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ajouté le 5 juin 2009 - - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois, Cochet
La société Cochet, située depuis toujours dans le nord-Sarthe, à Sougé-le-Ganelon, conçoit, fabrique et commercialise des matériels destinés aux agriculteurs et à l'entretien des espaces verts. L'entreprise, qui dépose tous les ans plusieurs brevets, a mis l'innovation au coeur de sa réussite.
Bérengère de Portzamparc
La forge de l'arrière-grand-père de Ludovic Cochet, où la saga familiale a démarré en 1949, fait face aujourd'hui aux bâtiments de 8.000m² de l'entreprise de matériels agricoles, qui ne cesse de «pousser les murs». L'essor de l'entreprise familiale démarre avec le grand-père Louis, maréchal-ferrant comme son père mais aussi «inventeur de génie» qui imagine les premières machines agricoles pour le travail du sol comme les arracheuses ou les planteuses de pommes de terre. Louis Cochet meurt subitement dans un accident de voiture en 1973 et c'est son fils, Jean-Louis, dessinateur industriel à Paris, qui reprend l'entreprise à 26 ans.
Un fort potentiel de croissance
«Mon père a créé beaucoup de machines et a développé l'activité des espaces verts», explique Ludovic Cochet, 35 ans, à la tête de l'entreprise depuis 2005, après six années de collaboration avec son père, qui, se sachant malade, lui a assuré une transmission en douceur. «Avec mon père, nous étions très complémentaires, lui au dessin industriel et moi, par ma formation, au commercial. Nous avons lourdement investi dans l'outil de production, dans l'agrandissement des locaux et dans l'innovation. Il m'a laissé une entreprise saine et avec un fort potentiel de croissance», se souvient avec reconnaissance celui qui représente la quatrième génération Cochet, avec son frère Jonathan, pilote automobile professionnel.
Deux à trois brevets déposés chaque année
La société Cochet conçoit, fabrique et vend des machines dans deux secteurs d'activité: le secteur agricole, «tout ce qui tourne autour du tracteur», et celui des espaces verts, pour leur entretien par les mairies ou les particuliers. Chargeurs, pelles rétro, tasseurs, balayeuses, taille-haie, 45 salariés au total travaillent à la fabrication de ces outils destinés principalement à des revendeurs français. Parmi eux, quatre personnes composent le bureau d'études. «C'est notre force», souligne Ludovic Cochet qui dépose «deux à trois brevets par anauprès de l'INPI. C'est par l'innovation continue que nous nous démarquons de la concurrence, nous proposons des outils de niche, techniques et d'excellente qualité». Peu de sous-traitants et pas de sous-traitance pour le fabricant qui apprécie ainsi sa «totale indépendance et la maîtrise complète de sa production comme de ses prix».
Développer l'export
Cochet SA a réalisé un chiffre d'affaires de 8millions d'euros pour 2008 (+30% par rapport à 2007). «Nous prévoyons une légère augmentation pour 2009», précise le chef d'entreprise. Si aujourd'hui le secteur agricole représente 60% du CA, l'entrepreneur envisage de développer le secteur «espaces verts», grâce à une nouvelle gamme de produits dont le taille-haie. «Au départ proposé aux professionnels, nous avons eu, par le biais de notre site Internet de nombreuses demandes de particuliers, et avons réfléchi à un nouveau produit». Réalisation du bureau d'études: un taille-haie spécialement conçu pour être adapté à la tondeuse des particuliers. «Le potentiel de ce marché est immense», explique Ludovic Cochet qui souhaite par ailleurs développer un troisième secteur, les travaux publics, mais aussi les ventes à l'export qui ne représentent à ce jour que 5% du CA. Des projets, le jeune entrepreneur n'en manque pas et souhaite définir son entreprise non pas comme «familiale» mais comme «innovante».
Comme votre père à l'époque, vous avez repris jeune l'entreprise familiale, cela a-t-il été difficile ?
Sincèrement, non. Je venais déjà à l'atelier à 14 ans pour aider l'été, puis lorsque mon père m'a proposé de le rejoindre, je suis passé par tous les postes pour avoir une bonne connaissance de chacun, et je peux à l'occasion aider sur une soudure. Par ailleurs, l'équipe, qui est la même depuis plusieurs années, me connaissait bien. Ce fut une transition en douceur.
