

L'Enquête
ajouté le 6 juillet 2012 - - Mots clés : Actualité, Fait du mois, Etats-Unis, Alsace, Attractivité, Evenement
Aux États-Unis, les Alsaciens expatriés, nos meilleurs ambassadeurs, sont prêts à s'impliquer davantage pour favoriser l'attractivité économique de notre région Les acteurs économiques alsaciens forment un front uni dans Planète Alsace, avec la marque Alsace pour bannière
Au pays de l'oncle Sam, royaume de la consommation exacerbée et du marketing débridé, l'Alsace veut faire de sa nouvelle marque régionale une bannière pour valoriser les atouts touristiques, scientifiques et surtout économiques de notre bout de France. À côté de la marque, il y a aussi un réseau, créé pour fédérer actions et acteurs à l'international: Planète Alsace, qui regroupe l'Union Internationale des Alsaciens, le club des Ambassadeurs d'Alsace et l'Université de Strasbourg, avec le support technique de l'Adira, du Cahr, d'Alsace International ou encore du CRT... Marque et réseau ont été officiellement présentés fin mai, à New York devant une centaine de personnes, lors d'une soirée au consulat de France consacrée à l'attractivité de l'Alsace. Dans l'assistance: une vingtaine d'entrepreneurs américains, autant d'Ambassadeurs d'Alsace ayant fait le déplacement, menés par Monique Jung, des Alsaciens vivant à New-York et Gérard Staedel, président de l'Union internationale des Alsaciens, Régis Bello, pour la fondation de l'Université de Strasbourg, Bernard Kuentz, de la Maison de l'Alsace à Paris ou encore Olivier Eck, d'Alsace International.
Une Maison de l'Alsace à New York?
Dans son opération séduction américaine, notre région ne part pas en terre inconnue. L'Amérique porte même en son sein quelques bribes d'Alsace. Des communautés créées il y a plus d'un siècle par des émigrés perpétuant l'usage de l'alsacien -comme à Castroville au Texas- aux "pretzels " vendus par les marchands de hot-dogs new-yorkais, quelques symboles se sont fondus dans la culture et le folklore locaux. Sur place, les Alsaciens expatriés constituent nos meilleurs ambassadeurs et c'est sur eux que les acteurs économiques alsaciens entendent capitaliser. Qu'ils soient restaurateurs, entrepreneurs, chercheurs ou salariés, tous véhiculent au quotidien l'attachement qu'ils portent à leur région d'origine. Eux suscitent l'attrait, aux organismes alsaciens de prendre le relais pour convertir la curiosité en intérêt économique. Très dynamique, l'Union Alsacienne de New-York, qui compte 193 membres et plus de 500 "amis", explore différentes pistes pour créer des passerelles entre notre région et les États-Unis. En s'inspirant d'autres initiatives, comme la Maison du Languedoc-Roussillon ou le marché de produits italiens Eataly, son président, Thierry Kranzer, évoque l'idée d'une Maison de l'Alsace à New-York. Pour Bernard Kuentz, cela n'est pas envisageable, d'abord financièrement. «Un tel projet avait déjà été évoqué à Shanghai lors de l'exposition universelle, mais n'a pas abouti. Ce ne seraient que de belles vitrines sans réelle efficacité économique. Je prône plutôt des échanges directs avec les gens sur place... Moins médiatiques mais plus concrets». Monique Jung, directrice adjointe de l'Adira, vice-présidente de la région et fondatrice du club des Ambassadeurs d'Alsace ne dit pas autre chose. «Nous avons fait des rencontres enthousiasmantes à New-York. Le consulat de France peut, au même titre que le réseau des Alsaciens de New-York, être un facilitateur pour nouer des partenariats, monter des projets. On amorce là d'autres types de relations et c'est ce qu'on aimerait instituer ailleurs dans le monde.»
Des atouts différenciateurs
L'Alsace reste encore la troisième région française la plus attractive, même si cette dynamique s'est essoufflée. 150 entreprises nord-américaines (Canada et USA) y sont déjà implantées: de grands groupes industriels comme Mars, Capitol, GM..., des structures qui veulent toucher le marché européen ou encore des sociétés qui créent des structures de R & D en s'appuyant sur la qualité reconnue des chercheurs et des dispositions fiscales intéressantes. Si la rigidité du droit social, le coût du travail ou encore les 35h sont autant de freins à l'attractivité du pays, l'Alsace dispose d'atouts différenciateurs, au-delà de son positionnement géographique: une offre de formation à la hauteur des attentes du monde économique, une prédisposition à l'innovation et des champs d'expertise reconnus à travers ses clusters, dans l'énergie, la chimie, l'agroalimentaire ou encore les biotechnologies. Pour gagner encore en visibilité et en efficacité, l'Alsace, toute petite région à l'échelle du monde, doit aussi accomplir ce que le monde économique régional appelle de ses voeux: à savoir l'union des différentes agences de développement économique en une seule entité.
Planète Alsace a tenu son premier gala fin mai au consulat de France, à New York. Une soirée dédiée à l'attractivité de l'Alsace qui a trouvé en Robert Abrams - le P-dg de CSP Technologie, implantée depuis 1998 à Niederbronn sous le nom de Capitol Europe- un ambassadeur de choix pour attirer l'attention de potentiels investisseurs américains. «Mon expérience s'est révélée exceptionnelle», témoigne-t-il, soulignant au passage l'efficacité des acteurs économiques locaux, Adira en tête. «Leur réactivité contrecarre la complexité du système administratif français. À chaque problème, on m'a toujours apporté une solution». Le dirigeant ne regrette pas son choix et loue la bonne situation géographique et l'accessibilité de la région, tout comme la qualité de la formation et l'attachement des salariés à l'entreprise, «un atout quand il faut trois ans pour rendre quelqu'un opérationnel». Preuve de sa satisfaction: il annonce pour 2013 un nouvel investissement de 73M€, avec une extension de 10.000m² - soit le doublement de la superficie actuelle- «pour développer de nouveaux produits dans le médical», indique le dirigeant du groupe spécialisé dans les emballages spéciaux en matière plastique pour l'agroalimentaire, le pharmaceutique et le médical. Le projet devrait générer 200 à 300 emplois d'ici à sept ans, sur un site qui emploie déjà 150 personnes.
Olivier Eck, 03 88 24 77 62EN SAVOIR PLUS
Adelise Foucault
JDE | Édition Haut-Rhin 68 | 6 juillet 2012

