Seine-Maritime

Rencontre

JDE Edition Seine-Maritime 76

Daniel Havis. La réussite au mérite

ajouté le 9 janvier 2009  -  - Mots clés : Actualité, Rencontre, havis, matmut, portrait

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«Notre ambition, c'est d'expliquer à nos collaborateurs pourquoi cette entreprise est différente, car tournée vers les autres naturellement: c'est un gros travail de militantisme».

P-dg de la Matmut, Daniel Havis a gravi rapidement tous les échelons de la mutuelle d'assurance. Un parcours au mérite pour ce Rouennais d'adoption.

Une immense tapisserie de Michel Leconte (artiste originaire de Criquebeuf), figurant une voiture de compétition, orne l'un des murs d'entrée du siège rouennais de la Matmut, alors que de l'autre côté se propose une salle d'attente aux couleurs vives et aux meubles contemporains. Art et design, deux constantes qui se retrouvent dans l'imposant building de la mutuelle et notamment dans le bureau de Daniel Havis. Le P-dg de la Matmut dégage une certaine sérénité, avec laquelle il explique calmement la place de ses passions sur son lieu de travail: «J'aime que les choses soient dans leur contexte. Ainsi, j'affectionne le design de mon bureau car il se marie fort bien avec l'architecture de l'immeuble. Je me passionne pour l'école de peinture de Rouen, l'art déco, et même si j'aime que les choses s'associent naturellement, j'estime qu'il estpossible de mélanger les genres enrespectant l'environnement». Accroché en évidence dans son bureau, un triptyque de Michel Leconte (dont l'oeuvre est présente en nombre sur les murs du siège rouennais de la mutuelle), représentant la première Porsche engagée par la Matmut aux 24heures duMans en 2005: «Et en 2007, nous avons gagné en GT2».

La passion automobile
Baigné dans l'univers automobile dès son enfance, Daniel Havis trouve en sa femme une complice à sa passion: «Elle se rendait déjà aux 24heures duMans à l'âge de deux ans». Porschiste convaincu (il en possède plusieurs), son goût pour les voitures lui vient de son père, lui-même passionné. «On ne devient pas collectionneur du jour au lendemain, cela se fait petit à petit. J'aime les voitures récentes mais aussi les plus anciennes. J'ai ainsi conservé la voiture que mon père conduisait à notre mariage en 1975». Une passion que partagent également ses trois fils et sa fille avec lesquels il prend plaisir à rouler: «C'est un bonheur de vivre cette aventure ensemble. Mais en général, je n'aime pas les plaisirs qu'on ne peut pas partager». Prudent, Daniel Havis fait peu de vitesse: «Rouler sur circuit abîme les voitures. Et puis, je ne suis pas accro à la vitesse. Je ne cours jamais contre mes fils qui ont une conduite plus sportive. Je roule en gentleman driver».

Rester fidèle aux idées fondatrices
«L'homme est au centre des préoccupations de la Matmut, c'est intangible». Pour Daniel Havis, depuis son accession à la tête de l'entreprise en 1994 comme P-dg, l'essentiel de son travail consiste à permettre aux valeurs fondatrices de la mutuelle de perdurer, soit: «Apporter de l'assurance de qualité au plus grand nombre dans un format clair et précis et donner le meilleur rapport qualité-prix». Et il peut se targuer d'avoir marqué de son empreinte l'histoire de la mutuelle rouennaise, puisqu'en quinze ans la Matmut a triplé ses fonds propres, doublé les effectifs et doublé le nombre d'assurés. «Pour cela nous avons restructuré et diversifié la gamme de produits. Mais rien de tout cela n'a de sens si ce n'est pas remis dans la perspective de départ».

Un parcours au mérite
«Je ne suis pas un cas isolé dans la maison, loin s'en faut!». De fait, nombreux sont les collaborateurs de la Matmut à réaliser leur carrière en interne; des évolutions encouragées par le mode de gestion du personnel de la mutuelle. De là à devenir P-dg de l'entreprise en quatorze ans, il y a tout de même de l'exception dans l'air. C'est en 1980 que Daniel Havis fait ses premiers pas comme employé de la mutuelle normande, après un parcours en Droit. Issu d'une famille bourgeoise de Montauban, où il naît le 31décembre 1955, Daniel Havis aurait pu se contenter de suivre le parcours familial emprunté par son grand-père, son père et son frère, tous médecins. S'il fait bien une tentative à la Fac de médecine, celle-ci n'est pas concluante: «En fait, j'étais peu en cours...». L'entrée à la Matmut se fait par hasard: «J'ai ainsi démarré comme simple employé d'assurances». Tout va alors très vite. Dès 1983, le P-dg et fondateur de la Matmut, Paul Bennetot, cherche un jeune pour aller travailler à la direction de l'Union des mutuelles de Seine-Maritime et jette son dévolu sur Daniel Havis. 1986, le directeur général prend sa retraite et Daniel Havis lui succède. En 1993, il est nommé président de la mutuelle et en 1994, il devient P-dg à 37 ans. «C'est un parcours dû à la conjonction du travail, de la chance, et de l'entente des hommes. Bien sûr, il y a aussi beaucoup de travail».

