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Wolfberger. La cave prépare son avenir avec gourmandise

ajouté le 4 novembre 2011  -  - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois, Wolfberger, coopérative, viticulture, Alsace, Investissement, Agrandissement

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Ouverte cette année, la boutique strasbourgeoise de Wolfberger se présente comme le seul lieu entièrement dédié à la découverte et à la dégustation des vins d'Alsace de la capitale régionale. (Photos Wolfberger)

Résolument tournée vers l'avenir. La cave vinicole d'Eguisheim arrive au terme d'une vaste campagne d'investissements commerciaux et dans son outil de production qui lui permettent d'envisager sereinement des développements futurs.

«C'est simple. Les investissements que nous venons de réaliser dans notre hall d'embouteillage nous permettraient de tripler notre production si l'opportunité se présentait». Un brin évasif, Bertrand Dufour, directeur général de Wolfberger, ne ferme la porte à aucune hypothèse. Croissance organique ou croissance externe. «Nous sommes ouverts», déclare-t-il de façon laconique, alors que le vignoble alsacien entame, avec le rapprochement annoncé des caves de Bestheim et d'Obernai, une probable période de concentration de ses intervenants.

11,5millions d'euros investis
La cave d'Eguisheim, dans le peloton de tête des metteurs au marché alsaciens, arrive au terme d'une campagne de 18 mois d'investissements. Le plus spectaculaire? L'extension de 6.200 mètres carrés de son site d'embouteillage de Colmar pour accueillir le stockage des bouteilles. Mais s'il s'étend désormais sur 21.000 mètres carrés, c'est surtout à l'intérieur que l'évolution est la plus palpable: l'entreprise n'a pas hésité à injecter 7millions d'euros dans son outil de production. De quoi améliorer les cadences, de 100% sur les vins tranquilles et de 50% sur les crémants. En optimisant chaque étape du processus (embouteillage, étiquetage, emballage...). «Nous avons opté au maximum pour des solutions durables qui permettent de réduire notre impact sur l'environnement», ajoute Bertrand Dufour, «notre tireuse consomme, par exemple, 20% d'eau en moins». «Pour l'entreprise, l'investissement est vertueux», poursuit Bertrand Dufour, «s'il est entièrement financé par l'emprunt, les économies générées couvriront en quelques années son coût, intérêts compris. Mais ce qui compte par-dessus tout, c'est que cette refonte nous permet de garantir, et même d'améliorer la qualité de nos produits». L'extension du bâtiment, qui a mobilisé 4,5 des 11,5millions d'euros investis, a été faite avec l'idée d'augmenter la surface de stockage des vins sur le site. «Nous ne stockons désormais plus rien à Eguisheim et chez notre partenaire logistique colmarien. Les vins, tranquilles et crémants, sont produits et stockés sur le seul site de Colmar afin de ne pas les déplacer et d'assurer une meilleure qualité», détaille-t-il. L'augmentation de la surface de stockage permet aussi à ce grand producteur de crémants de répondre à une évolution de la réglementation qui impose un temps de "stockage sur lattes" de 12 mois désormais au lieu de 9. «Cela va aussi dans le sens de ce que nous souhaitions, vers des produits du meilleur niveau pour le consommateur», tient à préciser Bertrand Dufour. Mais cela nécessite, outre une trésorerie solide, un espace plus vaste pour le stockage.

