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Régions. Quelles sont les plus «éco-friendly»?

ajouté le 5 novembre 2015 à 11h45 - Mots clés : Régions , Conseils régionaux ,

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Régions. Quelles sont les plus «éco-friendly»?

Les régions rognent-elles sur les budgets consacrés aux entreprises ? Le point sur la question, alors que se profilent les élections régionales début décembre.

Armelle Gegaden

Quelles régions françaises ont le plus augmenté leurs budgets de développement économique ces dernières années ? Selon les chiffres de l’ARF (Association des régions de France), Nord-Pas-de-Calais et Paca sont le plus « éco-friendly » avec une hausse respective de 35 % et de 21,8 % de leur budget de développement économique entre 2009 et 2012. 

Faire des économies 
À l’opposé, deux régions observent un véritable décrochage de leurs dépenses : la Lorraine avec quasiment 23 % de chute, et la Picardie, en baisse de 31,8 %.

À la veille de la fusion des régions, les conseils régionaux font face à une équation difficile à résoudre. Si les dotations de l’État diminuent, les investissements dans les lycées ou les TER, eux, n’ont pas diminué, tandis que se poursuit la hausse du nombre de chômeurs et donc des dépenses de formation continue… Des économies s’imposent.
Mais comment faire ? Les régions rognent-elles sur les budgets de développement économique ? « Non. Nous allons chercher les économies ailleurs par exemple en mutualisant les achats », promet un cadre de l’ARF. Et les chiffres en attestent. Les dépenses consacrées au développement économique des régions en France sont passées de 2,05 milliards en 2009 à 2,04 milliards en 2012 puis à 2,1 milliards en 2014.
 
Mais si les régions maintiennent leurs investissements, c’est au prix d’un endettement qui enfle de façon inquiétante et frise désormais les 100 %. Pour l’ARF, les régions n’ont pas beaucoup de marge de manœuvre et la fusion des régions n’y fera rien pour une raison simple : les frais généraux représentent moins de 8 % des dépenses. « 92 % de notre budget est reversé à des tiers : lycées, apprentis, entreprises, ou pour financer des TER. Après la fusion, on continuera à verser les mêmes montants », explique-t-on du côté de l’ARF. Alors que la loi sur la nouvelle organisation territoriale de la République fait des régions le chef de file de la politique économique locale, les régions redoutent l’étranglement. L’Aquitain Alain Rousset, président de l’ARF, a déposé un amendement au projet de loi de finances pour que les régions se voient octroyer au moins 500millions d’euros supplémentaires à compter de 2016.

7 milliards d’économies
Dans une enquête publiée le jeudi 22octobre, la très libérale fondation Ifrap (fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques) ne voit pas les choses sous le même angle. En prenant exemple sur les régions les plus performantes, l’Ifrap évalue à près de 7milliards d’euros les économies réalisables. Et de proposer quelques solutions radicales : ouvrir à la concurrence les lignes de TER, réduire l’absentéisme, revoir l’organisation du temps de travail des agents…

Pays de la Loire. Un mammouth qu’il faut dégraisser ?

Candidat Les Républicains aux prochaines élections régionales dans les Pays de la Loire, Bruno Retailleau compte mettre fin à « la dangereuse spirale budgétaire » dans laquelle serait empêtrée la collectivité. Pour le sénateur vendéen, il est urgent de « dégraisser le mammouth régional ». « Il faut sortir de l’addiction à la dépense publique. Une région efficace, ce n’est pas une région qui dépense à tour de bras, c’est une région qui supprime l’accessoire pour se concentrer sur l’essentiel : lutter contre la crise », estime-t-il. Le candidat de la droite compte économiser 40 à 50 millions d’euros les deux premières années, le budget de la collectivité étant de 1,5 milliard d’euros en 2015. Pour cela, il veut réduire de 10 % le train de vie de la Région, en supprimant les « espaces régionaux », ces six lieux d’information sur la collectivité ouverts au grand public. Il promet aussi de fermer les bureaux que compte la Région à l’étranger, ne pas systématiquement remplacer les agents partant à la retraite et mutualiser certains personnels avec d’autres collectivités.

Ce n’est pas son concurrent, le socialiste Christophe Clergeau, mais l’actuel président de Région, également socialiste, qui a répondu à Bruno Retailleau. Pour Jacques Auxiette, qui ressort le dernier rapport de la Chambre régionale des comptes et les analyses financières de l’agence de notation Standard & Poor’s, la gestion du conseil régional est « vertueuse et rigoureuse ». Certes, la dette (1,2 milliard d’euros fin 2014) a été multipliée par trois en dix ans, mais la capacité de désendettement des Pays de la Loire demeure inférieure à la moyenne nationale (4,7 années, contre 5,4 en France). Et si les effectifs du conseil régional (3.054 agents fin 2014) augmentent, « la principale raison est bien le transfert de compétences à la Région : agents des lycées, gestion des fonds européens, inventaire du patrimoine…», assure Jacques Auxiette. Celui-ci rappelle que les Pays de la Loire sont la région française qui emploie le plus faible nombre d’agents par rapport au nombre d’habitants. Pour Jacques Auxiette, il y aurait 0,88 agent pour 1.000 habitants dans les Pays de la Loire, contre 1,21 pour 1.000 habitants en France. Dans ces conditions, pas question pour le président sortant de dégraisser le mammouth.

L’économie comme fer de lance des candidats aquitains

Quels seront les sujets économiques qui feront l’objet de clivage lors des prochaines élections régionales en Aquitaine ? Au moment d’écrire ses lignes, les candidats n’avaient pas encore dévoilé leurs programmes en matière de développement économique ou de projets d’infrastructures. Mais on ne voit pas poindre à l’horizon un dossier qui opposerait de façon frontale les deux principaux candidats, Alain Rousset et Virginie Calmels. Entre le vieux routier de la politique, qui se rêve en chef d’entreprise, et la brillante chef d’entreprise, qui rêve de lancer sa carrière politique, les différences seront à chercher dans les détails. Et surtout dans les personnalités. Le président du conseil régional d’Aquitaine et l’adjointe au maire de Bordeaux n’ont pas les mêmes parcours, pas la même approche de la politique, pas la même vision du rôle des élus. À chacun de se faire son opinion dans les prochaines semaines. Notamment en prenant connaissance de l’interview d’Alain Rousset et de Virginie Calmels, à paraître dans le prochain numéro du Journal des entreprises.

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