Provence-Côte-d'Azur

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JDE Edition Var 83

Mickaël Latz. Empêcheur de tourner en rond

ajouté le 9 janvier 2009  -  - Mots clés : Actualité, Rencontre, Mickael, Latz, Concept, emballage, Maire, Correns

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Mickaël Latz est le dirigeant-fondateur de l'entreprise Concept emballage depuis 2003. En2007 et2008, il a créé Concept marketing V et Wine packaging 3D, dont il assure la gérance. Il est également propriétaire du domaine viticole des Aspras et continue ainsi à exercer l'une de ses passions tous les week-ends: la vinification. Enfin, il est Maire du village de Correns depuis 1993, qu'il a engagé dans une démarche environnementale globale.

D'abord vigneron, puis également chef d'entreprises, mais aussi homme politique engagé. Mickaël Latz multiplie les casquettes, mais tous ces rôles visent une même ambition: donner du sens à ce qu'il façonne.

Vigneron de père en fils, dirigeant d'entreprises, maire de Correns et vice-président du pays de la Provence Verte, élu à la chambre d'agriculture... Mais aussi père de famille et six fois grand-père. Mickaël Latz ne manque pas d'occupations et est plutôt du genre à courir après le temps, mais il confie avoir «une capacité à travailler très vite et aussi à déléguer sa confiance aux gens qui l'entourent».

Entrepreneur insatiable
Autant de fonctions et donc de lieux qu'il fréquente au quotidien. Mais pour une rencontre, c'est son bureau brignolais au sein de l'entreprise Concept emballage, qu'il choisit. Il faut dire, que depuis 2003, année au cours de laquelle Mickaël Latz a décidé de partir à la conquête du monde viticole, il s'en sort plutôt bien. Son entreprise s'est fait un nom parmi les viticulteurs et s'est imposée comme le leader de l'emballage des vins dans le Sud-Est. Désormais, il espère que ces deux dernières nées, Concept marketing V, capable de traiter toute la communication du vigneron et Wine packaging 3D, une agence commerciale, prendront le même chemin. Mais, si Mickaël Latz a choisi de nous recevoir au sein des locaux de Concept emballage, c'est aussi parce qu'il n'est pas peu fier du bâtiment HQE qu'il a investi depuis quelques mois et qui constitue l'un des miroirs de ses convictions en matière d'environnement.

Donner du sens aux choses
Ses convictions, ce sont d'elles qu'il parle le plus facilement. Et celle qui réunit tout ce qu'il a pu entreprendre est sa volonté de donner du sens. «Le rôle d'un élu, comme d'un chef d'entreprise est de donner du sens aux choses, de monter des projets et de convaincre les gens de nous suivre», pense Mickaël Latz. Car «n'importe quelle entreprise n'est riche que des hommes et des femmes qui la composent et la font vivre». Aujourd'hui, ce leitmotiv semble lui avoir réussi. Après un diplôme d'ingénieur agronome, une première expérience professionnelle à la communauté européenne, où il pensait qu'on «pouvait expliquer le monde par des formules mathématiques», Mickaël Latz est rentré au pays, et pour y créer une entreprise de produits phytosanitaires...

L'agriculture bio comme une évidence
Certains se diront qu'il n'a pas peur des contradictions, mais Mickaël Latz, aujourd'hui maire du premier village bio de France, préfère y voir une expérience révélatrice. «A cette époque, j'ai pu constater, de l'intérieur, que les paysans, face à la puissance des firmes phytosanitaires, perdaient tout libre arbitre». C'est donc pour permettre aux agriculteurs de revenir aux fondamentaux que Mickaël Latz a choisi de faire entrer son village de Correns dans l'ère du bio et de lui offrir une renommée inattendue. Une renommée qu'il aimerait désormais voir se diffuser à l'ensemble du territoire de la Provence Verte: «Aujourd'hui, ce "pays" connaît une démographie galopante et l'économie donne l'impression d'aller bien. Mais, je pense que ça peut retomber comme un soufflé». En tant que chef d'entreprise, il sait en outre trop bien que «les dirigeants aiment savoir dans quel sens vont les élus d'un territoire». Si, lui, il a choisi de faire rayonner son entreprise depuis Brignoles, coeur de la Provence Verte, il espère convaincre d'autres entrepreneurs de le rejoindre pour «y créer de la valeur, de l'emploiet ainsi assurer la vie de ce territoire».

