Analyses

M. le Président, allégez l'impôt paperasse

ajouté le 8 juin 2012  - 

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Monsieur le Président, vous avez montré lors de votre campagne une louable sollicitude à l'égard des PME qui leur va droit au coeur. Pour être taquin j'ajoute que votre attitude est d'autant plus remarquable que votre camp a plus souvent eu l'idée d'augmenter leurs charges et leurs contraintes que de les aider à se développer. Et vous parlez de croissance, ce que cherche tout chef d'entreprise. On part donc sur de bonnes bases. Or, il existe une façon simple et efficace d'aider les entreprises à être plus compétitives, c'est de leur faciliter la vie administrative. On estime l'"impôt paperasse" à environ 4% du PIB! Nos voisins européens ont réussi des réductions de charges administratives de 25%. C'est donc possible! Le précédent gouvernement s'y est attaqué, mais il reste beaucoup à faire. M.Le Président, vous avez proné la mise en place de "test PME" avant toute nouvelle loi. Très bonne idée. Je vous propose la création d'un dépôt de données annuel servant aux impôts, à l'Urssaf, aux appels d'offres, aux Douanes, aux questionnaires fiscaux et sociaux obligatoires (17 par an!), aux collectivités, etc. Les administrations iraient piocher dans cette base en fonction de leur niveau d'agrément. Et simplifiez le code du travail (3.371 pages!). À cause de cette complexité, une entreprise est en perpétuel risque juridique. Mettez les administrations au service du public, non le contraire. Demandez-leur aussi de cesser de prendre le dirigeant a priori comme un délinquant (chaque année 2.000 rejets arbitraires de comptes par les Impôts). Stabilisez le cadre juridique et fiscal de l'entreprise. Autre coût à maîtriser: les mises aux normes. Sécurité, environnement, handicap, ces questions méritent qu'on s'améliore. Mais on a déjà fait beaucoup. Plus que nos concurrents asiatiques, notamment... Laissez souffler les entreprises! Certaines diminuent leurs investissements productifs du quart ou de la moitié pour faire face à ce type d'obligations. C'est autant d'argent détourné du développement de l'entreprise, donc de l'emploi. ENTRE NOUS par Vincent Combeuil Directeur des rédactions

v.combeuil@lejournaldesentreprises.com

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