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lundi 21 mai 2012

L'évenement

JDE Edition

Alsace. La carte des communes les plus riches

ajouté le 3 février 2012  - 

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En rouge, les 50 communes les plus riches, en rose des 50 aux 200 communes les plus riches. (Crédit : Association de Prospective Rhénane)

Les communes de la région frontalière bâloise ressortent largement de notre classement des 50 communes abritant les ménages les plus riches d'Alsace. Dans le Bas-Rhin, c'est une bande au nord de Strasbourg qui se démarque, due au phénomène de périurbanisation.

L'Alsace est une région homogène en termes de revenu fiscal de ses habitants, et on compte autant de ménages imposables dans le Bas-Rhin que dans le Haut-Rhin (autour de 58%). Mais sur le top 50 des communes abritant les ménages les plus riches, le Haut-Rhin l'emporte avec 35 communes. La majorité d'entre elles se situent du sud de Mulhouse jusqu'à la frontière bâloise. Le phénomène des travailleurs frontaliers, attirés par le niveau de salaire élevé en Suisse, joue à plein. «Les industries chimiques et pharmaceutiques concentrent leurs chercheurs à Bâle. Mais elle reste une ville chère, où il n'y a plus de terrains disponibles. Et comme les gens préfèrent habiter à la campagne, ils viennent habiter chez nous», résume Jean-Marie Belliard, président de la communauté de communes du Pays de Sierentz. Ce phénomène d'attractivité de la région bâloise s'est affirmé depuis une douzaine d'années.

Une majorité de villages
Les communes de notre classement se distinguent aussi par leur petite taille: elles comptent moins de 3.000 foyers fiscaux. Les petits villages se caractérisent par des logements pavillonnaires et une absence de logements sociaux. «Les travailleurs frontaliers qui habitent à Sierentz et alentours appartiennent à une catégorie socioprofessionnelle qui peut se permettre de prendre sa voiture pour aller travailler», observe Jean-Marie Belliard. Les habitants de ces villages bénéficient globalement de revenus confortables et relativement homogènes (la part de ménages imposables dépasse dans la majorité des cas les 70%). «Ces zones en dehors des villes sont considérées comme des endroits agréables car on y retrouve des gens à niveaux et modes de vie identiques», estime maître Pascal Comin, avocat fiscaliste chez MCS Avocats, à Schiltigheim.

Un soutien à l'économie locale
Ces villages se sont agrandis dans les années 1980 avec le phénomène de périurbanisation. «La ville devenant trop chère, les ménages sont partis s'installer dans les zones périurbaines», explique Henri Nonn, ancien professeur de géographie et d'aménagement du territoire à l'université de Strasbourg. Les classes sociales moyennes et aisées de Strasbourg ont posé leurs valises dans le Kochersberg et dans le vignoble près de Molsheim et d'Obernai. Dans le Haut-Rhin, les travailleurs frontaliers sont venus rejoindre la bourgeoisie mulhousienne dans la région voisine de Bâle jusqu'au rebord du Sundgau. Cette attractivité a profité au développement économique de ces territoires. Qui contribue aussi à les rendre toujours plus désirables... La communauté de communes du Kochersberg compte par exemple «un gros supermarché, un important centre médical avec différents spécialistes, un collège. Presque chaque commune dispose d'un service de garde d'enfants et le tissu associatif et sportif est aussi très riche», détaille son président, Justin Vogel.

Les patrimoines les plus élevés sont dans les ville


s
Si la carte ci-dessus montre la répartition des communes qui concentrent les hauts revenus fiscaux, elle n'est en revanche pas révélatrice en ce qui concerne les plus hauts revenus. Car les habitants soumis à l'ISF se concentrent plutôt dans les grandes villes de la région. En 2010, Strasbourg figure en tête avec 2.764 personnes soumises à l'ISF, pour un patrimoine moyen de quelque 2millions d'euros. Vient ensuite Mulhouse, avec 572 personnes, pour un patrimoine moyen de plus d'1,7million d'euros.

Méthodologie

Cette enquête a été réalisée à partir des données fiscales 2010 du ministère des Finances. Le revenu fiscal est l'ensemble des revenus déclarés d'un ménage après abattement, notamment celui de 10%. En Alsace, la moyenne des revenus fiscaux déclarés était de 24.374€, l'impôt moyen de 2.144€. 58% des ménages de la région étaient imposables en 2010. 14.726 foyers avaient déclaré plus de 97.500€de revenu fiscal, soit 1,4% d'entre eux.

Julie Giorgi et Adelise Foucault

JDE | Édition | 3 février 2012

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