«Il est important de donner du sens à tout ce que l'on entreprend»


Vous avez entrepris, avec votre casquette de maire, de faire de Correns, le premier village bio de France. Pour quelles raisons?
Ma volonté, lorsque je suis devenu maire de Correns, a été de tout mettre en oeuvre pour maintenir l'activité économique du village et de faire du développement durable d'une manière concrète.
Je pense que, en entreprise comme en politique, il est important de donner du sens aux choses que l'on fait. A Correns, j'ai voulu donné du sens à un territoire, créer de la valeur sur ce territoire. En 1995, l'élément déclencheur a été la coopérative viticole. Elle était en train de mourir à petit feu. Dès 1997, nous avons donc eu l'idée d'emmener la coopérative, mais aussi tous les agriculteurs vers le bio. Nous voulions que les gens de Correns puissent y rester et y vivre. Pour cela, il fallait donc créer de la richesse. La démarche bio a redonné au village une certaine dynamique, la coopérative s'est relevée.
Comment le bio s'est-il fait petit à petit une place privilégiée?
L'agriculture de Correns est faite de parcelles morcelées de petites tailles. Pour maintenir ces exploitations, tout en accroissant la valeur de la production et ainsi éviter le départ des familles du village, l'agriculture bio est apparue comme une bonne solution. Il a fallu convaincre. Et, aujourd'hui, 95% des surfaces agricoles du village sont cultivées en bio. Et, désormais, la commune voit plus grand. Dans le cadre d'une démarche environnementale globale, nous avons souhaité, avec l'équipe municipale, encourager l'éco-construction. La mairie a été réhabilitée et agrandie selon les normes HQE (Haute qualité environnementale). Pour les particuliers qui déposent un permis de construire, des conseils dans ce domaine sont proposés gratuitement. Notre village, à travers des démarches exemplaires crée de plus en plus de valeur, mais est aussi de plus en plus connu, en France, voire même dans le monde.
Aujourd'hui, vous pensez que l'agriculture bio est un modèle viable?
Bien sûr. L'agriculture biologique est non seulement viable. Mais elle devrait également se développer de façon plus importante en Provence. Nous devons revenir à des fondamentaux que l'agronome a quelque peu oubliés au cours du XXesiècle. Ces dernières décennies, les agriculteurs ont été de plus en plus mal informés et les seules informations qu'ils reçoivent proviennent désormais des grandes entreprises phytosanitaires. C'est pour cela que j'encourage la culture bio. Mais il ne s'agit en aucun cas d'un retour en arrière. L'agriculture biologique est moderne, mais certainement pas passéiste. Je pense qu'elle est le poil à gratter qui va obliger l'autre agriculture à devenir plus intelligente et à éviter les excès.

Il aime, il n'aime pas

Il aime - La famille: «Je suis très famille et j'ai la chance d'avoir trois enfants et 6 petits-fils». - Lire: «Beaucoup de philosophie. Et "Le Monde" tous les jours. J'ai commencé à lire ce quotidien à l'âge de 12 ans: tous les jours, je lisais au moins un article et j'en faisais un résumé de quelques lignes pour mon père». - Le monde du vin: «Sa philosophie, son histoire, ses symboles. Il rapproche les hommes». - La compréhension politique des choses: «J'ai horreur de la politique politicienne. Mais la vraie politique me passionne car elle essaie de transformer le monde, de faire en sorte que l'humanité soit meilleure». - Les gens qui font preuve d'un grand esprit de synthèse: «Ces personnes, m'interpellent car ils sont capables de vous rendre intelligent à la lecture de leurs écrits». Il n'aime pas - Les gens snobs. - Le côté superficiel du monde des stars à paillettes. - «Je ne supporte pas le racisme, l'antisémitisme, toutes les formes d'intolérance. Je pense que le respect des autres est important».

Parcours


1951
Naissance au Burundi.
1974
Il obtient son diplôme d'ingénieur agronome.
Depuis 1970
Vigneron en culture bio à Correns.
1979 à 1984
Chef du service économique de la chambre d'agriculture du Var.
1984 à 2003
Création puis direction générale de Sica Racine et Gamm Vert Provence.
Depuis 1995
Maire de Correns.
2003 à 2005
Redressement de l'union des Caves de Provence.
Depuis 2003
Création et direction de Concept emballage à Brignoles.
2007
Création: Concept marketingV.
2008
Création: Wine Packaging 3D.

Hélène Lascols

JDE | Édition Var 83 | 9 janvier 2009

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