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jeudi 2 septembre 2010

Fait du mois

JDE Edition Sarthe 72

Stratégie. Les réseaux sociaux sont aussi des outils marketing

ajouté le 8 janvier 2010  - 

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Pierre Rochouane, dirigeant fondateur de Medialibs.

Pour leurs utilisateurs, les réseaux sociaux ne sont en aucun cas des outils miracles. Mais en respectant les codes du net, intégrés au sein d'une stratégie, ils peuvent être des vrais pourvoyeurs de notoriété.

À la question peut-on faire des affaires avec les réseaux sociaux, Pierre Rochouane, P-dg de Medialibs à Sant-Florent-Le-Vieil, éditeur de logiciels ayant sa propre communauté (cf page3), a une réponse mitigée: «Oui à condition...». Avant d'expliciter ses propos sous forme de parabole: «On a l'impression d'un immense ensemble de ruches dans lequel on peut s'insérer facilement. Mais ce n'est pas pour cela qu'on aura des abeilles. Les réseaux sociaux, ce sont avant tout des outils de communication.» À moindre coût. Adrien Poggett, d'Ozibao, en a fait l'expérience. Un journaliste de Canal+a porté l'un de ses tee-shirts de foot vintage. Capturé, l'extrait a été diffusé sur Youtube. «Ou comment s'offrir trois minutes de publicité pour le prix d'un tee-shirt!», résume l'entrepreneur nantais.

Prime au marketing viral
«Ce qui compte, c'est le fond, la cible, le temps consacré. Tout cela doit s'inclure dans une stratégie. On ne peut pas y déroger. On doit apporter un plus, une différence», abonde Pierre Rochouane. Création de blog, annonce d'un événement sur les sites communautaires, diffusion d'un lipdub (clip de promotion) sur les sites de partage, des outils existent pour se faire connaître, améliorer son image ou affiner son positionnement marché. À condition d'avoir l'idée, l'originalité, le réseau pour relayer, pour créer le fameux ?buzz?. Car c'est le gratuit qui fonctionne sur la toile, d'où la notion émergente de marketing viral ou bouche à oreille. Collaboratif, le web 2.0 permet à une entreprise de mener une action auprès d'un public ciblé, en utilisant les consommateurs. Le but est de faire circuler l'information à leur réseau de connaissances. Apple en est l'exemple même, avec un sentiment de forte appartenance de la part des usagers de la marque. Le marketing viral présente trois avantages principaux: un coût bien plus faible que celui du marketing direct; un message publicitaire rapidement propagé; enfin, une connotation positive liée à sa prescription par le biais d'une connaissance. Le net rejette la prospection commerciale pure: arriver sur les réseaux sociaux, les forums ou les communautés de consommateurs pour vendre son produit est le meilleur moyen de se faire rejeter. Il faut le faire de façon subjective. Ou clairement dissocié, mais en tout cas associé aux outils habituels. «Il y a une vraie cohérence entre tous les outils. Et ce n'est pas réservé qu'aux grands groupes; les PME régionales peuvent clairement les utiliser», pense Lidia Bouthagane, consultante en marketing client. Bodet, spécialiste des instruments de mesure du temps, a par exemple a créé un site dédié à la vente en ligne de ses petits matériels comme la Timebox. Il est référencé sur Google par le biais des ad words, ces petites vignettes sur le côté de la page qui apparaissent avec l'apparition d'un mot-clé. «Le budget est supérieur à 10.000€ mais ça reste raisonnable. C'est un site test qui marche bien. Dès 2010, on devrait vendre ne ligne sur Bodet.com», explique Yann Thibaud, responsable Internet.

Traffic et community manager. Ils scrutent la toile pour leur entreprise

Avec l'émergence des réseaux sociaux, les services Internet des entreprises se sont renforcés. De nouveaux métiers apparaissent avec comme objectif d'être en veille perpétuelle.


Ils ont parfois leur propre jargon, travaillent souvent avec deux écrans d'ordinateurs, et sont en permanence connectés au net. Ils, ce sont les ?traffic manager? ou ?community manager?. Comprenez les gestionnaires de traffic ou de communautés.

