Point de vue
Le papa de l'auto-entrepreneuriat vient d'accoucher d'une nouvelle idée : l'épargne de proximité. Un concept qu'il a développé devant le club entreprises de Vannes.
Défenseur d'une politique territoriale en faveur du développement économique et avocat au barreau de Versailles, François Hurel est venu témoigner devant le club entreprises du pays de Vannes. Dressant le bilan de l'auto-entreprise, déjà gonflée de succès avec ses 700.000 auto-entrepreneurs, il a proposé un nouveau concept: l'épargne de proximité.
Cap du million d'auto-entrepreneurs en 2011
«Nous passerons la barre du million cette année», assure François Hurel. Les critiques autour de ce nouveau statut, il les contrecarre aussitôt. «Si la France avait connu une pleine euphorie à 3,5% de croissance, ce régime aurait été accueilli à bras ouverts! Mais, au lieu de cela, l'auto-entreprise est arrivée en plein retournement économique. Certains l'ont vécu comme une crainte de concurrence frontale.» Quant à la légèreté des cotisations, François Hurel les réfute en bloc. «L'auto-entreprise paye plus qu'une autre entreprise, si l'on fait le rapport avec le chiffre d'affaires», assure-t-il.
Éviter les risques
Le jeune statut permet d'éviter les risques. «La création d'entreprise, c'est abandonner son statut, ses revenus, son régime, sans possibilité de retour en arrière. Ici, on propose de tester ses idées, de se tester soi-même sur ses capacités à entreprendre et à développer son projet.» Tremplin vers la création d'entreprise, les auto-entrepreneurs peuvent ensuite choisir entre la SARL ou l'EURL. D'ailleurs, 15% des auto-entrepreneurs ont passé le cap nécessaire en terme de chiffre d'affaires en 2010 et sont devenus chef d'entreprise. «C'est un cercle vertueux de la croissance», juge François Hurel. Car, une fois dans le grand bain, cette nouvelle entreprise permet la création d'1,6 emploi.
Combler le fossé de la densité entrepreneuriale
Âgé en moyenne de 44 ans, le dirigeant de l'auto-entreprise (à 44% une femme), participe à la création de 0,6% de la croissance française. «Une croissance qu'ils n'ont prise à personne! Ils ont juste fait grandir ce pays», insiste François Hurel, qui espère voire se combler le fossé entre la densité entrepreneuriale française et anglaise ou américaine. «Il nous manquait deux millions d'entreprises, nous allons y parvenir». Pour doper encore cette capacité d'entreprendre, François Hurel s'apprête à lancer une nouvelle idée, un concept qui a déjà séduit Jean-Luc Lancelot, président du club entreprise, qui aimerait le porter localement. L'épargne de proximité. Où le concept d'une participation financière à une entreprise proche de chez soi. «Le dirigeant que l'on voit tous les jours», précise François Hurel. «Comme il est toujours plus facile d'emprunter 7.500euros pour acheter une télévision que pour créer une entreprise, il faut aider les créateurs à trouver les fonds». Si modestes soient-ils. Une aventure québécoise de ce genre a permis de réunir un milliard de dollars en un an, seulement par dons de 20dollars, et de créer des entreprises et des emplois, localement.
Violaine Pondard
JDE | Édition Morbihan 56 | 4 février 2011


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