Une boutique à Strasbourg
Tous les ans, Wolfberger écoule 7millions de cols de crémant. Soit la moitié de sa production. De quoi coller une étiquette effervescente à cette maison née en 1902 et qui regroupe aujourd'hui 453 coopérateurs, de Vieux-Thann dans le Haut-Rhin à Rosheim dans le Bas-Rhin. D'autant que l'histoire de la marque Wolfberger, si chère aujourd'hui à l'entreprise, s'est largement écrite autour des bulles. Mais la stratégie commerciale de la cave ne repose pas exclusivement sur son best-seller. «Nous sommes aussi les leaders alsaciens sur les Grands Crus», insiste le directeur général, «nous en proposons 18 sur les 51 qui existent dans la région. C'est bien la preuve que grands volumes peut aussi être synonyme de bons produits!». Des bouteilles que l'on retrouve derrière une nouvelle vitrine... Celle, toute récente, de la boutique strasbourgeoise de Wolfberger. Ouverte le 15avril dernier au coeur du Strasbourg gourmand, elle complète un maillage de boutiques en propre de 4 points de vente en Alsace et d'un à Gérardmer. «C'est un investissement raisonnable qui nous apporte entière satisfaction», estime Bertrand Dufour, «surtout, en se positionnant comme la spécialiste strasbourgeoise des vins d'Alsace avec son espace dégustation, elle a trouvé sa place parmi les boutiques, chocolatiers, épiceries fines... qui l'entourent, rue des Orfèvres». L'entrepreneur ne s'interdit pas, à l'avenir, d'ouvrir de nouveaux points de vente «en dehors de l'Alsace».

Aller vers les marchés qui valorisent le produit
En attendant, il a d'ores et déjà ciblé trois zones géographiques à fort potentiel -non dévoilées- dans lesquelles les vins d'Alsace et Wolfberger sont peu implantés. «Nous avons renforcé notre équipe commerciale depuis 18 mois pour, dans ces zones, capter les trois grands marchés que sont les CHR, la grande distribution et les cavistes». Validée en février dernier, cette stratégie devrait donner ses pleins effets au deuxième semestre 2012. «Si ce choix est le bon, il doit permettre de générer suffisamment de retour sur investissements pour que, derrière, nous puissions réinvestir progressivement sur les autres régions», raconte le dirigeant. La même démarche a été adoptée pour l'international, où 15 pays cibles ont été identifiés. «Notre objectif n'est pas, là, de faire du volume, mais de viser des marchés où l'on sait que la valorisation de nos produits est la meilleure», conclut Bertrand Dufour. Un propos qui résume finalement assez bien la stratégie globale d'une entreprise remise des difficultés rencontrées en 2006, et qui devrait probablement contribuer à structurer la filière du vin en Alsace à l'avenir.

Wolfberger
(Eguisheim) Directeur général: Bertrand Dufour Effectif: 129 salariés CA 2010: 50M€ Contact: 03 89 22 20 20

«Les fusions ne sont pas une priorité»

 Wolfberger.  La cave prépare son avenir avec gourmandise


Wolfberger semble ne pas vouloir participer à l'actuelle vague de concentration dans le vignoble ? Le rapprochement pressenti entre Bestheim et Obernai est une chance pour le vignoble alsacien car il en renforce notamment les moyens de promotion. Wolfberger est, pendant ce temps, engagé dans d'importants investissements sur son site qui nous permettent d'envisager de telles opérations à moyen terme. Il y a 21 caves en Alsace qui produisent entre 10.000 et 100.000 hectolitres : peut-il rester autant de faiseurs sur le marché? Attention, d'éventuelles fusions ne sont pas une priorité pour nous, mais nous sommes ouverts.
Selon quels critères ?
Avec un éventuel partenaire, nous devrions être en mesure de développer des synergies commerciales de croissance tout en valorisant le travail sur la ou les marques. Pour ce qui est de la partie embouteillage, l'outil Wolfberger est prêt, conçu pour soutenir des opérations de croissance externe.

Le marché Les ventes de vins d'Alsace sont asurées à 39% par les coopératives. Parmi celles-ci, Wolfberger est un acteur de premier plan. Avec 453 coopérateurs, il mobilise 1.200 ha de vignes, soit 7% du vignoble. De quoi assurer des volumes conséquents à la cave qui écoule tous les ans 14 millions de cols. En valeur, avec un chiffre d'affaires de 50M€ (eaux-de-vie incluses), la cave représente presque 10% des ventes du vignoble alsacien.

1902 Création des caves coopératives d'Eguisheim 1972 Premiers essais de production d'un crémant 1976 Naissance de la marque Wolfberger en crémant 1986 Déclinaison de la marque sur toute la gamme des vins 1991 Création du site de Colmar 2011 Extension du site de Colmar

Philippe Armengaud

JDE | Édition Bas-Rhin 67 | 4 novembre 2011

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