex SA

Dans la lutte contre la propagation de l’épidémie de Covid-19, le secteur des medtech a tiré profit de la situation. À Strasbourg, la société Biosynex a su rapidement tirer son épingle du jeu en s’appuyant sur son savoir-faire et son réseau de fournisseurs mondiaux. Distributrice de dispositifs médicaux et productrice de tests de détection rapide des maladies infectieuses, l’entreprise qui emploie 180 personnes (CA 2019 : 34,2 M€) s’apprête à répondre à une commande de 4,5 millions de tests sérologiques dont un million pour la France.

Dix millions de tests sérologiques par mois

Si, au plus fort de la crise sanitaire en France et en Europe, Biosynex a fait appel à son partenaire industriel depuis une quinzaine d’années, un chinois fabricant des tests sérologiques détectant la présence d’anticorps du Covid-19, l’entreprise annonce aujourd’hui la relocalisation d’une partie de sa production en France. Alors que le continent asiatique sortait tout juste de confinement, Biosynex a distribué en Europe les premiers tests sérologiques fabriqués en Chine via ce partenariat, ainsi que des tests PCR et des unités de lecture destinés aux laboratoires privés d’analyse et aux hôpitaux. À partir du 15 mai, Biosynex lancera, sur son site d’Illkirch-Graffenstaden à côté de Strasbourg, des lignes d’assemblage de tests sérologiques. La société alsacienne a également signé un contrat de partenariat avec un industriel lyonnais « qui dispose des installations et du savoir-faire pour assembler ces produits semi-finis venant de Chine », indique Larry Abensur, PDG de Biosynex, en restant discret sur le nom de ce fabricant rhodanien. « Les demandes sont considérables et proviennent de toutes les régions du monde. Pour produire des dizaines de millions de tests sérologiques à détection rapide, le site chinois seul ne suffira pas. Nous sommes désormais trois sites capables de monter en puissance pour répondre à la demande. Ce mois-ci, nous allons produire trois à quatre millions de tests avant de passer à une moyenne de dix millions de tests par mois d’ici septembre. À cet horizon, nous espérons produire pour moitié en France et pour moitié en Chine. De plus, à cette date, les tests produits en France le seront à 100 %. Il ne s’agira plus de produits semi-assemblés ».

Création de 100 emplois

Pour ce faire, Biosynex recrute une quarantaine d’opérateurs formés en interne. D’ici septembre, une centaine d’embauches, notamment auprès d’ateliers adaptés, aura été réalisée. Dans un premier temps à titre temporaire, ces embauches seront évolutives selon les besoins liés à l’épidémie. « Pour le moment, précise Larry Abensur, les coûts de fabrication plus élevés en Europe qu’en Chine peuvent être un inconvénient. Cependant, la relocalisation évite la hausse des coûts de transport et les incertitudes quant à l’approvisionnement en temps de crise. De plus, à terme, les coûts salariaux en Chine vont augmenter ». Pour répondre aux besoins de production, Biosynex s’apprête à investir près de trois millions sur son site bas-rhinois dans un outil d’automatisation de l’assemblage des tests et dans le réaménagement de ses locaux pour ouvrir des salles à humidité contrôlées.

Les tests sérologiques à détection rapide sont commandés en France par les laboratoires d’analyses privés et les hôpitaux et à l’export en Europe pour les mêmes usages, ainsi que pour des entreprises ou des groupements de médecins urgentistes, par exemple. Les tests ont reçu le marquage CE et peuvent donc être commercialisés en Europe. Pour autant, cette technologie n’a pour le moment pas encore obtenu de reconnaissance formelle de la part de la Haute autorité de santé. Pour Larry Abensur, « il faut une réponse officielle de la place de la sérologie. Ensuite, il faudra déterminer quels sont les tests fiables et les moins fiables. Enfin, l’étape ultime sera une prise en charge du remboursement ». Les tests sérologiques de Biosynex ont été validés par les laboratoires de virologie des hôpitaux de Strasbourg et sont utilisés en première intention pour tester les personnels soignants. Ces tests ne peuvent pas encore être distribués aux pharmaciens. Dans la configuration inverse, ces tests pourraient être vendus en officine au même titre que les autotests de grossesse ou de détection du VIH, de la grippe ou encore des angines, comme c’est déjà le cas dans les réseaux de pharmaciens revendeurs des produits Biosynex.

En parallèle, Biosynex s’apprête à produire à Illkirch-Graffenstaden 100 000 tests PCR par mois, c’est-à-dire, les tests virologiques pratiqués avec un prélèvement nasopharyngé détectant la présence du virus au moment de la réalisation du test et non pas l’immunité potentiellement développée. Selon Larry Abensur, 80 % des tests sérologiques réalisés en France proviendraient actuellement de Biosynex. Une production qui a fait les affaires du cours de l’action de l’entreprise, passé de trois euros il y a trois mois à 18 euros mi-avril, au plus haut du cours. Actuellement, l’action se situe aux alentours de 11 euros. Les trois dirigeants fondateurs, Larry Abensur, Thierry Paper et Thomas Lamy restent actionnaires majoritaires de Biosynex à 60 %.

Larry Abensur, président de la medtech Biosynex à Strasbourg.
Larry Abensur, président de la medtech Biosynex à Strasbourg. — Photo : Biosynex SA

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