

A l'affiche
ajouté le 3 juillet 2009 - - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois, Titre GFL
Basée à Yvré-l'Evêque depuis 1986, la Générale Française de Literie a régulièrement innové pour faire face à la concurrence. L'entreprise a aujourd'hui sa place sur le podium des fabricants français de literie.
Delphine Talvat
Depuis plus de 20 ans, la Générale Française de Literie (anciennement les établissements Bony) fait partie du paysage yvréen. Sur un terrain de 25.000m², l'entreprise spécialisée dans la fabrication et la vente de sommiers et de matelas, dispose de 7.500m² de locaux couverts répartis entre 4 bâtiments. Créée en 1986, GFL rachète les établissements Bony installés sur ce même site depuis 1960 et liquidés en 1985.Petit à petit, l'entreprise externalise la fabrication des matières premières et se consacre à la conception et à l'assemblage des produits. Aujourd'hui, le tissu et le latex sont achetés en Belgique, les ressorts en Espagne, le bois en France et en Ukraine.
15.000 produits par an
Depuis sa création, la Générale Française de Literie a toujours cherché à innover. Déjà à la fin des années 80, l'entreprise créait l'événement dans l'univers de la literie en fabriquant des sommiers électriques «têtes et pieds relevables» (TPR). Si le concept est aujourd'hui généralisé, GFL en reste l'un des principaux fabricants au niveau national avec une véritable expertise en la matière et une production de 15.000 produits par an. Un chiffre qui lui permet de représenter 15% des parts du marché national. Quelques années plus tard, en 1994, l'entreprise développe un concept novateur de matelas à double niveau de confort en fonction de la taille et du poids du consommateur. «C'est ce que l'on appelle la mesure industrielle, souligne Michel Crépin, directeur général. Nous avons développé ce produit en collaboration avec le centre technique du bois et de l'ameublement (CTBA). Avec lui, nous faisons régulièrement des études d'ergonomie et de qualité».
Belle Literie
C'est aussi ce même organisme qui se charge de tester la qualité des produits finis et des matières dans le cadre de l'utilisation de la marque «Belle Literie», octroyée par le syndicat français de la literie. «C'est un gage de qualité, relativement difficile à obtenir aujourd'hui, qui nous permet de gommer l'absence de marque connue du grand public». Sur 6millions d'euros de chiffre d'affaires réalisés par GFL, un tiers est attribué à la vente directe aux particuliers. Et ce, par le biais de deux créneaux: le magasin situé au sein du site d'Yvré-l'Evêque et les deux sites de vente en ligne qui appartiennent à l'entreprise et ne commercialisent que des produits GFL.
Un marché très concentré
Être le seul fabricant à vendre en direct aux particuliers, c'est principalement ce qui fait la force de l'entreprise par rapport à ses concurrents (cf. interview). «Nous avons trois principaux concurrents avec lesquels nous nous partageons 80% du marché, précise le directeur: le groupe Cofel (Bultex, Epeda, Merinos), le groupe Cauval (Simmons, Dunlopillo, Tréca) et l'entreprise suédoise Hilding Anders qui possède les deux marques françaises André Renault et Wifor». Aux particuliers s'ajoutent deux types de clientèle: les VPCistes comme la Redoute ou Maison de Valérieet les grandes marques comme Dunlop, Tréca, Simmonsetc. pour lesquels GFL fabrique des sommiers électriques. Malgré une histoire mouvementée: dépôt de bilan en 1998, rachat par le groupe Cauval en 2002 puis par le groupe Sabbe en juillet2008, GFL maintient le cap. L'équipe dirigeante reste inchangée depuis 1992 et peut compter sur l'ancienneté, donc le savoir-faire de la plupart des salariés. «Ce qui ne nous empêche pas d'embaucher des jeunes pour les former, au contraire».
Vous évoluez dans un marché très concentré, quels sont les points forts de GFL?