Qu'avez-vous apporté à l'entreprise ?
Pour reprendre une entreprise, il faut lui apporter une compétence et non un nom. Après mon école de commerce, j'avais la fibre entrepreneuriale et j'ai créé une PME de sports mécaniques. L'expérience a duré deux ans, jusqu'à ce que mon père, qui cherchait un commercial, me propose de le rejoindre à ce titre. Grâce à ma formation, je m'occupe de développer les marchés, et de communiquer via notre site Internet. Mais mon objectif est que l'entreprise ne soit pas dépendante de moi, j'aime déléguer, et l'arrivée de notre nouveau directeur de production Didier Visine va dans ce sens.
Quelle est l'évolution de vos deux principaux secteurs: agricole et espaces verts ?
Le marché de l'agriculture est moins stable que celui des espaces verts, mais les budgets lorsqu'ils se développent sont plus importants. En 1992, lors de la refonte de la PAC, les céréaliers ont arrêté net d'acheter pendant 6 mois. Nous avons perdu à l'époque 50% de notre chiffre d'affaires. Puis le marché est reparti à la hausse dès 1993 et la croissance a été très importante. De cet exemple, nous est venue l'assurance qu'il fallait développer d'autres secteurs, d'où les espaces verts, et les travaux publics. L'avantage d'une PME comme la nôtre, très bien équipée et indépendante, c'est que nous pouvons rapidement nous réorienter lorsqu'un secteur est touché, ce qui va être le cas en 2009 pour l'agriculture.
Comment alors expliquer la croissance de votre entreprise ?
La philosophie de l'entreprise, c'est de créer sans cesse de nouveaux produits et de déposer des brevets. Sur un total de 3.500 produits, 90% sont brevetés. Nous ne sommes pas des suiveurs ! Notre dernière innovation, le taille-haie pour les particuliers, est à ce titre exemplaire et nous ouvre des perspectives ambitieuses.
La direction de la PME de Sougé-le-Ganelon est bicéphale. Ludovic Cochet développe la stratégie de l'entreprise accompagné d'un directeur de production, Didier Visine.
Ludovic Cochet
Âgé aujourd'hui de 35 ans, il est arrivé dans l'entreprise il y a treize ans. Après l'ESC Rennes, il crée une société de sports automobiles, avant de rejoindre l'entreprise familiale dans son secteur de prédilection, la partie commerciale. Il est dirigeant de Cochet SA depuis 2005, à la suite de son père Jean-Louis.
Didier Visine
Le directeur de la production de Cochet SA depuis septembre2008 est âgé de 45 ans. Il était auparavant directeur de l'usine Hutchinson, située à quelques mètres de l'entreprise Cochet. «C'est la personne que j'attendais», explique Ludovic Cochet qui aura vu passer six directeurs de production. Il lui a donc fallu attendre trois ans avant de trouver en Didier Visine un homme qui partage la même philosophie pour l'entreprise. Didier Visine a deux missions principales dans l'entreprise: rationaliser l'organisation et améliorer le rendement de la production. «Nous avons de très bons outils, de l'espace et des salariés extrêmement qualifiés. Nous devons progresser sur la communication en interne et le partage de l'information dans un souci d'efficacité».
1949
Création de la forge à Sougé-le-Ganelon
Années 60
Premières machines agricoles par Louis Cochet
1973
Jean-Louis Cochet reprend l'entreprise à 26 ans
1988-1993
Premiers agrandissements des locaux
1998
La surface totale atteint 8.000m²
2005
Ludovic Cochet, 4e génération, à la tête de l'entreprise
2007
Prix de l'innovation pour la balayeuse City Clean
2008
Lancement du taille-haie pour les particuliers
- Dirigeant : Ludovic Cochet - Effectif : 45 salariés - Chiffres d'affaires 2008 : 8 millions d'€ - Plus de 3.500 références - 90% des produits brevetés - Gamme de prix de 1.500 à 15.000 € - 2 à 3 brevets déposés chaque année - Contact : Cochet SA ?Le Gué Ory? - 72130 Sougé-le-Ganelon Tél. : 02.43.97.30.07 www.cochetsa.com
JDE | Édition Sarthe 72 | 5 juin 2009

