

A l'affiche
ajouté le 4 mars 2011 - - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois, buisard
Après une chute de son chiffre d'affaires de 50% en 2009, la société sabolienne Buisard bénéficie de la reprise de l'activité de ses clients historiques. Le sous-traitant a ainsi investi 3M€ sur une nouvelle ligne de production dédiée aux cabines de tracteurs Claas.
«Nous avons été très touchés par la crise, mais paradoxalement, cela nous a rendu plus forts aujourd'hui», constate Jean-Guy Cocaign, le directeur général de Buisard. En effet, après avoir vu son chiffre d'affaires passer de 60millions d'euros à 30millions d'euros entre2008 et2009, la société prévoit une nette amélioration pour 2011 notamment grâce à l'investissement dans une nouvelle ligne de production dédiée, suite à un contrat signé avec Claas. Au total, l'entreprise investit 3millions d'euros pour la ligne de production et l'aménagement de l'usine afin de sortir 11.000 cabines par an pour les gammes Axion et Arion du fabricant de tracteurs allemand. Buisard produit également près de 80% des cabines Manitou. Si elle fut en première ligne lors de la chute de l'activité du constructeur ligérien, elle profite aujourd'hui de sa reprise, et doit faire face à «une forte demande, d'autant que nous sommes restés debout, ce qui n'est pas le cas de tous les autres fournisseurs». Si Manitou représentait près de 35% du CA global de Buisard, le pourcentage aujourd'hui tend à baisser (30%) pour être équilibré avec Claas (30% également), le dernier tiers étant assuré par les autres clients comme Toyota, Volvo, Kramer, etc. Autre marché en pleine croissance, celui des anneaux de sécurité, devenus aujourd'hui obligatoires pour tous les tracteurs depuis une loi de janvier2010, et que Buisard fabrique depuis plusieurs décennies déjà.
Rachetée par BCI en 2007
Créée dans les années 40, l'entreprise Buisard travaillait le cuir et la couture pour les colliers à chevaux. Ceux-ci étant, au fur et à mesure, remplacés par les tracteurs, la société va suivre cette évolution en proposant des cabines en toile, puis en PVC. «La cabine Buisard jouira d'une excellente réputation et il en sera livré plus de 500.000 en Europe dans les années 60 et 70.» Vendue en 2007 par les trois fils Buisard, l'entreprise a été rachetée par la holding Baelen Gaillard Industrie (BCI), propriétaire également de Heuliez (79) et Labosport auMans. L'optique de la holding, crée par Pierre Baelen et François de Gaillard, est de développer la PMI sur son marché et à l'international en la positionnant sur un métier fort et spécialisé, afin de devenir un acteur incontournable et incontesté dans son domaine. Buisard fabrique toutes tailles de cabines pour machinerie agricole, manutention et travaux publics. L'entreprise propose des cabines semi-équipées, qui seront ensuite montées dans l'usine du client ou des cabines 100% équipées avec colonne de direction, siège et volant intégrés. À son arrivée en 2007, à la suite de François de Gaillard qu'il connaît professionnellement depuis 20 ans, Jean-Guy Cocaign a développé le concept «100, 1.000, 10.000» qui permet à l'entreprise de fabriquer des cabines à petit, moyen et fort volume. Fort de son expérience dans le secteur automobile, le dirigeant a également travaillé sur l'amélioration de la qualité et des délais, mais aussi sur la logistique.
25% de croissance l'année prochaine
«Nous sortons aujourd'hui 90 cabines par jour, c'était 110 avant 2009, et nous sommes descendus jusqu'à 35 par jour au plus fort de la crise», reprend Jean-Guy Cocaign, qui a dû procéder à un chômage partiel massif jusqu'à l'été 2010. «Malgré cela, il n'y a pas eu un seul soulèvement social et nous nous sentons plus forts aujourd'hui. Nous avons su remettre à plat nos faiblesses, ce dont nous profitons aujourd'hui avec la reprise de la croissance, nos nouvelles parts de marché et la hausse de nos volumes.» Avec les nouvelles cabines Claas, l'usine sortira, en 2012, 130 cabines par jour et table sur une croissance de+25% les deux prochaines années. «Nous prévoyons 54millions de CA en 2011 et un retour à nos chiffres d'avant crise dès 2012», conclut serein Jean-Guy Cocaign.
Bérengère de Portzamparc
JDE | Édition Sarthe 72 | 4 mars 2011

