Entreprise du mois
Le fonds d'investissement lyonnais a pris 75participations qui représentent 1,3milliard d'euros de chiffre d'affaires et 10.000 emplois. Bruno Rousset veut doubler ces effectifs.
Briconord. Fag Médical. DMP Systems. O1db-Metravib. Robopolis. La liste des entreprises investies par le capital-investisseur Evolem s'est récemment allongée de belles références. Leur point commun: elles ont un potentiel de croissance, un dirigeant (ou une équipe) intéressant(e) et un bon projet de développement. Bruno Rousset, qui gère ses fonds propres personnels au sein d'Evolem, applique une stratégie bien définie. «Le but est d'investir de façon majoritaire ou minoritaire dans des entreprises qui ont des perspectives et qu'on va aider à faire grandir.» En ligne de mire: les fameux ETI, ces établissements de taille intermédiaire trop rares en France.
20.000 emplois dans dix ans
Evolem, créé à Lyon en 1997, dispose d'un total de 550M€ de fonds propres. Il a effectué 75 participations dont une moitié dans le groupe d'assurances April et l'autre hors assurances. Ce qui représente un chiffre d'affaires cumulé de 1,3Md€ et 10.000 emplois. À terme, le nombre de participations devrait décroître, pour se concentrer sur des entreprises de plus grande taille. «Cela nous permettra de créer plus d'emplois, avance Bruno Rousset. Car il vaut mieux faire doubler une entreprise de 400 personnes que de 20. Et cela demande le même effort!» D'ici à dix ans, l'entrepreneur prévoit ainsi d'avoir participé à la création de 10.000 emplois supplémentaires, ce qui porterait à 20.000 le nombre d'emplois dans les entreprises dans lesquelles il a investi. Evolem n'intervient pas dans le domaine des start-up ni du retournement. Ce sont d'autres métiers que le sien: le fonds investit en général 1 à 10M€, seul plutôt que dans le cadre d'un tour de table, dans des entreprises d'au moins 10M€ de chiffre d'affaires disposant de bons fondamentaux. La participation se fait sans limite dans le temps. «Nous accompagnons les entreprises le temps nécessaire car nous n'avons pas besoin de liquidité pour des actionnaires extérieurs», explique le dirigeant. D'ailleurs, Bruno Rousset a racheté, en 2010, les parts des actionnaires d'Evolem 2, un fonds pour compte de tiers qu'il avait développé, pour ne conserver que la gestion de ses propres capitaux.
Pôles sectoriels
Très présent sur la région, mais aussi sur tout le sol français, Evolem a constitué des pôles d'activités sectoriels. Ce qui permet aux entreprises d'un même pôle de bénéficier de synergies: optimisation des achats, création de marques communes, partage des coûts... La distribution automatique regroupe ainsi trois entités; la nutrition santé, quatre entreprises, dont Ede Ruy à Vénissieux; le médical-orthopédie, des entités regroupées sous Inter Ortho, accompagné tout récemment par Evolem dans la reprise de Fag Medical, installée à Saint-Georges-de-Reneins. Pôles auxquels s'ajoutent la communication, avec les entités Visual Link et Kaelia réunies sous la marque Insign; le confort et l'habitat, fort de trois entreprises dont Evasol implantée à Limonest; la signalétique et le marquage, les industries spécialisées ou encore les services aux entreprises. En dehors de ces pôles, Evolem fait aussi le choix d'investir sur des opportunités. En 2011, le fonds a ainsi apporté 4M€ au capital de Robopolis, l'entreprise de conception-distribution de robots de Bruno Bonnell qui affiche un fort taux de croissance. En fin d'année dernière, le fonds a aussi participé à la reprise de O1db-Metravib à Areva par cinq managers. «Nos participations se font en fonction des opportunités, de la qualité des projets et de la capacité des dirigeants.» En général, l'équipe de direction est maintenue, sauf en cas de transmission.
Priorité à l'homme
Car la valeur essentielle d'une entreprise repose, pour Bruno Rousset, sur ses hommes. Pour l'entrepreneur, très fervent des valeurs de la RSE, «il faut faire en sorte que chaque collaborateur soit mis en situation de créer son produit, son process, de contribuer à l'ensemble». Il constate d'ailleurs que les entreprises en gestion qui fonctionnent bien sont celles qui appliquent ce mode entrepreneurial. Et ont tout à apprendre les unes des autres. De plus en plus, des passerelles sont organisées entre les entreprises dont Evolem est actionnaire. «Leurs dirigeants ont beaucoup à partager. La philosophie managériale est indépendante du métier.»
Evolem détient 63% du capital de l'entreprise cotée April. Quels sont les projets de développement de votre groupe d'assurances?
April se développe harmonieusement sur un marché français assez concurrentiel (NDLR: chiffre d'affaires 2010: 743M€; résultat net: 79,7M€; 3.750 collaborateurs). Le plan de croissance en cours est ambitieux puisque nous visons une croissance à deux chiffres durable, en essayant de passer à travers les crises... Nous prévoyons de faire converger des activités, de rapprocher des entités et de mettre en commun des fonctions support. Notre activité est très pénalisée en Bourse car nous relevons d'une activité financière. Nous sommes impactés par le problème de la dette souveraine et par la nouvelle norme Solvabilité2 qui sera plus exigeante en fonds propres. Reste à transformer ces risques en opportunité...
Vos développements passent aussi par l'international...
Oui nous avons une très belle croissance sur le développement d'activités pour les expatriés, les étudiants et l'assurance voyages, avec une présence dans 36 pays. Prochaines étapes: l'Asie puis l'Afrique. En France nous allons prioriser la croissance interne pour les quatre ans à venir, car nous avons tout ce qu'il nous faut pour grandir sur nos différents métiers. À l'international, notre croissance passera par des acquisitions.
Le marché Evolem gère les fonds personnels de Bruno Rousset qui préfère agir avec un capital resserré, plutôt seul et pour une durée indéterminée. Bien que son taux de retour sur investissement ne soit pas affiché comme une priorité, il atteint un très bon rendement, compris entre 16 et 30%. À Lyon, la discrète société d'investissement Aquasourça est également un fonds familial. Tandis que le Lyonnais Siparex est devenu un leader sur le segment des PME, avec 1,1 Md€ de capitaux en gestion.
1997 Création d'Evolem à Lyon. 2004 Entrée au capital du réseau d'agences immobilières Guy Hoquet. 2006
Entrée au capital d'O2, leader des services à la personne.
2008 Participation chez Sodikart, leader mondial de la fabrication de karts. 2010 Actionnaire majoritairedes machines-outilsDufeux Industrie
.
Claire Pourprix
JDE | Édition Rhône 69 | 3 février 2012


Choisissez votre édition
Articles les plus lus
Cet automne, il a crevé l'écrande M6, en remportant la finalede l'émission ?Un dîner presque parfait?. Homme de communication, passionné de gastronomie, Grégory Cuilleron croque la vie à pleines...
En 130 ans, Babolat est devenue un équipementier complet du joueur de tennis. De la raquette aux chaussettes en passant par les balles, l'entreprise familiale veut devenir \"la\" marque des...
Autres articles