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Luc Belot. « Il faut passer à une loi sur la société numérique »

ajouté le 4 septembre 2015  - 

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« Avec la Cité de l'objet connecté, nous sommes présents sur la carte mondiale du numérique. Ce n'est pas une lubie d'élus, c'est un projet industriel porté par des industriels. »

Député de la première circonscription du Maine-et-Loire, Luc Belot est depuis un an secrétaire national en charge du numérique au sein du PS. Il sera rapporteur du projet de loi numérique qui sera examiné début 2016. Rencontre avec un passionné de nouvelles technologies qui croit dur comme fer à l'excellence de la filière angevine.

D
epuis le 24 juin, Angers est labellisée French Tech Angers sur sa spécialité des objets connectés (IoT). Quels sont les avantages concrets pour le territoire ?
C'est une excellente nouvelle qui donne une super visibilité à Angers ! Il y a désormais 17 villes estampillées French Tech. Mais une seule ville ciblée objets connectés. C'est un vrai atout pour notre territoire, nous sommes maintenant désignés comme leaders de ce secteur d'avenir. Concrètement, cette labellisation, qui est accordée pour 3 ans, a des aspects financiers, notamment via des financements spécifiques de Bpi France pour les entreprises du secteur, start-up, sociétés d'informatique... Angers aura également accès à la « Plateforme d'attractivité internationale » qui permettra de renforcer la présence et la visibilité de nos entreprises lors des grands rendez-vous internationaux, mais aussi de bénéficier du dispositif French Tech Tickets qui vise à attirer sur notre territoire de jeunes entrepreneurs étrangers de haut niveau.
C'est aussi une reconnaissance de la vitalité de la filière numérique angevine ?
En effet. C'est bien sûr un accélérateur de développement mais aussi une reconnaissance des savoir-faire et du dynamisme de l'écosystème numérique local qui regroupe 900 entreprises. Nous sommes intégrés au réseau French Tech, ce qui va nous permettre d'entrer dans des démarches partenariales avec les autres métropoles françaises labellisées. Ce label est également une opportunité de construction collective où les plus grandes entreprises se préoccupent et soutiennent les jeunes pousses.
Je pense par exemple au nouveau fonds professionnel de capital investissement (FPCI
) Weforge Invest (ce fonds est doté de 6 millions d'euros. Il regroupe 20 industriels des

Pays de la Loire). Il apporte des solutions en soutenant des start-up aux idées innovantes.

La création de la Cité de l'objet connectée, inaugurée en juin par François Hollande,

est une bonne illustration de ce dynamisme numérique angevin...
La Cité a été le déclencheur, le catalyseur pour demander le label. Avec cet outil, nous sommes présents sur la carte mondiale du numérique. Ce n'est pas une lubie d'élus, c'est un projet industriel porté par des industriels, même s'il a bénéficié de 7 M? de financements publics (NDLR 4 M? d'Angers Loire Métropole, 1,5 M? de la Région, 1,5 M? de l'État). Nous avons démontré notre capacité à travailler tous ensemble. Plusieurs projets sont déjà en incubation. J'y crois beaucoup. Nous avons ici des lieux de recherche et des formations, des capacités de production, des industriels et des start-up... Nous avons un autre atout qui est le jumelage avec la ville d'Austin aux USA. Au-delà du territoire angevin, la France a un rôle à jouer sur l'échiquier numérique. Nous avons des talents, des jeunes qui innovent, qui ont des idées... Savez-vous que nous sommes la deuxième délégation - derrière les Américains - au CES (Consumer Electronic Show), le grand rendez-vous annuel de la filière numérique à Las Vegas ? Les start-up françaises sont très regardées.
Vous serez le rapporteur du texte d'Axelle Lemaire, secrétaire d'État chargée du numérique, sur le projet de loi qui sera examiné début 2016. Quelles en seront les grandes lignes ?
Il y a un vrai enjeu sur les données. Qu'elles soient personnelles ou publiques, sur leur exploitation... Il faut pouvoir donner la garantie de la confiance aux Français par un cadre législatif et juridique. Ils ont une identité numérique, leurs données doivent être protégées. C'est toute la société qui se numérise, se digitalise... Il faut une loi pour cette société numérique. Nous avons un appui fort avec la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) qui est une agence leader en Europe. Nous allons travailler sur le droit au déréférencement qui sera inscrit dans la loi, mais aussi sur le droit à la portabilité qui permet de partir avec ses données lorsque l'on change d'opérateur et un renforcement du droit à l'oubli, notamment pour les mineurs. Ce sera aussi la loi de l'open data. Il faut renforcer l'accès aux informations publiques des administrations, des collectivités, agences... et réfléchir à l'exploitation de ces données. Il y a un nombre invraisemblable de données qui sont publiques sans l'être réellement car non publiées. Et surtout, il y a une foule de données qui ne sont pas exploitées. Je pense notamment aux données d'ordre médical qui pourraient faire l'objet de publications - tout en conservant l'anonymat des patients - pour pouvoir mener des études précises. Prenons une opération " courante " comme celle qui consiste à poser une prothèse de hanche. Il y a des rejets probablement liés à certains médicaments. Comment les connaître si on ne recoupe pas les données ? Nous avons à disposition une masse d'informations que nous n'utilisons pas. Il faut ouvrir davantage.
On vous sent réellement passionné par les nouvelles technologies, Vous êtes un geek ?
Je m'intéresse depuis toujours aux nouvelles technologies. Depuis un an, je suis secrétaire national en charge du numérique au sein du Parti Socialiste... Je regarde de près les nouveaux objets connectés même si certains sont un peu "gadget". Mais, j'aime les gadgets. Pour l'anecdote, alors que j'étais encore étudiant, j'ai utilisé ma première paye pour acheter la montre Casio agenda... Plus sérieusement, je crois au fort potentiel de développement de la filière numérique. Je pense que c'est une nouvelle économie qui se met en place. Il faudra repenser la notion même de contrat de travail. Dans quelques années, il faudra certainement réfléchir en termes de "missions". Le modèle qui consiste à effectuer toute sa carrière professionnelle au sein d'une seule entreprise est, pour moi, appelé à disparaître.

Propos recueillis par Bénédicte Hascoët

Propos recueillis par Bénédicte Hascoët

JDE | Édition Anjou-Maine | 4 septembre 2015

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