Strasbourg

Agroalimentaire

Cafés Reck renforce son expertise dans les capsules

Par Adelise Foucault, le 11 décembre 2018

Le torréfacteur strasbourgeois, basé au port du Rhin, vient de boucler un nouvel investissement d’1,3 million d’euros. L’accent est mis sur les capsules, un marché porteur en France où Reck se distingue en fabricant ses propres capsules, main dans la main avec les fabricants de machines à café.

Thomas Reck, dirigeant des Cafés Reck, veut maîtriser l’intégralité de la filière, « de la plante à la tasse ».
Thomas Reck, dirigeant des Cafés Reck, veut maîtriser l’intégralité de la filière, « de la plante à la tasse ». — Photo : Reck

Reck dispose aujourd’hui d’une capacité de productions de 60 millions de capsules, grâce à un nouvel investissement d’1,30 M€ réalisé cette année, portant sur un nouveau moulin, une machine à capsules et une à dosettes souples. « Nous devrions atteindre les 30 millions de capsules produites cette année », annonce son dirigeant, Thomas Riegert.

La nouvelle ligne est équipée de la technologie IML (In Mould Labelling) qui permet de fusionner l’étiquette et l’emballage durant le processus de moulage. « Elle nous permet de personnaliser les capsules en fibres synthétiques », pointe-t-il. « Tout l’enjeu est de contrôler que notre café n’est pas dénaturé. Nous proposons déjà sept variétés de capsules et bientôt neuf, dont une capsule bio et compostable, qui sera disponible d’ici à trois mois » se félicite le dirigeant.

Acteur plutôt que suiveur

Chez Cafés Reck, on ne veut pas suivre la tendance mais la créer. Véritable orfèvre du café, le leitmotiv de son dirigeant, Thomas Riegert, est de maîtriser l’intégralité de la filière, « de la plante à la tasse ». C’est pourquoi il a fait le choix de produire ses propres capsules et travaille aujourd’hui main dans la main avec les fabricants de machines pour imaginer les capsules de demain.

Cafés Reck – dont le cœur de métier est la restauration hors foyer mais qui dispose également d’une boutique en centre de Strasbourg ainsi qu’en ligne - s’est lancé fin 2015 dans la commercialisation de capsules. « Nous faisons les capsules conçues pour le système Nespresso, qui diffèrent des capsules Nespresso compatibles », insiste le dirigeant. Reck maîtrise également les quatre nouveaux formats de capsules, nouvel axe de développement de Nespresso. Il travaille actuellement sur des capsules biosourcées, biodégradables et compostables.

Entreprise collaborative et participative

« Le temps dans le portionné est plus court car il y a une grosse compétition », estime le dirigeant de Reck. D’où la nécessité de se montrer innovant et réactif. « 35 % du marché est concentré aux mains de 10 acteurs. Notre lutte en tant qu’artisan, c’est de rester dans le vrai. Les gros acteurs ont outrageusement copié les codes des artisans torréfacteurs mais les consommateurs sont de moins en moins dupes de ces stratégies marketing. Pour peser face à eux, la mutualisation de moyen est un levier puissant », estime Thomas Riegert. C’est pourquoi il a fait de Reck une entreprise collaborative et participative, ouverte aux petits torréfacteurs et aux marques souhaitant développer des moutures à leur nom.

Ces axes de développement se révèlent payants : en quatre ans, le torréfacteur a triplé ses volumes pour atteindre 900 tonnes de café à l’année.

Thomas Reck, dirigeant des Cafés Reck, veut maîtriser l’intégralité de la filière, « de la plante à la tasse ».
Thomas Reck, dirigeant des Cafés Reck, veut maîtriser l’intégralité de la filière, « de la plante à la tasse ». — Photo : Reck