«Contribuer au développement d'innovations est passionnant»

Homme de conviction, Daniel Havis s'enthousiasme pour les développements rendus possibles grâce aux recherches menées par la Mutualité santé.
Qu'est-ce que la

Mutualité santé?
C'est ce que l'on appelle les services ambulatoires mutualistes. En fait, une spécificité française est une chance extraordinaire pour notre système de soins. La Mutualité santé, c'est la capacité à avoir un laboratoire grandeur nature géré par les mutualistes et qui permet de vérifier la généralité des théories. C'est quelque chose d'enthousiasmant. Il faut savoir par exemple que le tiers payant pharmaceutique s'est développé à partir de notre département dans les années 70 et a fait l'objet d'un combat entre pharmaciens traditionnels et mutualistes. Ces derniers ayant démontré la faisabilité technique et économique de cette modalité. Ce qui permet à chacun d'en bénéficier aujourd'hui! C'est un élément qui a fortement marqué mon parcours professionnel car lorsque vous contribuez à la construction de compléments d'offres ou de mécanismes un peu avant-gardistes, le travail devient alors passionnant.

Quelle est votre motivation dans ce domaine?
C'est d'essayer de mettre réellement en pratique les théories sociales, de les valider économiquement. Des mécanismes qui n'ont pas de sens s'ils sont subventionnés. Ce qu'il faut, c'est démontrer qu'ils peuvent exister dans un contexte d'équilibre économique. Mais cette action de la mutualité au niveau local doit se faire par le partenariat avec les collectivités et un dialogue constructif avec les professionnels de santé.
Vous en faites presque une affaire personnelle
... Faire avancer les choses, ne fusse que d'un peu, mais dans le bon sens et dans une période ou les difficultés sont grandes représente une vraie motivation. Il me semble que cet engagement mutualiste autour du défi de la personne humaine et de la santé est important: C'est un de mes moteurs privés. Plus que d'autres engagements, celui-ci est politique dans le bon sens du terme. Il ne nécessite aucune carte et correspond à une volonté de faire en sorte que les droits de chacun puissent s'exercer dans la dignité. C'est le creuset dans laquelle la Matmut a trouvé ses bases. Un terreau d'efficacité, une volonté de faire avancer les choses, sans exclusive mais en démontrant que ce que nous faisons est juste. La capacité à démontrer que nos thèses sont exactes et à aller plus loin pour le bien-être de tous: C'est un engagement qui permet à un chef d'entreprise de trouver son cap et du sens pour toute son action.
Quelle place tient la formation dans votre démarche?
Chez nous, il y a beaucoup de possibilités d'évolution car l'entreprise joue le jeu de la progression du salarié. Si la personne n'est pas trop pressée, elle peut faire carrière. C'est une culture d'entreprise: on recrute des jeunes qui sortent de fac pour un premier emploi et qui cherchent une entreprise dans laquelle il peut y avoir un projet personnel et aussi professionnel. C'est important de former, mais le plus important c'est de convaincre de la réalité des engagements de l'entreprise.

Parcours


1955 Naissance le 31décembre à Montauban (Département du Tarn et Garonne).
1976 Mariage et début des études de Droit des assurances.


1980 Entrée à la Matmut comme employé d'assurances, puis rédacteur contentieux.
1983 Entrée à la Mutualité Française de Seine-Maritime.
1993 Nommé le 12juin président de la Matmut.
1994 Nommé Président directeur général de la Matmut.
2004 Devient président du Groupement des entreprises mutuelles d'assurance (GEMA).
2006 Vice-président de la Fédération nationale de la Mutualité Française.
2007 Président fondateur de l'Association française de l'assurance (AFA).

Il aime - Les gens sincères et loyaux. Les rapports francs et établis. - Les chats: «C'est un animal merveilleux et intelligent, qui comprend et n'impose pas. Il sait se faire respecter et respecte ceux qui l'entourent. Je ne m'imagine pas vivre sans chats». Il n'aime pas - Les «entourloupes». Perdre son temps.

Sébastien Colle

JDE | Édition Seine-Maritime 76 | 9 janvier 2009

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