

A l'affiche
ajouté le 6 juillet 2012 - - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois, Lingenheld, Travaux publics, Construction, Environnement, Alsace, Lorraine
Groupe tentaculaire alsaco-lorrain de BTP, l'entreprise familiale Lingenheld investit dans sa prometteuse division environnement à Oberschaeffolsheim.
Le ballet des camions, pelles et gerbeurs est incessant. Le vacarme des broyeurs de gravats est assourdissant. Le bruit, la chaleur et la poussière omniprésents. Comment, à première vue, imaginer qu'ici, on prend soin de la planète. Ici? Nous sommes à Oberschaeffolsheim, à un jet de pierre de Strasbourg. Depuis l'une des buttes surplombant le site classé, Georges Lingenheld, président du groupe éponyme, contemple son site de 16 hectares. Tous les ans, sa filiale Lingenheld Environnement y retraite 300.000 tonnes de déchets minéraux. Soit des gravats, sables, mâchefers ou encore boues de stations d'épuration régionales entre autres qui retrouvent là une... seconde vie.
10M euros à Oberschaeffolsheim
C'est aussi ici, sur un terrain attenant de 10 hectares, que seront donnés en septembre prochain les premiers coups de pioche d'une extension qui mobilisera 10 millions d'euros. Livraison fin 2013. Une somme conséquente à comparer aux 15 millions déjà investis sur ce site depuis 23 ans. À la hauteur des espoirs nourris dans ce business. L'idée? Donner de l'espace à l'ensemble des activités de recyclage de matériaux et de dépollution et construire 1.500 mètres carrés de bureaux où le groupe compte installer le siège de son activité environnement, qui pèse 20% du chiffre d'affaires du groupe (soit une vingtaine de millions d'euros). Une vitrine où 300 mètres carrés seront également consacrés à la R&D, où les ingénieurs plancheront sur de nouveaux débouchés pour les produits retraités et recyclés. Cet investissement consacre une activité née un peu par hasard. «À l'origine de ce site, en 1989, nous souhaitions avant tout répondre à une double problématique de décharge de gravats issus de notre activité -il fallait aller toujours plus loin pour ce faire- et d'approvisionnement en granulats», se remémore Georges Lingenheld. La dimension environnementale n'était pas la priorité à l'époque, reconnaît le dirigeant. Elle n'était pas non plus aussi pressante dans l'opinion publique. Il n'empêche, la résolution de cette problématique industrielle il y a plus de 20 ans donne aujourd'hui un coup d'avance au groupe. Près de 5 millions de tonnes recyclées depuis les débuts ont permis à Lingenheld Environnement d'arriver à des qualités de graves permettant au groupe de les intégrer dans les couches supérieures, dites "nobles", des enrobés que l'entreprise soeur Lingenhed Travaux Publics couche sur les routes du Grand Est. Ces graves recyclés pouvant entrer à hauteur de 30% dans la composition de nouveaux enrobés. «C'est un vrai plus dans un contexte où la plupart des appels d'offres, publics et même privés, intègrent désormais une dimension environnementale». Aujourd'hui, 30% de ces graves sont vendus à l'extérieur.
Une force pour le groupe
Le reste sert donc à alimenter Lingenheld TP, porte-étendard d'un groupe aux multiples ramifications qui l'emmènent également d'une activité de lotissements (300 parcelles vendues tous les ans dans le Grand Est!) à une structure dédiée au désamiantage, intervenue sur des chantiers importants comme celui du Palais des festivals de Cannes, en passant par la démolition. Basé à Dabo, en Moselle, mais avec le plus gros de son activité (et 300 de ses 500 salariés et intérimaires) en Alsace, le groupe Lingenheld bénéficie de cette diversification sectorielle et géographique. Sectorielle d'abord, parce que les différents métiers, certains alimentant automatiquement les autres (les commandes du TP à l'environnement, par exemple), permettent de lisser les cycles et de dégager une rentabilité, qui oscille entre 4 et 5%, soit nettement mieux que la moyenne du secteur des travaux publics, plutôt autour de 1,5%. Géographique ensuite, parcequ'ainsi que le reconnaît Georges Lingenheld lui-même, son implantation à la "frontière" alsaco-lorraine est «une force pour le groupe. Si nous n'étions qu'à Strasbourg, nous n'irions pas en Lorraine et ce serait dommage car les métropoles y sont dans une bonne dynamique», conclut-il.