Nous sommes les seuls à fabriquer et à vendre en direct aux particuliers parmi nos principaux concurrents. Ces derniers ne peuvent donc posséder de sites de vente en ligne en raison de la concurrence que cela engendrerait avec les acteurs de la distribution traditionnelle... qui ne sont autres que leurs propres clients. C'est l'un de nos points forts même si je ne doute pas que nos concurrents feront de même à un moment ou un autre. Nous cherchons par ailleurs à nous différencier, en termes de produits mais également dans la manière de les distribuer et dans le service proposé au consommateur: livraison par le biais d'internet, conseils des télévendeurs qui ont été auparavant formés en production, etc. Aujourd'hui, il faut être sur des marchés de niche et se différencier si l'on veut continuer à survivre.
Connaissez-vous des difficultés au regard du contexte économique actuel?
Jusqu'à fin avril, GFL connaissait une croissance à deux chiffres. Mais depuis cette date, l'activité est étale. Je ne suis pas inquiet en termes de survie de l'entreprise, mais j'attends la rentrée de septembre qui sera, je pense, décisive. Beaucoup d'entreprises sont aujourd'hui en train d'épuiser leur réserve de trésorerie et n'auront que peu, voire aucune rentrée en août. S'il n'y a pas d'embellie à la rentrée, je crains que la crise ne dure un bon moment. Si aujourd'hui nous ne perdons pas encore de clients, il est clair que nous dépendons d'eux. Nous compensons pour le moment le ralentissement qu'ils connaissent par nos méthodes de distribution. Mais si la consommation ralentit très fortement, il n'y a bien entendu aucune raison pour que GFL ne soit pas touchée...
Quels sont vos projets à court et moyen termes?
Nous prévoyons de déménager dans un avenir proche en fonction des opportunités et des coûts que cela engendre. Nos locaux ne sont en effet plus adaptés en termes de fonctionnalité avec ces 4 bâtiments différents. Nous avions émis la possibilité d'effectuer un regroupement au sein du groupe Sabbe dans la région d'Orléans. Mais cela ne semble pas souhaitable car le savoir-faire et les salariés sont ici. Ce projet de déménagement est par ailleurs lié au contexte, à savoir si nous décidons ou non de prendre le risque. Quoi qu'il en soit, la décision sera arrêtée avant la fin de l'année. Concernant les autres projets, oui nous en avons toujours! Mais il serait prématuré d'en parler. Nous avons déjà fait beaucoup de choses ces dernières années et il est préférable d'avancer par étape.
Michel Crépin. Après avoir été directeur de la logistique chez Bordeaux Chesnel pendant 5 ans, Michel Crépin est arrivé à la tête de GFL en 1986. À 59 ans, le directeur général vient par ailleurs de céder sa place au Medef Sarthe, après en avoir assuré la présidence de 2003 à 2008. Françoise Falhun. Après un parcours dans la gestion à Paris et en région parisienne, Françoise Falhun est arrivée chez GFL en 1992. À 44 ans, elle assure les fonctions de directrice administratif et financier. Pascal Vaugarny. Arrivé lui aussi en 1992 chez GFL en tant que menuisier, Pascal Vaugarny deviendra commercial avant d'être nommé directeur de production en 2000. Poste qu'il occupe toujours aujourd'hui, à 38 ans.
1986
Création de Générale Française de Literie et reprise des établissements Bony, installés à Yvré-l'Evêque depuis 1960
1990
Mise sur le marché des premiers sommiers électriques
1994
Sortie de Vitaform (matelas avec densité sur-mesure)
1996
Création du site maliterie.com
1998
Dépôt de bilan suite à un impayé à l'export
2002
Cession de Générale Française de Literie au groupe Cauval
2007
Création de lit-electrique.com
2008
Sortie du plan d'apurement et cession de GFL par le groupe Cauval au groupe Sabbe
- Dirigeants: Michel Laconte (président du conseil d'administration et directeur général), Michel Crépin (directeur général délégué) - Générale Française de Literie appartient depuis l'année dernière au groupe Sabbe - Effectif: 28 salariés - Chiffre d'affaires 2008: 6millions d'€ - Production annuelle moyenne: 15.000 sommiers électriques, 10.000 sommiers fixes et 20.000 matelas - Contact: Générale Française de Literie Le Bord'Eau - 72530 Yvré-l'Evêque Tél.: 02.43.74.01.01. www.maliterie.com, lit-electrique.com
JDE | Édition Sarthe 72 | 3 juillet 2009

