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JDE Edition Haut-Rhin 68

Les mouvements patronaux sortent les muscles

ajouté le 6 janvier 2012  -  - Mots clés : Actualité, Réseaux

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Sophie de Menthon, présidente du mouvement patronal Ethic, remet en cause la représentativité du Medef.

Ils veulent être entendus au même titre que les partenaires sociaux. Plusieurs mouvements patronaux veulent s'inviter au dialogue social. Cacophonie en vue?

Cinq mouvements patronaux haussent le ton: dans un communiqué commun, Croissance Plus, Ethic, Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens, Entreprises & Progrès et Parrainer la Croissance réclament d'être invités le 18janvier prochain au sommet sur l'emploi. Au même titre que les syndicats patronaux que sont le Medef, la CGPME ou l'UPA. Sur le papier, le discours commun est policé: «s'ils ne sont pas partenaires sociaux au sens juridiques (ces mouvements dits "non représentatifs") rassemblent à eux cinq un échantillon majeur du terrain entrepreneurial français grâce à plusieurs milliers d'entreprises membres, dont les plus emblématiques par leur capacité à générer de la croissance». Mais de vive voix, certains n'hésitent pas à lâcher davantage les coups en mettant en doute la représentativité de certains syndicats patronaux. «Le Medef fonctionne en autarcie, avec des commissions qui ne sont pas forcément animées par des patrons actifs. Ils ne sont pas proches du terrain. Le Medef joue à "je te tiens, tu me tiens par la barbichette» avec les syndicats de salariés. Intégrer les mouvements patronaux au dialogue est une évolution nécessaire», critique Sophie de Menthon, présidente d'Ethic, qui a quitté le Medef en 2010. Ce qui est sûr, c'est que les mouvements patronaux entendent peser de tout leur poids dans cette période préélectorale. Quelques jours après le «communiquédes cinq», Croissance Plus, Ethic et Parrainer la Croissance se redistinguaient par une tribune libre commune listant des propositions pour relancer la croissance. En apportant, il est vrai, quelques pistes jusque-là peu abordées, à l'image d'une modulation de l'impôt des grands groupes sur leur niveau de soutien aux PME: paiement à trente jours, investissements dans les petites entreprises permettraient ainsi de voir la note fiscale adoucie. «Il faut également réduire le coût de fonctionnement de l'État en centralisant ses achats», préconise également Olivier Duha, le président de Croissance Plus. Autant de pistes, qui méritent d'être considérées, il est vrai.

Synthèse difficile
Légitime, cette volonté de proposer pose cependant problème. Car sur le seul mois dernier, elle a débouché sur un nombre impressionnant de prises de tribunes, prises de positions et lettres ouvertes émanant des organisations patronales, de mouvements ou de collectifs de mouvements. Dans une telle cacophonie, difficile d'y voir clair. Et encore plus de dégager une synthèse qui pourrait inspirer les candidats à la présidentielle. S'il est vrai que les patrons se plaignent d'un débat économique qui n'est pas à la hauteur de leurs espérances (voir notre sondage ci-contre), leur volonté aussi légitime que farouche d'y contribuer en ordre plus ou moins dispersé pourrait malheureusement nourrir cette insatisfaction. A moins d'organiser un véritable sommet patronal...

Sébastien Payonne

JDE | Édition Haut-Rhin 68 | 6 janvier 2012

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