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ajouté le 6 mars 2009 - - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois, Investissement
Le groupe Schroll cherche à se positionner dans le grand Est comme acteur incontournable en matière de collecte et valorisation des déchets, un marché en plein essor.
Adelise Foucault
Si ses fondations reposent sur un amas de papiers et de cartons, l'édifice, en perpétuelle croissance depuis plus d'un siècle, est plus proche dans sa structure de l'inaltérable béton armé que du château de carte. Avec un chiffre d'affaires de 51millions d'euros pour 2008, le groupe Schroll, implanté sur treize sites, est aujourd'hui un des acteurs majeurs de la gestion de déchets et du recyclage dans le grand Est. Même si ce chiffre a connu un retrait de 4% par rapport à 2007, lié à la chute du prix des matières premières. Les performances du groupe ont aussi été divisées par deux en terme de résultats. Mais ces chiffres ne sont, de l'avis de Vincent Schroll, co-président du comité directoire du groupe, avec son frère Pascal, «pas significatifs de l'évolution de l'activité».
Décollage dans les années 90
Au fil du temps, l'entreprise familiale, transmise de père en fils depuis trois générations, a étoffé ses services. La chaîne est aujourd'hui complète. «Nous sommes présents de la collecte des déchets dans les entreprises à leur transformation puis à la revente des matières premières recyclées», explique Vincent Schroll. Au-delà des papiers et cartons, activité historique, d'autres déchets sont aujourd'hui également pris en charge par le groupe, des plastiques aux lampes, en passant par les déchets industriels banals (Dib), le bois, les piles.
L'activité de Schroll décolle dans les années 90. «La question du recyclage du papier-carton a alors rejoint des préoccupations environnementales plus vastes qui ont boosté notre activité», constate Vincent Schroll. Deux filiales, Citraval (pendant lorrain de Schroll) et Écobennes (devenu Sirmat suite au rachat de la société strasbourgeoise éponyme), voient le jour dans les années 2000.
Des sociétés spécialisées
Face à l'évolution des obligations réglementaires, et des besoins de ses clients, le groupe développe également certaines de ses activités au sein de sociétés spécialisées (voir encadré). La dernière née - le 1erjanvier dernier - Neutralis, est en charge de la destruction des données confidentielles. 150.000€ d'investissement ont été nécessaires pour réaménager des bureaux, louer un bâtiment et s'équiper en broyeur, navettes de sécurités et véhicules spécifiques.
Cohésion préservée
Malgré ces rachats et créations successifs, la cohésion du groupe a su être préservée. «Nous avons une hiérarchie plus en râteau qu'en pyramide, qui favorise les échanges entre collaborateurs, souligne le co-président. La promotion interne est privilégiée afin de préserver nos savoir-faire et notre culture d'entreprise. Et il y a très peu de turn over. Nous responsabilisons et impliquons les responsables des différents sites en leur laissant une large autonomie». Le groupe, qui compte 378 salariés, traite sur l'ensemble de ses sites 620.000t de déchets, «dont 2/3 de papiers cartons et plastiques en 2007», et en recycle 490.000, soit un taux de recyclage de près de 80%. «Notre objectif est de développer encore ces taux.»
Moteur de développement durable
Schroll souhaite encore affiner les services offerts à ses clients. Une volonté qui se concrétise déjà par de nouveaux services. «Pour améliorer le taux de collecte des déchets, nous avons développé en 2008 des outils de stockages adaptés aux TPE-PME», sous forme de petits containers personnalisables. «Beaucoup de commerçants et artisans ont adhérés à ces outils» se réjouit Vincent Schroll. Même de grandes enseignes ont décidé d'en équiper leurs agences, comme la Poste ou la SNCF. Positionner le groupe comme leader dans le grand Est est une chose. Être moteur de développement durable chez les clients eux-mêmes, en les aidant à optimiser leur tri, en les tenant informés des évolutions de la réglementation en est une autre. Et c'est un des défis que se lance le groupe pour les années à venir.
Vincent Schroll, co-président du comité de direction, fait le point sur le marché dans lequel son groupe évolue.
Schroll est dans un secteur d'activité -la collecte et la valorisation des déchets- en plein essor. Quelle vision avez-vous de votre marché?