Faire parler
Leur rôle, c'est de développer la connaissance de l'entreprise ou de la marque au sein des différents sites communautaires. Leur rôle est de «parler» et surtout «de faire parler» au maximum de la marque, d'augmenter le nombre de liens et de sujets relatifs à la marque. «Les réseaux sociaux, on les utilise pour la veille concurrentielle, pour la prospection de clients, la notoriété, la fidélisation des visiteurs, le partenariat et le recrutement au travers de profils en ligne», témoigne Florian Vincent-Pelligry, community manager de Ma Plage.fr, l'office e-tourisme de bord de mer. Le business model de la société nantaise se construit sur la toile. Maplage.fr possède donc un blog, un compte Twitter, une page Facebook, etc. Le retour sur investissement est difficile à évaluer reconnaît Florian Vincent-Pelligry. Il met pour sa part en avant «la veille participative, le réseautage, la proximité renforcée ave les internautes et une notoriété en constante hausse».

Attaquer des annuaires de référence
Une étude Nielsen Netrating montre qu'en France plus de 23millions d'internautes passent 2h30 par mois sur les sites communautaires ou blogs. Ainsi, 10% du temps passé sur le web est consacré aux médias et réseaux sociaux. La gestion du temps, c'est le coeur du métier de Bodet. Le groupe basé à Trémentines n'a pas encore franchi complètement le pas des réseaux sociaux. L'industriel a néanmoins déjà mis un pied dans la communauté avec l'instauration du site barometrerh.com, en partenariat avec l'Essca, destiné aux DRH avec des enquêtes, des sondages, des quizz mais sans forum. «Les réseaux sociaux ne sont pas un axe de développement car c'est plus compliqué de cibler les clients B to B.L'intérêt serait pour nous de travailler la notoriété et la prospection. Jusque-là neuf de nos sites, dans des langues différentes, génèrent déjà de nombreux contacts», explique Yann Thibaud, responsable internet chez Bodet. L'entreprise a plutôt choisi d'attaquer des annuaires de références dans ses secteurs d'activité (Companeo) de créer des fiches produits sur des sites spécialisés dans l'industrie ou le bâtiment, renvoyant l'internaute sur le site Bodet. Du coup, le traffic manager se concentre davantage sur le référencement de sites sur les moteurs de recherche et sur l'analyse du parcours du visiteur. Le but est de vendre sans forcer. Par incitation. Comme une bonne pratique du net.

Communauté en ligne. Dans les gènesde l'éditeur Medialibs

Pierre Rochouane, dirigeant fondateur de Medialibs.

Medialibs éditeur de solutions pour la réalisation de sites web. La société a développé sa propre communauté rassemblant des professionnels utilisateurs de ses produits. Le but: participer à l'amélioration de ces derniers.


Créée en 2005, Medialibs conçoit des logiciels à destination des professionnels de la communication, réalisant de la création et de la gestion de sites internet (agence Web, agence de communication, studio de conception graphique...). Après quatre ans d'activité, la PME (14 salariés; 581.250 € de CA) rayonne en France et même au Canada avec MedialibsInc en attendant une possible arrivée aux États-Unis. Avec son logiciel phare, webo-factory, Medialibs offre à ses clients une structure de site Web adaptée au besoin de leur client. Flexibilité, innovation, retours d'expériences et SAV constituent donc le quotidien de l'éditeur afin de proposer des produits toujours plus en lien avec les demandes. Pour les prendre en compte, Medialibs a créé sa propre communauté. «C'est ancré dans nos gènes. Dès le départ, en 2005, nous nous sommes présentés comme un laboratoire de recherche mutualisé pour les agences de communication et les web agency. On a dès le début mis nos moyens en commun», indique Pierre Rochouane, le P-dg fondateur.

Participation à l'élaboration des produits
Concrètement, divisé en trois parties (institutionnelle, technique et communautaire), le site offre la possibilité aux professionnels utilisateurs une interaction avec les développeurs. Cette plateforme B to B en ligne est privée (login), réservée aux professionnels inscrits et ayant suivi une formation de 4 jours. À ce jour, Medialibs recense 250 entreprises, et environ quatre utilisateurs par entreprises. «Le forum n'est pas uniquement bilatéral. Chacun peut prendre sa place. Pour participer aux évolutions sur différentes thématiques exprimer ses souhaits d'évolution, défendre ou commenter. Pour chaque idée, la communauté peut voter. Tous les 15 jours, on fait un tri dans les idées et on voit si elles peuvent participer à la planification pour la version d'un logiciel». Présente sur Twitter, la société ne l'est pas sur Facebook par exemple, jugé trop éloignée de la cible. Par le biais de sa propre communauté, Medialibs parvient à faire des affaires en favorisant la perspicacité des interlocuteurs communs et l'efficacité des échanges. C'est également une parade aux éventuelles critiques, avis, messages et à l'espionnage de concurrents. «Mais c'est le jeu. Il faut aussi accepter d'être exposé. Mieux vaut laisser des critiques plutôt que les censurer», témoigne Pierre Rochouane.

