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Interview Blackbird : "Nous avons mis en place un congé menstruel"

Entretien avec Jérémie Bouchet, PDG de Blackbird

Propos recueillis par Fabrice Barbian - 19 avril 2023

Depuis le début de l’année, les employées de l’agence web strasbourgeoise Blackbird bénéficient d’un congé menstruel, à raison d’un jour par mois. Pour Jérémie Bouchet, le PDG de l’entreprise alsacienne, le bien-être au travail est une priorité.

Jeremie Bouchet, PDG de Blackbird : "Les femmes qui souhaitent prendre un congé menstruel n'ont pas besoin de fournir un quelconque justificatif".
Jeremie Bouchet, PDG de Blackbird : "Les femmes qui souhaitent prendre un congé menstruel n'ont pas besoin de fournir un quelconque justificatif". — Photo : Benjamin Samson

Comment et pourquoi avoir instauré ce congé menstruel ?

C’est une brique de plus dans une approche managériale bienveillante et attentive au bien-être au travail. En fin d’année dernière, l’agence a d’ailleurs obtenu le label "Great place to work". Ce bien-être des salariés, et plus précisément encore des femmes et des hommes car les collaborateurs ne se résument pas à leurs activités professionnelles, est vraiment une priorité. En ce qui concerne plus précisément le congé menstruel, j’en ai un jour entendu parlé et ça m’a interpellé. J’en ai donc discuté avec les femmes de l’équipe (l’agence emploie 27 personnes dont 6 femmes, NDLR) et nous l’avons mis en place. Cela s’est fait très naturellement. Et je regrette même de ne pas y avoir songé plus tôt, parce qu’en tant qu’homme, je ne me rends pas compte de ce que cela peut être, mais aussi car les femmes ont appris à taire ces moments, à faire comme s’ils n’existaient pas.

Quelle est la procédure à suivre pour poser ce congé ?

Nous disposons d’une application en interne à laquelle nous avons ajouté un item spécifique. Seule notre RH en charge du bien-être, a connaissance de la demande. Les femmes qui souhaitent le prendre n’ont pas besoin de fournir un quelconque justificatif et de se rendre chez leur médecin - ce qui est déjà compliqué en soi -, il leur suffit de cliquer. Y compris le matin même, bien entendu.

Comment gérez-vous ces absences sur le plan organisationnel ?

Cela ne pose pas de difficultés particulières. L’agence a un mode de fonctionnement très agile et flexible. Chacun peut télétravailler quand il le veut, par exemple. D’ailleurs, si l’une de nos collaboratrices ne souhaite pas venir au bureau parce qu’elle se sent un peu fatiguée mais suffisamment en forme pour travailler de chez elle, elle n’a pas même besoin du congé menstruel. Elle peut dès lors télétravailler, si elle le désire.

Ce congé menstruel est-il utilisé ?

Depuis le début de l’année, à sept reprises déjà.

Est-ce, aussi, un outil au service de votre marque employeur ?

Ce n’est pas l’objectif premier mais effectivement cela participe à enrichir notre offre sociale, à attiser notre attractivité, à nous différencier. Et c’est positif, bien entendu, surtout que nous sommes en recrutement quasi-permanent, toujours en quête de talents. Nous devons refuser certains projets.

Vous avez souligné votre attachement à parfaire le bien-être au travail. Qu’avez-vous mis en place outre le congé menstruel et le télétravail ?

Tous les lundis, l’équipe se réunit obligatoirement en petits groupes. Et pendant une heure, ils font ce qu’ils veulent : discuter, jouer à des jeux de société… L’ambition est de favoriser les échanges entre collègues, de partager des choses, d’apprendre à se connaître en allant au-delà des relations professionnelles. Dans un registre différent, l’agence abrite un grand salon disponible pour travailler ou discuter ainsi qu’un espace pour faire la sieste, par exemple. Des coupes de fruits sont également disponibles…

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