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ajouté le 5 février 2010 - - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois, cedilor
Installée depuis 30 ans en Lorraine, Cedilor traite des déchets spéciaux provenant de tout le Grand Est. Engagée pour diminuer l'impact de son activité sur l'environnement, l'entreprise pousse toujours plus loin la valorisation.
Jean-François Michel
Fin 2009, l'entreprise Cedilor recevait un EnviroTrophée. Ce prix, attribué afin de souligner les «actions exemplaires en matière d'environnement» menées par l'entreprise, a encore une fois souligné un paradoxe: l'environnement, beaucoup en parlent, peu investissent pour comprendre comment concilier activité industrielle et développement durable. Cedilor est à ranger définitivement dans la catégorie des actifs. Créé en 1980 près de Jouy-aux-Arches, le Centre de dépollution industrielle lorrain a pour adage: «faire du déchet une ressource». Résidus huileux, lubrifiants d'usinage, dégraissants alcalins, boues de station biologique, liquides de refroidissement, peintures, sont autant d'exemples où les hommes de Cedilor voient de la valeur avant un déchet. L'urbanisation galopante rend rapidement caduque le site d'origine. L'entreprise obtient en 1994 l'autorisation de déménager et va pourtant devoir patienter jusqu'en 1997 pour s'installer sur les 6,5hectares du site de Malancourt-la-Montagne, près d'Amnéville. Le chantier a été colossal: l'ensemble du site a été construit en «étanchéité totale», explique Patrick Vouriot, ingénieur qualité, sécurité et environnement chez Cedilor. «Nous avons excavé les 6,5 hectares pour poser deux membranes garantissant la récupération de la moindre goutte d'eau qui tombe sur le site.» Couplé à une capacité de stockage de 400m³, le système permet d'économiser 30.000m³ d'eau par an. Et surtout de renforcer la sécurité de l'activité par rapport à l'environnement. «Nous nous devons d'être exemplaires sur les questions environnementales», insiste Philippe Clément, responsable commercial. En 2008, Cedilor a établi un premier bilan carbone sur l'activité de 2007: transport des déchets en amont, émissions dues aux différents process mais aussi gains obtenus grâce à la valorisation, tous les postes sont analysés. Résultat: 34.700 tonnes équivalent CO2 ont été émises en 2007 pour 93.700 tonnes de déchets traités. «Nous avons identifié nos plus gros postes d'émissions», souligne Patrick Vouriot. «Four d'oxydation thermique, réactifs de traitement ou encore incinération en aval. Un plan de réduction a été engagé: basculement vers des technologies de traitement alternatives ?à froid?, intensification des développements des filières de recyclage matière.» Les chiffres sont parlants: diminution de 26% des émissions et de 40% de la consommation de combustibles fossiles. Soit 29.900tonnes équivalent CO2 émises en 2008 pour 101.300 tonnes de déchets traités.
Maîtrise des coûts
S'articulant autour de la fraction du déchet qui peut être valorisée, en utilisant des techniques de séparation par procédés chimiques ou physiques, la démarche de Cedilor est étroitement associée aux contraintes économiques. «Il n'y aurait aucun sens à proposer des traitements que nos clients ne pourraient pas se permettre financièrement», souligne Philippe Clément. L'entreprise s'appuie sur un laboratoire comptant une dizaine de personnes entièrement dédiées à la mise au point des nouvelles filières. Car pour Cedilor, s'adapter aux nouvelles caractéristiques des déchets, aux nouveaux types de conditionnements, aux évolutions de prescriptions réglementaires constituent la garantie de la pérennité de l'activité dans un contexte de raréfaction des ressources fossiles. Orientée vers les grands groupes industriels, l'activité de Cedilor finit aussi par toucher les particuliers, notamment à travers le traitement des déchets des collectivités. Ici comme ailleurs, la crise s'est faite ressentir, pour la raison simple «que nous sommes liés à l'activité de nos clients», rappelle Philippe Clément. Si «2010 débute très mollement» pour le responsable commercial, les carnets de commandes pour l'année 2009 ont finalement affiché un niveau correct.
Entre les nouvelles normes et les contraintes économiques, comment Cedilor adapte sa manière de travailler? De la demande du client, à la recherche dans notre laboratoire, en passant par la mise au point d'un pilote pour développer un procédé, notre métier exige un questionnement permanent. La filière Nickel-Zinc, lancée en 2004, en est un bon exemple. Aujourd'hui, l'unité traite environ 2.500 tonnes par an, alors qu'auparavant, il n'était tout simplement pas possible de valoriser ce type de déchet. Dans 10ans, nous ne travaillerons certainement plus comme aujourd'hui. Les évolutions réglementaires et technologiques, la raréfaction des ressources, les fluctuations de cours des matières premières, nos comportements sont autant de facteurs qui dans une subtile équation permettent à un instant donné de rendre possible le développement d'une filière encore inenvisageable 2 ans plus tôt. Anticiper ces grandes tendances et être prêt au bon moment fait partie de nos missions.