Adrien Poggetti. «Les réseaux sociaux sont de véritables vecteurs de communication»

Adrien Poggetti, fondateur d'Ozibao.com et membre de l'association Atlantic 2.0.

Membre de l'association Atlantic 2.0 visant à dynamiser les acteurs de l'innovation et de la création numérique sur la région nantaise, Adrien Poggetti est également le fondateur du site Ozibao.com qui a développé sa notoriété à travers les médias sociaux.


Après deux années d'expérience dans le secteur du marketing bancaire à Paris, Adrien Poggetti, diplômé d'Audencia Nantes et passionné de sport et d'Internet, décide de créer Ozibao.com en avril2008, un site de commerce en ligne spécialisé dans les T-shirts et les maillots vintage. «L'idée est de parler de sport de façon originale et non uniquement des produits. En apportant une valeur ajoutée, en l'occurrence une information qui va intéresser le supporter de base, on crée un lieu de sympathie et d'échange. Cela permet de communiquer avec ses clients et d'apprendre à les connaîtreen prenant en considération leurs remarques.»

«Contrôler ce que l'on dit de vous»
Pour Adrien Poggetti, «les réseaux sociaux sont de véritables vecteurs de communication. Ils ont complètement changé l'approche du marketing en général et font suite à l'ère de la communication descendante qui ne laissait que peu de place au dialogue. Je pense qu'il peut être aujourd'hui dangereux pour une marque de ne pas être présente sur Internet, ou du moins de ne pas contrôler ce que l'on dit de vous». Pour le chef d'entreprise, ces réseaux représentent également la façon la plus simple de se faire connaître en permettant de fédérer une communauté autour d'une marque. Pour preuve, le profil Facebook d'Ozibao regroupe près de 1.300 personnes, «un moyen de fidéliser ses clients sans investissement financier». Et pour ce qui est de communiquer à moindre coût en utilisant les réseaux sociaux, le spécialiste de la toile sait de quoi il parle. Via Facebook, un journaliste de Canal+a récemment repéré les T-shirts d'Ozibao. L'équipe n'hésita pas à lui en envoyer un qu'il porta lors d'une émission sur Canal+. «Ou comment s'offrir trois minutes de publicité sur Canal+pour le prix d'un T-Shirt envoyé! Pour une petite structure comme la nôtre, c'est assez remarquable.»

Réseaux pro sur internet. «C'est la foire commerciale !»

«Le réseau en ligne est un accélérateur de rencontres professionnelles. On s'inscrit dans une réalité de marché», se défend Olivier Fécherolle, Dg France de Viadeo.

Si on peut étendre son cercle de relations professionnelles sur le net, certains adhérents reprochent aux sites dédiés leur manque d'interactivité et l'utilisation commerciale qui en est faite.


Victime de leur succès les réseaux professionnels? C'est en tout cas l'avis de cet entrepreneur angevin. Bien impliqué dans les clubs d'entreprise traditionnels. «Je déchante un peu aujourd'hui. Je me suis inscrit en 2004. Ce fut un vrai succès. Aujourd'hui, je reçois tous les jours des demandes d'ajout, de consultants, d'assureurs, de coachs, etc. C'est la foire commerciale permanente!» En France, le plus connu de ces réseaux sociaux professionnels s'appelle Viadeo. Le groupe, qui emploie environ 200 personnes, vient de racheter Unyk, site canadien de contacts. Le réseau compte aujourd'hui 25millions de membres, dont 3millions dans l'Hexagone. Olivier Fécherolle, son directeur général France, se défend des accusations. «Le volume est un atout, mais ça n'exclut pas les conversations privées. Nos membres disposent aujourd'hui des outils pour protéger leur réseau et le restreindre. Il ne faut pas hésiter à bloquer quelqu'un qui a des sollicitations commerciales qui dérangent.» Pour les utilisateurs actifs, Viadeo ou LinkedIn offrent une diversité de contacts faciles d'accès. L'aspect «piston» serait moins présent. «Oui car on peut sauter la barrière de la secrétaire, mais c'est très chronophage. Rien ne remplace la rencontre réellecar les échanges ne sont pas très qualifiés», ajoute ce membre angevin. «Le réseau en ligne est un accélérateur. On s'inscrit dans une réalité de marché. On n'a rien inventé. Plus de 200 clubs business ont été créés sur Viadeo par les membres eux-mêmes. Ce sont eux qui font la sélection.» Mais c'est Viadeo qui en récupère aussi la notoriété.

JDE | Édition Sarthe 72 | 8 janvier 2010

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