La profession s'industrialise de plus en plus. Les équipements nécessaires représentent des investissements lourds. Un compacteur coûte par exemple en moyenne 20 à 25.000€. En 2008, nous avons investi en matériel (compacteurs, presses, bennes...) pour environ 3.5M€. Les grandes masses de déchets destinées à suivre le cycle du recyclage -papiers, cartons, et dans une moindre mesure, plastiques- sont aujourd'hui traitées. Il nous faut désormais être capable de collecter dans des conditions techniques et économiques satisfaisantes, des quantités plus diffuses de déchets provenant par exemple des commerçants, artisans, PME... Et des catégories de déchets plus spécifiques, soumis notamment à de nouvelles obligations réglementaires: piles usagées, tubes fluorescents...
A quelles problématiques êtes-vous confrontés?
La difficulté est d'appréhender mensuellement les évolutions des cours des matières premières et de coller au marché. En trois mois, on est ainsi passé à un prix de vente des matières premières quasiment nul. C'est un marché extrêmement fluctuant, qui nécessite une adaptation permanente. On est une société de services, on doit aussi coller aux demandes de nos clients, en perpétuelle évolution. Et être force de proposition.
Qui sont vos concurrents?
Il y a en France des opérateurs d'envergure nationale et internationale, tels que Veolia, Sita... mais également de plus en plus d'entreprises régionales qui complètent leurs activités par la collecte de papiers, cartons et plastiques. La concurrence est donc importante mais normale sur un secteur qui se dit porteur. Au niveau des filières, c'est-à-dire des industriels qui vont consommer les matières premières recyclées, le marché est devenu mondial mais nous avons fait le choix de privilégier majoritairement les échanges régionaux. Nous souhaitons rester une entreprise régionale.
Pour quelles raisons?
Nous misons sur la proximité avec nos clients. De plus notre activité est un outil du développement durable. Il faut donc être cohérent écologiquement et privilégier les distances de transports courts.
Pascal et Vincent Schroll, respectivement 46 et 49 ans, actifs au sein de l'entreprise familiale depuis une vingtaine d'années, ont pris la tête du groupe il y a quatre ans, succédant ainsi à leur père et leur oncle. Le groupe fonctionne au travers d'une holding détenue à parité par les deux frères, et qui détient de 100% à une minorité de parts dans les sociétés d'exploitation. Ses valeurs, selon Pascal Schroll, sont celles «du respect de nos engagements sur la durée et du service à nos clients». La gouvernance du groupe est réalisée dans le cadre d'un comité de direction dont les deux frères sont les coprésidents. «Nous nous répartissons les tâches opérationnelles en fonction de l'expertise et la sensibilité de chacun sans pour autant qu'elles soient figées», indique Pascal Schroll. Hugues Bapst, 31 ans, est le troisième membre du comité de direction. D'abord en charge de la commercialisation d'une partie des matières premières recyclées produite par la société à son arrivée, en juillet2002, il est depuis 2006 le directeur des ventes du groupe. En acceptant ce poste, au-delà de l'élargissement de ses responsabilités, il souhaite ainsi montrer son «attachement à la société», et sa volonté de s'impliquer plus avant dans son évolution.
- CA groupe 2008 : 51M€ ; 378 collaborateurs. - Filiale: Citraval, pendant lorrain de Schroll en Lorraine (à Rombas, Betting et Toul) et Sirmat (Strasbourg) spécialisée dans la réparation et l'entretien des bennes mises à disposition des clients du groupe. - Sociétés d'exploitation: Sardi (gestion des Dib), à Strasbourg, Brumath et Colmar ; Altem, à Strasbourg (gestion des papiers cartons issus de la collecte sélective des déchets ménagers) ; Neutralis, à Strasbourg (destruction des données confidentielles) ; Recostra, à Strasbourg (commercialisation des matières premières recyclables) ; Altpapier Weber, à Kehl (collecte et négoce de papiers, cartons et plastiques recyclés). - Tél. 03.88.40.58.40 ; www.schroll.fr
1892
Création de l'entreprise par Louis-Fernand Schroll, dans le Neuhof, à Strasbourg.
1963
Schroll s'installe au port du Rhin, à Strasbourg.
1974
Création de Schroll Colmar.
2000
Citraval, implantée en Lorraine, intègre le groupe Schroll.
2004
Vincent et Pascal Schroll prennent la tête de l'entreprise.
2005
Création d'Ecobennes, devenu Sirmat en 2007.
2006
Implantation de Schroll à Pfastatt.
2009
Création de Neutralis.
JDE | Édition Bas-Rhin 67 | 6 mars 2009

