Bas-Rhin

Agroalimentaire

Alsace : Tereos démarre sa production de protéines végétales

Par Rémi Boulle, le 07 mars 2017

Le groupe coopératif sucrier investit, sur son site de Marckolsheim en Alsace, dans une unité de production de protéines végétales. Tereos se positionne ainsi sur un nouveau marché en forte croissance.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Sur son site de Marckolsheim dans le Bas-Rhin, le groupe coopératif sucrier Tereos vient d'inaugurer une unité pilote de production de protéines végétales, en présence notamment de Christophe Sirugue, Secrétaire d’Etat chargé de l’Industrie. Après une phase de R&D, la phase de production et de commercialisation de son nouveau produit, un sauté végétal composé de blé et de farines végétales, qui remplace la viande, démarre.

Objectif : 40 à 50 millions d'euros de chiffre d'affaires par an

Pour commencer, Tereos ambitionne de commercialiser 24 000 portions de 100 grammes par jour, soit 8 millions de portions par an. Autrement dit, le groupe coopératif sucrier ambitionne de réaliser quatre à cinq millions d’euros de CA par an grâce à son nouveau produit, disponible par sachets de 500 grammes ou de 2 kilogrammes, destiné aux centres de restauration collective.

Pour l’instant, les premières commandes ont été enregistrées en France et en Allemagne, mais aussi dans 18 pays asiatiques, depuis le bureau de Singapour. « Nous allons continuer nos efforts de commercialisation mais aussi de R&D, de manière à adapter notre produit aux demandes de nos clients, notamment en termes de goûts, qui ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre » précise-t-on chez Tereos.

Dans une deuxième phase, si la commercialisation de ce nouveau produit a bien fonctionné, le groupe coopératif sucrier prévoit d’investir dans une nouvelle ligne de production, qui multiplierait sa capacité de production par dix. Cette ligne de production verrait également le jour sur le site de Marckolsheim en Alsace et elle s’accompagnerait de nouvelles embauches. Tereos, qui ne souhaite pas communiquer sur le montant de ses investissements, viserait alors un chiffre d'affaires de 40 à 50 millions d’euros par an.

« Les protéines végétales, une réponse aux nouveaux besoins nutritionnels de la population mondiale »

« Cet investissement démontre notre capacité à investir pour l’avenir » commente Alexis Duval, président du directoire de Tereos. « Les protéines végétales constituent une des réponses pour faire face aux nouveaux besoins nutritionnels de la population mondiale » explique-t-il. « En 2050, les besoins en protéine auront doublé en raison de l’accroissement démographique au niveau mondial » développe-t-il. « Mais les protéines animales ne pourront plus, à elles seules, satisfaire ces nouveaux besoins. »

Avec son nouveau produit, Téréos vise aussi les nombreuses personnes qui diminuent leur consommation de viande, les personnes végétariennes, ou les personnes vegan. « La consommation de protéines végétales répond à une évolution sociétale dans la façon de se nourrir » souligne aussi Alexis Duval. « Le marché pour les protéines végétales est en forte croissance » met en avant Laurent Pou, directeur de l’usine Tereos de Marckolsheim, qui regroupe par ailleurs deux amidonneries et un centre de recherche appliquée.

14 emplois dédiés à cette nouvelle activité

Présenté sous le nom de « GenVie » pendant sa phase de conception, ce nouveau produit, au procédé breveté, avait été récompensé lors du Concours mondial de l’innovation 2015.

Pour financer la construction de cette unité pilote, Tereos a reçu le soutien financier de la Banque publique d’investissement et du Commissariat général à l’investissement. Selon un consortium composé de sept acteurs français, leaders de la première transformation agricole, qui s'est engagé, aux côtés de l'Etat à faire de la France un leader mondial des protéines végétales, ce marché représente une bonne manière de valoriser des matières premières agricoles produites en France et de créer des emplois sur le long terme.« Le blé français, moins protéiné que celui d’autres pays, perd des parts de marchés. Un enjeu est de rattraper le retard » souligne Alexis Duval.

L'unité de production pilote de protéines végétales se fournit en blé, dans un rayon de 200 à 300 km, en France et en Allemagne. Elle emploie sept personnes, dont cinq en production et deux en R&D. Alors que de nouveaux recrutements sont prévus, elle devrait employer 14 personnes d’ici fin 2017.

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