Jean-Claude Beck, Producteur de vin en Californie Issu d'une famille de vignerons alsaciens, Jean-Claude Beck est parti à la découverte des USA il y a 12 ans et s'est retrouvé happé par une filière viticole en plein essor. Fort d'un savoir-faire recherché par les Américains, il travaille depuis pour de grandes "wineries". «On est encore au début de l'aventure viticole là-bas, tout est à faire et il y a peu de contraintes. On peut produire toutes les variétés de vin !». L'établissement qu'il contribue à développer, Woodhouse wine estates, a déjà atteint les 35.000 caisses annuelles et vise une production de 100.000 caisses par an... S'il contribue au développement des vins américains, Jean-Claude Beck ne renie pas pour autant sa région d'origine. «Il n'y a pas une journée où je ne parle pas de l'Alsace à mes amis américains comme sur les réseaux sociaux!». Il aimerait que les producteurs alsaciens se fortifient face à la concurrence de plus en plus forte des vins américains et mettent mieux en avant leurs spécificités, en utilisant notamment ces outils que sont Facebook, LinkedIn, Twitter... «Nos vins alsaciens ont une excellente image et sont référencés sur les meilleures tables ici, mais on pourrait faire bien plus pour les valoriser. Ils ne sont pas assez visibles, particulièrement sur la côte ouest», estime-t-il.Alexandre Winter, Entrepreneur dans les NTIC Après avoir revendu la start-up française qu'il avait contribué à implanter aux USA, LTV Technologies, Alexandre Winter -alsacien d'origine- se prépare à lancer une nouvelle société. Cet ingénieur formé à l'Inria, (établissement de recherche français dédié aux sciences du numérique) espère, pour y parvenir, reproduire un schéma qui avait bien fonctionné la première fois: baser la R & D en France et la partie commerciale aux USA, où il habite avec sa famille depuis maintenant plus de 12 ans. «Je cherche un partenaire pour prendre en charge la R&D. L'Alsace est reconnue pour la qualité de ses chercheurs, et comme c'est ma région d'origine, j'aimerais pouvoir y rattacher mon projet entrepreneurial. Je prendrai en charge le développement commercial ici, aux États-Unis, mais aussi en amont la recherche d'investisseurs pour nous accompagner dans ce projet. Il est plus facile de trouver des investisseurs là-bas. La culture du risque, l'ouverture à l'innovation n'est pas la même qu'en France. En revanche, les dossiers doivent être parfaitement ficelés, on doit les séduire rapidement, et ils donnent rarement une deuxième chance.»POINTS DE VUE
Votre investissement à Oberschaeffolsheim ne passe pas inaperçu...
Nous allons y construire la vitrine de notre activité environnement. Nous autofinançons environ la moitié des 10M€ parce que depuis 20 ans, nous consolidons nos capitaux propres, par exemple en renonçant à la distribution de dividendes. Cela nous a permis de mieux passer la crise et d'envisager notre développement sans stress.
Vous étiez candidat malheureux au projet du GCO. Le voilà abandonné... Une petite revanche pour vous?
Je ne vois pas les choses ainsi. Nous en avons fait le deuil partiel. Mais qui peut dire aujourd'hui que ce projet ne repartira pas dans les semaines ou les mois qui viennent? Quoi qu'il en soit, la situation ne peut pas rester en l'état: 100M€ de pertes et 17millions de tonnes de carburant volatilisées tous les ans dans les bouchons de l'A35 et 35.000heures de travail perdues par jour...
Comment va évoluer votre activité en 2012?
Nous tablons sur un chiffre d'affaires en légère hausse, autour de 110M€, grâce au bon développement de notre activité Aménagement. Les TP devraient se maintenir grâce à quelques gros chantiers (Centrale de Fessenheim, LGV Est, Mettis à Metz...)
1945 Lancement d'une activité de commerce de bois à Dabo (Moselle) 1976 Démarrage de l'activité Travaux publics 1989 Installation à Wolfisheim et Oberschaeffolsheim 1994 Ouverture de l'antenne de Sainte-Croix-en-Plaine 2005 Construction du nouveau siège du groupe à Dabo
2009 Rachat de Haach (démolition), à Haguenau
Le marché Entreprise alsaco-lorraine, Lingenheld réalise de ce côté-ci des Vosges le plus gros de son activité. Elle y évolue sur un marché des travaux publics qui compte, selon la fédération régionale des travaux publics, 150entreprises pour 7.000 salariés. On estime le marché à environ 840millions d'euros en 2010, année encore portée par les plans de relance.
Philippe Armengaud
JDE | Édition Haut-Rhin 68 | 6 juillet 2012