Peut-on imaginer qu'il sera possible, dans un futur proche, de tout valoriser?
Il y aura toujours des déchets ultimes, la question est de savoir en quelles proportions. Bien sûr, il est indispensable de continuer à travailler pour valoriser des déchets et de fait, développer de nouvelles filières. On peut, par exemple, citer les boues d'usinage et terres diatomées. Un pilote a été mis en service en 2008, le procédé a été validé, le démarrage est prévu pour mi-2010. Les techniques changent, le principe reste le même: extraire les métaux présents dans les déchets pour les concentrer puis les valoriser. Mais il faut garder à l'esprit qu'en face du procédé, il faut aussi mettre la réalité industrielle et les conditions économiques. Il n'y aurait aucun sens à proposer des traitements que nos clients ne pourraient pas se permettre financièrement.
En menant un bilan carbone dès 2007, quels étaient les objectifs de l'entreprise?
Cedilor travaille pour préserver l'environnement en valorisant des déchets. Il était donc normal que nous nous posions ce type de question. En raison de notre type d'activité, nous nous devons d'être exemplaires. Notamment pour nos clients, qui communiquent aussi à travers nous sur leur engagement pour l'environnement. Mais il est aussi important de comprendre que ce bilan carbone sert à mener des actions qui vont nous permettre d'être plus efficaces. L'arrêt du four à gaz, en 2008, a été une action spectaculaire pour la baisse des émissions de CO2, mais aussi un très bon moyen de réduire notre dépendance aux prix de l'énergie et ainsi de montrer à nos clients que nous travaillons pour maîtriser les coûts de la valorisation.
Filiale de Sarp Industrie (Véolia Propreté gestion des déchets spéciaux) qui rassemble en France prés de 1.500 salariés, traite et valorise 1,4 million de tonnes de déchets et réalise 280 millions d'euros de CA. Cedilor est implantée en Lorraine depuis 1980 et sur le site de Malancourt-la-Montagne depuis 1997. - Activité: traitement thermique, par évapo-condensation; traitement physico-chimique; traitement biologique; valorisation des déchets et résidus d'hydrocarbures; valorisation des emballages souillés; valorisation d'effluent contenant des métaux. - Volumes: environ 100.000 tonnes de déchets valorisés ou traités par an. - Effectifs: 72 salariés. - Chiffre d'affaires: environ 19millions d'euros en 2009. - L'entreprise est certifiée ISO 14001 depuis octobre2002 et OHSAS 18001 depuis décembre2009. - Cedilor est conventionnée et homologuée par les Agences de l'eau Rhin-Meuse, Rhône-Méditerranée-Corse et Seine-Normandie. - Contact: 03.87.53.31.31, www.sarpindustries.fr.
1980 Création de Cedilor, pour Centre de dépollution industrielle lorrain, en 1980, à Jouy-aux-Arches.
1986
Cedilor est repris par Sarp industrie.
1997
Déménagement vers le site de Malancourt-la-Montagne. Cedilor s'installe sur 6,5 hectares aménagés pour garantir une étanchéité totale.
2000
Cedilor obtient le Grand prix de l'environnement de la Société industrielle de l'Est.
2002
Cedilor est certifiée ISO 14001.
2007
Premier bilan carbone établi dans l'entreprise.
2009
Cedilor est certifiée OSHAS 18001 et obtient le premier prix dans la catégorie éco-gestion des EnviroTrophées organisés par la Chambre régionale de commerce et d'industrie.
Proche des axes routiers, connecté aux grands centres industriels lorrains, le cahier des charges du site idéal pour implanter une entreprise telle que Cedilor tenait de la gageure. Dans un premier temps, un site proche de Thionville a été envisagé. Une fois l'information connue, une vaste mobilisation de type «Nimby» s'est déclenchée, entraînant manifestations et prise de positions. «Nimby»? L'acronyme de «Not in my backyard» ou en bon français, «pas dans mon jardin». Pourtant, il faut bien traiter les déchets... Les enseignements de cette levée de bouclier ont été tirés: «Nous cherchons à communiquer autant que possible», avance Patrick Vouriot, ingénieur qualité, sécurité et environnement.
Directeur général délégué : Pascal Muller ; directeur administratif et financier : Bruno Brouquier ; responsable RH : Marc Guissard ; responsable QSE: Patrick Vouriot ; responsable exploitation : Frank Jenniches ; responsable laboratoire : Catherine Corradin ; responsable développement : Denis Foy ; responsable commercial et ADV : Philippe Clement.
JDE | Édition Moselle 57 | 5 février 2010

