

Entreprise du mois
Le groupe américain, spécialisé dans les écrous autofreinés pour l'aéronautique et l'automobile, investit quatre millions d'euros dans ses machines. Un engagement financier qui doit accompagner un marché aéronautique en plein essor.
Implantée à Saint-Cosme-en-Vairais depuis 1938, cette usine d'Alcoa, spécialiste des écrous autofreinés pour l'aéronautique et l'automobile, est l'un des plus gros employeurs du Nord Sarthe, avec 500 salariés, 60 intérimaires et une vingtaine d'apprentis. Fort des perspectives dans l'aéronautique, «+10% par an de croissance, notamment grâce à Airbus et son A320, où les fabrications sont passées de 36 à 42 appareils par mois», Alcoa investit 4millions d'euros cette année pour adapter les machines afin de permettre un passage plus rapide d'une série à l'autre. Des machines puissantes capables de fabriquer des pièces issues d'une bobine de métal, dans des petits volumes et petites séries.
172.000 pièces produites
En moyenne, 22.000 pièces pour l'aéronautique et 150.000 pour l'automobile sont fabriquées en Sarthe. «Nous devons être capables de fournir plus de pièces, c'est pourquoi nous consacrons 6% de notre chiffre d'affaires à l'investissement», explique Didier Gaillot, qui dirige la branche dédiée aux écrous autofreinés pour les avions, missiles et autres engins spatiaux.
2/3 du chiffre d'affaires dans l'aéronautique
L'usine de Sarthe réalise un chiffre d'affaires de 70millions d'euros (74millions en 2008). «Les deux tiers de notre chiffre d'affaires sont réalisés par le secteur de l'aéronautique, le tiers restant par l'automobile», reprend Didier Gaillot. Si la branche automobile a ressenti rapidement les effets de la crise de 2008, «les commandes étant à court délais», ce ne fut pas le cas pour l'aéronautique qui se prévoit sur le long terme. «Notre premier trimestre 2009 fut le meilleur.» Quant à la branche automobile, après une reprise en 2010-2011, Alcoa prévoit un ralentissement en 2012. «Nous cherchons à fabriquer le produit fini avec le moins d'opérations manuelles qui coûtent cher par rapport à la Chine et aux pays émergents.» Le site d'Alcoa à Saint-Cosme-en-Vairais, s'étend sur 27.500m² et compte 600 machines. «Il existe 4.500 références produits vendus sur l'aéronautique et 300 références dans l'automobile. Certaines pièces doivent être disponibles sur 40ans, pour les modèles d'avions par exemple.» 36 personnes travaillent à la recherche et au développement. Leur défi: «que les pièces soient toujours plus petites, plus fines plus résistantes, dans l'idée d'alléger la masse finale du produit et donc les besoins en pétrole par souci de coûts mais également de pollution». L'usine doit aussi compter avec les évolutions de prix de la matière première: le métal. «Selon le métal sélectionné, le prix peut varier de 900euros la tonne pour l'automobile à 70.000euros la tonne pour l'aéronautique.» Avec ses investissements et la bonne tenue du marché de l'aéronautique, l'usine sarthoise poursuit ses embauches. «Déjà six depuis le début de l'année.»
Recruter des apprentis
Mais le groupe est confronté, comme beaucoup, à la difficulté de recruter pour des problèmes de formations adaptées mais également de mobilité. «Pour remédier à ces deux problèmes, nous avons une politique forte d'intégration des apprentis, ainsi que des formations poussées en interne. Par ailleurs, face à la désaffection des jeunes pour nos métiers, nous participons avec l'AFPI, par le biais de notre fondation Alcoa, à la promotion des métiers de l'industrie dans le cadre d'une action "les jeunes parlent aux jeunes"», explique Pascal Ravoux, le nouveau DRH. Trouver une main-d'oeuvre adaptée pour répondre aux évolutions du marché, et rester dans la course, voilà le défi du site sarthois, afin de permettre à l'activité industrielle d'avoir toujours sa place en France.
Bérengère de Portzamparc
JDE | Édition | 6 juillet 2012


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